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ARTCANCRE:Le cinoche des cancres

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lundi 1 octobre 2007

MEMORIES OF MURDER

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Realise Par Bong Joon-ho en 2003

Avec Kang-ho Song,  Sang-kyung Kim,  Roe-ha Kim,  Jae-ho Song,  Hie-bong Byeon,  Seo-hie Ko,  No-shik Park,  Hae-il Park,  Jong-ryol Choi

Musique: Taro Iwashiro

En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour.
Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...

Ce n'est dans la logique de personne d'imaginer des horreurs sans nom dans le cadre verdoyant et lumineux de la campagne en été.
Et pourtant, au détour du travail des champs, des jeux enfantins et de cette vie simple et lente comme la chaleur, il y aura soudain la découverte du corps sans vie d'une femme, attachée et étranglée avec ses sous-vêtements.
Le rituel est sophistiqué, orchestré avec détails et précision.
Park Doo-man, policier de la petite ville, va rentrer rapidement dans une affaire qui le dépasse... car tout indique que le crime ne restera pas isolé...

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Memories of murder, ou le passage dans l'âge adulte de flics qui ignoraient jusque là une violence si tortueuse et cérébrale.
Park Doo-man, le personnage principal, est un flic aux méthodes approximatives, fantaisistes, toutes plus inefficaces les unes que les autres.
Son collègue, Cho, expert en savatage à répétition (il saute à pieds joints dans ta face comme on cligne des yeux), n'apporte aucune caution sérieuse aux méthodes de son chef, et nous nous retrouvons très rapidement face au thème réel du film de Joon-Ho Bong : la fin de l'innocence et la fragilité de l'être humain,
puisque les personnages de son film vont tous, tour à tour, revêtir l'habit de candide, de tortionnaire, d'idiot ou de menteur.

Le fil du rasoir est de mise, il est même l'une des vedettes de ce film sidérant.
Dans cette petite bourgade routinière et laborieuse, personne ne semblait préparé à affronter une situation aussi complexe, tout comme la psychologie du tueur, aux rituels précieux et sadiques. Tout au long de cette enquête, les policiers vont tout faire pour trouver rapidement le coupable, mais ils le feront naïvement, comme procéderaient des enfants idéalistes et capricieux, quitte à forcer le destin : interrogatoires musclés visant à obtenir des aveux de la part d'un idiot du village, tabassages en rêgle, incompréhension totale face aux subtiles agissements du tueur, on sourit et on rit parfois car tout l'art du réalisateur est de nous faire passer pendant les deux heures du film, par toutes les émotions et par tous les registres émotionnels (tout comme les errances mentales de nos héros), avec la même force.
La farce quasi-surjouée du tandem policier (scènes de tabassages quasi-sadiques et humiiations faites à l'idiot du village, ou par delà le rire et le côté laurel et hardy les deux policiers se révèlent bien plus idiots encore que leur souffre-douleur) laisse la place à des scènes graphiquement implacables (découverte du premier corps avec les insectes / autopsie avec les fruits dans le vagin), puis on bascule encore vers des scènes inquiétantes et moites (scènes nocturnes sous la pluie, avec les déambulations des femmes dans des chemins isolés).

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Et puis on arrive bienôt vers les scènes clés de la fin du film, inoubliables et sublimes et qui filent un sacré frisson émotionnel, la scène de la voie ferrée et la dernière scène avec la petite fille, qui ne peut que nous marquer est s'inscrire durablement dans nos mémoires de cinéphile, grâce en particulier à la densité de l'acteur principal Song Kang-ho, au regard d'une intensité hors du commun (également terrible et multi-façettes dans "The Host" du même auteur).

Park Doo-man va perdre son innocence au fil des mortes égrenées par le tueur,
il va être sur le fil lui aussi, lui l'enfant idéaliste qui pensait qu'un aveu forcé pouvait changer le cours du destin, il va être confronté à ses propres pulsions, et découvrir la part sombre que nous possèdons tous.
Sujet évident du film, la fragilité de l'être humain est matérialisé par le va-et-vient incessant des styles, comédie, drame, horreur, émotion, on est rien d'autre que ça, et tout ça à la fois. Les scènes de comédie sont un peu forcées, pour rendre encore plus tranchant le retournement que nous subissons à chaque scène macabre.

Le flic venu de Séoul va être l'empêcheur de tourner en rond, celui qui va enlever les jouets à nos deux flics-enfants, les faire se confonter à la réalité en refusant de rentrer dans le jeu capricieux des interrogatoires expéditifs et des coupables de pacotille, quitte à lui-même se perdre au bout du compte, face à la fin de non-recevoir d'un assassin insaisissable, ultime emblème du monstre que nous pouvons tous devenir.

À cet égard, la dernière scène du film est littéralement scotchante, tout comme le regard de Song Kang-Ho qui comprend ce que le film veut d'ailleurs nous dire : la bête c'est tout le monde et c'est personne, et nous pouvons lire dans ses yeux toute l'impuissance et tout le désespoir muet d'un enfant qui est devenu un homme, dans un monde de rire et de sang, tout comme lui.

Un film génial, un chef-d'œuvre à tiroirs, à revoir, encore et encore.

-P_ko-

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Posté par cinecancre à 13:02 - POLAR - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Yep

    Une superbe critique qui va droit a l'essentiel et decompose avec beautée et humilitee les thenmatiques complexes de ce film definitivement grandiose..

    un chef d'oeuvre en effet

    -Jonathan-

    Posté par Jonathan, mardi 2 octobre 2007 à 12:59
  • nouvelle banniere nouvelle musique

    Patrick et son dirty Dancing s'invitent sur le cinoche des cancres alors faites peter le son et sortez le blouson en cuir et les ballerines s'agit d'aller danser maintenant...

    hé hé hé, hé oui je fais qu'est ce que je veux...

    Posté par Jonathan, mercredi 3 octobre 2007 à 10:36

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