ARTCANCRE:Le cinoche des cancres

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mardi 20 mars 2007

L'OMBRE D'UNE CHANCE

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Un film de Jean-Pierre Mocky

1973 ; France ; 1h37
Scénario de Jean-Pierre Mocky ; André Ruellan ; Alain Moury
Sortie le 13 février 1974

Avec Jean-Pierre Mocky (Mathias Caral)
Robert Benoit (Michel Caral)
Marianne Eggerickx (Odile)

Film interdit aux moins de 16 ans

Résumé : Mathias Caral est un anar qui a tout abandonné pour vivre au jour le jour, à la petite semaine, en vendant des objets qu'il récupère Dieu sait comment. Son fils Michel, qui a déjà 27 ans, débarque chez lui avec Odile sa petite amie. Michel est très, trop, sérieux. Odile s'intéresse chaque jour davantage à Mathias, à sa fantaisie, à sa maturité... Ce dernier qui n'a aucun scrupule dans la vie, se refuse néanmoins aux propositions de Odile. Michel, voulant jouer les grands seigneurs, feint d'autoriser son père à disposer de sa compagne, considérant que celle-ci est libre de son corps. Tout basculera dans le burlesque entre les deux nouveaux compagnons. Michel deviendra fou de rage et assassinera brutalement son père…

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Quand Jean-Pierre Mocky décide de faire une étude sur la violence, l'oeuvre devient un grand film, grouillant de petits détails tant iconoclastes que marginaux dans l'anxiété du personnage prinicpal : Mathias Caral. La pornographie, fortement présente, dénonce en vain, une violence physique brutale. Pourtant, il n'y a pas de séquence de viol, ni de torture. La violence se manifeste avec passion et en résulte une forte conscience auprès des personnages. Autant les scènes de nus sont follement excitantes (premières véritables débauches pornographiques au cinéma), autant les scènes de violence choquent par leur pessimisme foudroyant (le final reste encore un grand moment d'émotion). « L’ombre d’une chance » est une série noire post-hippie, où le héro serait la réincarnation de Vincent Cabral, mort à la fin de « Solo », il y a 5 ans. Mathias, âgé de 40 ans, ne les fait pas. Michel, son fils en a bientôt trente. Sa petite amie est une pétillante blonde au charme naturel, enfantin et naïf. Mathias est un adulte, mature et conscient de ce qu’il fait, de qui il est. En revanche, il est outrancier, malmené par une existence vide de toute passion. Solitaire, il vit au jour le jour, dans un bric à brac gigantesque (magnifique travail de Mocky aux décors) avec sa jeune fiancée, Sandra, de vingt ans sa cadette. Michel, plus chanceux que lui au même âge, malgré la pointe d'ironie dans son regard, réussit tout ce qu’il touche. Mathias est jaloux, on peut interpréter les choses comme cela. C’est un anar qui escroque les bourgeois avec un piteux numéro digne d'un jeu théâtral. Il ne comprend pas son fils…
L’affiche du film montrant le réalisateur faire un bras d’honneur avec en ombre le corps dénudé d’une femme, est d’un esthétisme macabre malgré la passion faite au graphisme par l’affichiste : le rose et le blanc, en arrière plan : le sépia tirant sur le noir comme pour passer de la lumière à l’ombre la plus obscure. Voir écrit « MOCKY » en gros caractères renforce davantage le sentiment de solitude de Mathias. Au niveau de la forme, « l’ombre d’une chance » est en tout point une réussite.

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Un peu comme « Les garçons de la bande » de William Friedkin et  La Grande Bouffe de Marco Ferreri, le film garde en lui le côté kitsch indélébile des années 70 : la demeure de Mathias, ses virés, ses trafics ainsi que la mise en scène, millimétrée et le montage, charcuté. L'interprétation n'est pas très subtile. Outre Robert Benoit, Roger Lumont et Marianne Eggerickx, le jeu des jeunes comédiens ne fait pas la réussite du film. Myriam Boyer, qui jouera plus tard aux côtés de Patrick Dewaere dans « Série Noire » de Alain Corneau, pas très à l'aise, réussit néammoins une prestation sobre et juste.  « L’ombre d’une chance » n’est jamais passé à la télévision, donc il est pratiquement inédit (cf. rubrique plus bas). Pourquoi pas de diffusions ? A cause des mêmes problèmes que Jean-Pierre Mocky eut rencontré à la sortie du film. Faute de scènes pornographiques : la superbe séquence où la jeune Odile, totalement nue, désire Michel au plus profond d'elle-même ou la pénétration en plan rapproché de Mathias, « l’ombre d’une chance » fut banni mais la critique spécialisé apprécia ce culot… Sur un air d’opéra, on plonge tête la première entre les cuisses de l’érotisme charnel, de l'amour paternel entre un père bien trop jeune et son fils trop vieux avant l’âge et sérieux au point de ne plus faire l’amour à sa chère compagne. Des questions de couple que l’adultère ne se pose même pas ! Un élan cinématographique dans l’ambiance de l’époque où certains films comme "Maîtresse" de Barbet Schroeder ou "Emmanuelle" avec Sylvia Kristel savaient faire dans le porno-soft en appréciant la vision d’une levrette sordide. Jean-Pierre Mocky s’impose en cinéaste de son temps, décalé par rapport à ses camarades Claude Chabrol, Yves Boisset (l’excellent « Un Condé » et l'exceptionnel « Cran d'arrêt »), Jean-Luc Godard ou François Truffaut, mais bien plus mature que ses semblables voulant faire trop puritains. Qu’on se le dise, les américains n’ont jamais été aussi loin dans ce genre de cinéma (bon à part peut-être Russ Meyer et Paul Morrissey). Jean-Pierre Mocky se rapproche plus de l'iconoclaste transalpin Marco Ferreri et du cinéma surréaliste de Luis Buñuel. Ces trois cinéastes sont indissociables et leurs univers ont l'alchimie et le goût de la provocation subversive.

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« L’ombre d’une chance » n’est pas un film érotique pour autant, même si les aspects troublants de plusieurs scènes peuvent s’identifier à cela. C’est un drame ou plutôt une comédie dramatique de mœurs sur les rapports père-fils, face aux femmes, les objets de la passion et de l'amour. Les deux hommes face aux deux femmes (Odile et Sandra), si distinctes l'une de l'autre que le trouble peut nous les confondre. La vision paternelle de Mathias envers son fils n’est que remords, regrets qu’il ne soit pas comme lui, un individualiste moqueur, fantaisiste et malin. Michel, qui n’est pourtant âgé que de 27 ans, est trop sérieux, prit dans son travail et ne prête même plus attention à sa belle Odile(même lorsque celle-ci se lave le sexe sous la douche), elle, préfère la joyeuse foucade de son beau-père. Alors d’où vient le problème ? Pourquoi cette entente ? Ce comportement de haine ? Ce trouble psychologique qui débouchera sur une violence déchainé ? Parce que Mathias a eu Michel à 14 ans ? A cause de sa solitude, de son anxiété d’avoir à paraître plus jeune que son fils. Les rapports s’aggraveront plus le film coulera dans le macabre et la noirceur intempestive. Michel, fou de rage de ne pas voir sa fiancée et son père revenir de leur trafic de jades (qu'il ignore), se venge en massacrant aussi bien moralement que physiquement son paternel. Et l’émotion peu prendre le cap, toujours sur cet air d’opéra… Le final, magnifique de sobriété mais émouvant, emporte avec lui, tout le désir que Mathias exprimait en fait pour son fils. Avec son ami, interprété par le fidèle Roger Lumont, en camion, Mathias dit : « tu te rend compte, Michel m’aurait tiré dessus ». Ne faisant pas approche à ce qu’il veut dire, Lumont continue de conduire en fixant la route (Mathias doit s’exiler un temps pour de nouveaux trafics ainsi pour racheter sa maison placée aux enchères). Ils s’arrêtent tous deux à un restaurant routier. Lumont descend du camion et Mathias aussi : « je vais pisser, j’arrive ». Lumont se retourne lorsqu’il voit son pote marcher bizarrement vers le petit bois. En pano-travelling, on suit Mathias, marcher avec encore plus de difficultés. Dans la brume de la soirée, le crépuscule à l’horizon, derrière les arbres, Mathias s’assoit. Il ouvre son blouson en jean et palpe sa chemise maculée de sang. Il sort une cigarette, tire une bouffée et place son revolver sur sa poitrine. Le sang se répend, s'imprime sur la chemise blanche. Gros plan sur le visage de Mathias, déjà mort… Et bien, dans les yeux de Mocky, à ce moment précis (et ne dites plus que c'est un mauvais acteur !), on voit et on comprend comment la mort peut être douloureuse quand personne n’est là pour y assister. Mathias meurt et seuls ses chiens ont compris son message et sa souffrance pour lui d’être à jamais un père qui a aimé son fils, malgré ses défauts. Cut.

( galerie photos )

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Et pour toujours en savoir plus :

Gros succès en Italie, le film rapporta plus d’un million de centimes de recettes.
« L’ombre d’une chance », malgré l’encensement des adorateurs de Mocky, est un film qui n’a jamais été diffusé à la télévision.
Pour les besoins du film, Mocky utilisa la gare de Vaugirard pour tapisser sa demeure. Elle n’est que plus impressionnante avec ses deux étages et ses grandes pièces (lampisterie, billetterie, bureaux). Un décor réel digne de la Nouvelle Vague !

Musique de Eric De Marsan. Par la suite, le compositeur signera « L’ibis Rouge », « le Roi des Bricoleurs », « Vidange »,  « Tout est calme », « La candide madame Duff » et « La bête de Miséricorde » en 2001.

Myriam Boyer, crédité au générique sous le nom de « Muriel » trouve son second rôle au cinéma ainsi qu’en la personne de Mocky (son personnage de beau et grand gaillard comme elle dit) sa principal influence ; proche de Luis Bunuel et d’Erich Von Stroheim !


-LE SHAMAN-

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jeudi 25 janvier 2007

ROCKY BALBOA

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POUR ECOUTER TAKE YOU BACK DE FRANCK STALLONE CLIQUEZ SUR LECTURE

Réalisé par Sylvester Stallone en 2006

Avec Sylvester Stallone , Burt young , Milo Ventimiglia , Geraldine Hughes , James Francis Kelly III , Tony Burton , Antonio Tarver , Pedro Lovel et Talia Shire (images d'archives)

Musique de Bill Conti

Rocky Balboa, le légendaire boxeur, a depuis longtemps quitté le ring. De ses succès, il ne reste plus que des histoires qu'il raconte aux clients de son restaurant. La mort de son épouse lui pèse chaque jour et son fils ne vient jamais le voir.
Le champion d'aujourd'hui s'appelle Mason Dixon, et tout le monde s'accorde à le définir comme un tueur sans élégance ni coeur. Alors que les promoteurs lui cherchent désespérément un adversaire à sa taille, la légende de Rocky refait surface. L'idée d'opposer deux écoles, deux époques et deux titans aussi différents enflamme tout le monde. Pour Balboa, c'est l'occasion de ranimer les braises d'une passion qui ne l'a jamais quitté. L'esprit d'un champion ne meurt jamais...

TRAILER

La lumière s'éteint ,  le génerique démarre, la musique de Bill conti résonne dans la salle.... et nous voila reparti comme dans notre enfance lorsque Rocky nous avait balancé le coeur a gauche a droite, d'emblée le génerique annonce la couleur, en reprenant la chanson que chantait Franck Stallone au coin d'une rue Dans le premier Rocky, et en filmant les rues de philapdelphie d'une manière crue , arrachée, dés les premières secondes on le sait: ce rocky balboa va être le premier en trente ans a s'inscire dans la véritable lignée du premier film de la saga.....

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Alors quand apparait Stallone/ Rocky , vieilli, assis sur une chaise face a la tombe d'Adrian on est immédiatement pris au tripe, Stallone réussit le pari d'être physiquement bouleversant, et puis qu'on se le dise, volontaire ou non (talia Shire n'a pas rempilé) l'idée de faire mourir Adrian était véritablement l'idée de génie qui allait imprégner le film d'une émotion incroyable.
En effet personnage éssentiel de la saga Adrian meurt d'un cancer trois ans avant le début de l'histoire, Rocky blessé par cette perte va donc revenir, nostalgique sur chaque lieu important de leur rencontre, ainsi chaque lieu est l'occasion pour Stallone de signer des scènes a l'émotion palpable (le retour au magasin d'animaux, la patinoire détruite, la vieille baraque de rocky , le boxing club...) émotion qui trouve son point d'orgue dans la relation extraordinaire qu'entretiennent Paulie et Rocky.
30 ans plus tard ils apparaissent en effet tous deux vieillis meurtri, mais finalement Paulie reste Paulie, toujours ce vieil aigri touchant qui tente maladroitement de cacher ses sentiments, chaque face a face entre eux deux devient donc le terrain d'un bouleversement profond chez le spectateur, mélange sidérant de tristesse profonde (la scène ou Paulie avoue que les souvenirs de Rocky lui font mal, ou encore le face a face dans la ruelle lorsque Paulie parle a Rocky de la bête dans la cave et lui dit que tout ira bien) et d'humour (le traditionnel pétage de plomb de paulie ou encore ses quelques répliques fracassantes " tu trouves que j'ai une tronche de quartier pourri Rocko???" )
Bien sur la presse imbécile va tenter inévitablement de ramener ça a de la pure nostalgie, mais Rocky Balboa c'est bien plus que ça, car si bien sur Stallone joue habilement sur la nostalgie des premiers fans, il livre une véritable réflexion sur le temps qui passe et la vieillesse belle a en crever, viscerale et habitée, sincère et rugueuse.

Oeuvre éminemment personnelle, Stallone s'y livre entier au spectateur , y parle de lui, de sa chute après son ascension fulgurante , a bien des égards encore une fois Rocky et Stallone ne font qu'un, après tout Rocky balboa c'est l'histoire d'un dernier round pour Balboa, d'un dernier film titré Rocky pour Sly.
Ainsi on est ému de voir pour la dernière fois toute cette petite troupe réunie, et puis cet intropsection a pour effet d'embarquer le spectateur dans des situations qui sentent inexorablement le vécu.
Cette volonté de Stallone de revenir a ce qui a fait la sève du premier film se traduit dans chaque plan par une émotion incroyable, Sly fait ainsi revenir la petite Marie et Spider Rico deux personnages secondaires du premier film qui prennent ainsi tout leur sens, de cette façon ce Rocky Balboa risque de vous faire revoir le premier Rocky sous un angle légèrement différent aujourd'hui, comme si ce rocky balboa était la suite direct du premier et que les autres volets n'avaient jamais existé (même si a ce titre Stallone n'ignore pas les autres épisodes et y fait néanmoins réference a maintes reprise)
La petite Marie est donc devenue une mère de famille que Rocky coincé dans une sorte de passé qui le ronge, veut sortir de la misère dans laquelle elle vit, une relation touchante qui donne lieu a des scènes vraiment bouleversantes, et dans lesquels le postulat de base s'inverse (la petite marie fait la lecçon a Rocky).

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A la réalisation le grand Sylvester fait montre d'un savoir faire et d'une maitrise hallucinante.
Filmé avec Sobrietée, jouant sur les flous, les éclairages, la surexposition , Stallone filme avec réalisme la vie de rocky et des gens qui gravitent autour, sublimant quelques uns des passages obligés de rocky (le combat final pathetiquement touchant, le pétage de plomb de paulie drôle et bouleversant) mais ratant la séquence la plus attendue du film: l'entrainement de rocky.
En effet si ce Rocky Balboa peut apparaitre a bien des égards comme une vraie tuerie intergalactique que tout le monde se doit de voir, on ne peut s'empêcher d'éprouver quelques regrets a la vision de certaines scènes, ainsi la séquance musicale de l'entrainement apparait comme trop courte, trop cut pas assez viscerale et affublée d'une musique quelque peu .... perturbante, sort de variation autour du thème de rocky mais sur laquelle on aurait ajoutée les notes d'un trompetiste fou.... bizzare.
Dommage également que Sly fasse disparaitre en cours de film un personnage centrale assez attachant (step le fills de la petite marie), ce qui a pour effet de provoquer une lègère frustration dans le coeur du spectateur.
Mais rassurez vous ces menus défauts ne sont RIEN face a la déferlante émotionnelle que va vous infliger Sylvester Stallone, sans trop en dévoiler, on peut dire que la fin de Rocky Balboa est sans doute l'une des plus bouleversante qu'il ait été donné de voir sur un écran de cinéma, un salut au spectateur humble et beau a en pleurer, une dernier salut a ceux qui ont fait sa gloire, et rocky s'en va dans un flou somptueux au son de la musique génialissime de Bill Conti, avec lui c'est toute une époque, un esprit qui s'en va...
D'une génerositée jamais vue, Sylvester Stallone vous regarde dans les yeux et vous parle en ami, a travers un film qui va vous broyer le coeur comme jamais, un film qui retrouve l'ampleur incroyable du premier opus et se pose encore une fois comme la leçon de vie d'un homme qui en a vu et qui vous donne une dernière fois l'occasion de rêver.... SUBLIME!!

Alors qu'on se le dise , la saga Rocky compte désormais deux chef d'oeuvres dont on ne mesurera l'ampleur que dans bien des années, et si bien sur ce Rocky Balboa se situe un poil en dessous de son illustre ancêtre il n'en reste pas moins une oeuvre viscerale, sincère, grandiose, habitée, humble.
Alors a tous les cyniques (et à tous les abrutis également) qui n'ont toujours pas compris que Stallone était non seulement un brillant scènariste mais également un acteur incroyable capable de faire d'autres choses que de faire exploser des hélicpotères avec son arc, il vient rappeler qu'il est capable de vous foutre la larme a l'oeil et de vous prendre aux tripes avec des récits pleins d'espoirs et de beautée, le film d'un grand rêveur que les coups infligés par la vie n'ont pas stoppé.
Sans doute déja l'un des plus beaux films de l'année.

YO SLY YOU DID IT!!

-jonathan A.K.A Kitano jackson-

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LIENS VERS :

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dimanche 21 janvier 2007

ROCKY

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Pour écouter le thème principale de rocky composé par Bill Conti cliquez sur lecture

Réalisé Par John G. Avildsen en 1976

Ecrit par Sylvester Stallone

Avec Sylvester Stallone , Talia Shire , Burt Young , Carl Weather , Burgess Meredith , Joe Spinell

Musique de Bill Conti

Rocky Balboa  est un boxeur minable de Philadelphie dont la vie semble n'aller nule part.
Mais un coup du destin va le placer face a face sur le ring avec le champion du monde poids lours de boxe, l'illustre Appolo Creed , Rocky comprend qu'il s'agit la de la seule opportunitée qu'il ait de montrer qu'il est tout sauf un perdant....

EXTRAIT : LA SCENE BOULEVERSANTE DE L'ENTRAINEMENT

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La gueule cassé et le vague a l'âme , en 1976 Rocky sillone les rues de philadelhpie et s'apprête a bouleverser une bonne partie de la planète.
Film mythique si il en est , le métrage de John G.Avildsen allait surtout devenir le tremplin d'un jeune homme ayant écrit un scénario et n'ayant plus rien a perdre, une âme des rues comme Rocky, Un jeune acteur vivant dans la misère mais qui allait connaitre par la suite une ascension fulgurante: Sylvester Stallone

C'est en effet de cet homme que tout démarre, d'un script écrit dans un vieil appart crade, d'un parrallele évident entre le ring de boxe et la vie elle même, tout part d'un homme qui met ses tripes et son coeur sur la table.
Le résultat? on le connait tous, un carton international qui propulse Stallone mégastar et fait de Rocky un film culte pour toute une géneration de spectateur , le film sera d'ailleurs nominé aux oscars dans 10 categories et recevra l'oscar du meilleur film en 1976, une véritable leçon de courage imprimée a jamais sur pellicule.

Film sur le courage , sur la misère, brillante histoire d'amour, drame humaniste d'une force soufflante , Rocky est également et avant tout une brillante déstructuration du rêve américain, souvent taxé de candide par les cyniques qui n'y voient qu'une vulgaire appologie de l'esprit americain, Rocky est pourtant une oeuvre profondément triste, jamais naive, toujours rêveuse, subtile et forte, traversée de fulgurances cinématographiques incoryables.
Stallone y apparait a travers son scénario comme un grand idéaliste jamais dupe pour autant, ainsi il montre l'ascension fulgurante d'un looser dont tout le monde se fout (lui même finalement) mais montre également l'envers du décor, celui du rêve americain sur commande , un univers plus sordide encore que celui des rues qu'arpente Rocky, que Stallone et Avildsen décrivent comme profondément cruel et inhumain.
Ainsi si Rocky fut plus tard récuperé comme étendard d'une certaine amérique, il convient de remettre les choses a leur place, Rocky est une oeuvre viscerale, personnelle et touchante , l'oeuvre la plus représentative de l'idée d'une révolte teintée d'espoir.

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Toute la force de l'oeuvre provient donc de cette incroyable mise en abîme qui voit se croiser fiction et réalitée comme jamais auparavant , Car finalement Stallone et rocky ne sont bel et bien qu'une seule entitée dont l'existence , la vie ne connait de réel séparation qu'a l'aune d'une notion de réalitée/fiction.
Rocky est la part fantasmée de ce qu'est Stallone, et Stallone est la part réel de ce qu'est Rocky, rarement auparavant un film n'aura si fortement contaminé la réalitée, ce qui donnera a la saga une veritable identitée propre, chaque épisode étant le reflet de la vie de Sylvester Stallone.

Mais au dela de l'incroyable aventure humaine qui entour le film, c'est avant tout a un grand film de cinéma que l'on a affaire ici, bouleversante historie d'amour, filmée avec fougue et force par un john G;Avildsen en état de grace qui colle sa camera au ras du Bitume et donne a son film une atmosphère unique, a l'aide d'une photographie crue il livre une chronique de la misère portée par une troupe d'acteurs a gueule tous incroyablements habités par leur rôle, de Burgess Meredith inoubliable Mickey qui a vu sa vie défiler devant ses yeux et voit en rocky l'opportunitée de vivre ce qu'il n'a jamais vécu , en passant par Talia shire bouleversante Arienne fausse moche timiode et mal dans sa peau qui trouvera en Balboa son doule masculin , un couple de merveilleux perdants envers qui personne n'a dégards, jusqu'à Burt young cultissime Paulie, alcolo touchant.
Sous l'impulsion de ses performances d'acteurs tous les personnages deviennent beaux, touchants, vrais, profonds, souvent drôles , jamais ridicules (a l'exception d'Appolo veritable tête a claque, campée avec talent par l'excellent Carl Weathers), tout cela sent le vécu, des décors aux gens qu'on y croise, d'ailleurs même butkus le chien de Rocky est en fait dans la vraie vie le chien de sylvester stallone.(et puis au rayon des anecdotes on peut noter que l'on croise au coin d'une rue Franck Stallone le frère de sylvester)

Et au centre de ce microcosme peuplé de personnages émouvants, évolue Rocky, boxeur de seconde zone qui se bastonne avec des minables pour gagner sa croute , un type forcément gauche qui aime philosopher comme il le peut avec les jeunes filles de son quartier et a qui on offre une chance de devenir enfin quelqu'un.
un personnage fort, vrai dont la force provient sans aucun doute de sa propension a provoquer chez le specateur une identification réelle et ce dés les premiers plans du film, on a froid avec Rocky , on a mal avec Rocky , on pleure avec lui, on vit avec lui....
La camera d'Avildsen le colle au plus près, le suit.
Et nous voila en pleine scénance d'entrainement, quand Rocky décide a l'aide de tous ces gens qui l'entourent de prendre en main sa vie et de montrer a tout le monde qu'il n'est pas ce qu'ils ont voulu qu'il soit, la larme a l'oeil, la musique mythique résonne, il court dans les rues de philadelphie, donnant a tout le monde une leçon de courage que l'on est pas prêt d'oublier, un mec lui jette une orange (et encore une fois le parallele est a faire avec Stallone puisque cette scène n'était pas prévu, Stallone faisait sa scène dans les rues en courant lorsqu'un mec de maniere spontanée lui a jeté une orange en signe d'encouragement).
Et puis il y a cette fin sans doute l'une des plus émouvantes de l'histoire du cinéma, un plan puissant qui vous renverse, une musique qui vous prend aux tripes , une apogée incroyablement forte, Rocky reste a ce jour 'lun des plus incroyables crescendo dramatique jamais vu sur un écran de cinéma.
Une leçon de vie sur l'amour, l'amitiée et le courage contée sans jamais tomber dans le pathos le facile, et avec une sinceritée et une veracitée jamais égalée, il n'en fallait pas plus pour parler de chef d'oeuvre.

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Car encore une fois il convient de replacer dans leur contexte, mythes et réalitées, car de la même manière que les deux suites de Rambo contamineront a jamais son personnage l'inscrivant dans la tête des gens comme personnages facho et pro ricain par excellence (alors qu'a la base il est tout le contraire) Rocky a un peu vite été catalogué gros bourrin pro ricain dans l'esprit des gens du fait de ses nombreuses suites (dont on reparle bientot) qui n'arrive jamais a égaler en force ce premier épisode, alors pour ceux qu l'auraient oublié et pour toutes les raisons invoquées plus haut, oui Rocky est un chef d'oeuvre indémodable du cinéma, un drame puissant brillament écrit et réalisé, qui vous file la larme a l'eoil et vous remet d'aplomb a chaque nouvelle vision.
Une oeuvre inoubliable.

Gonna fly now!!!

--jonathan A.K.A Kitano jackson -

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ROCKY BALBOA

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mardi 19 décembre 2006

HEAVENLY CREATURES (créatures celestes)

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POUR ECOUTER LE THEME PRINCIPAL DE CREATURES CELESTES APPUYEZ SUR LECTURE

Réalisé par Peter jackson en 1994

Ecrit par Peter Jackson et Fran Walsh

Avec Kate Winslet , Melanie Linskey, Sarah Peirse, Diana kent, Clive Merrison, Simon O'Connor, Jed Brophy, Peter Elliot

EXTRAIT

En 1994 apres avoir déja signé moult films cultes, Peter Jackson qui aime aller ou on ne l'attend pas décide de s'atteler a l'histoire d'un crime ayant secoué la nouvelle zélande, un fait divers macabre autour de 2 jeunes filles dans les années 50 de l'autre côté de la planète, à savoir la Nouvelle Zélande. Avec un sujet pareil, difficile de ne pas tomber dans la pathos, le lourdingue, le consensuel... Mais heureusement Peter Jackson n'est pas le genre de cinéaste à tomber dans la facilité et il le prouve avec ce drame sensible drôle et bouleversant. "Créatures célestes" est une histoire d'amour, une histoire de mort, l'histoire de deux jeunes filles unies par un lien si fort et si pure qu'elles en commettront l'irréparable. Pourtant point de lourdeur ici mes amis, juste un univers onirique et excentrique à la fois qui nous bascule dans le réel le plus totale qu'au moment de nous décrire l'indescriptible. Et le choc final étant à ce titre l'une des scènes les plus violentes qu'il m'ait été donné de voir, comme un coup de poing dans le ventre, une immense claque dans la gueule, et ce non pas à cause d'une violence graphique insoutenable, mais à cause des conséquences de l'acte que viennent de commettre les deux jeunes filles, et que le spectateur n'ignore pas.

En effet, comme sur son documenteur "Forgotten silver" Peter Jackson joue ici sur l'attente des spectateurs et sur son lien à la réalité, créant un univers situé à chaque instant entre le rêve et le réel, il implique le spectateur dans un jeu de miroir où chaque rêverie est le reflet décalé d'une vision de la réalité souvent très froide voir insupportable. encore une fois le cinéaste traite de grands rêveurs qui ne trouvent pas leur place dans une société qui ne veut pas d'eux (comme Tim Burton), que ce soit au travers du spectre du cinéma ou celui de l'homosexualité, les personnages de Jackson sont tous le reflet plus ou moins volontaires d'un rejet (l'hippopotame des Feebles rejeté pour son obésité, Colin Mc Kenzie (de Forgotten Silver) est oublié parce que trop en avance sur son temps, Lionel (de Braindead) qui n'a pas d'amis à cause d'une mère trop possessive...). La force de Peter Jackson est d'éviter de décrire ces personnages torturés comme des monstres, même si ceux ci sont amenés à commettre des actes totalement répréhensibles. Doit on y voir de la part de Peter Jackson une impression de décalage avec la société qui l'entoure? Certainement si l'on considère son cinéma comme un refuge. En tous cas une chose est sûre, on n'oubliera pas de sitôt la représentation Jacksonienne de ces deux jeunes filles assassines, sublimées par les prestations exemplaires et novatrices de Melanie linskey et de Kate Winslet (future star du Titanic) qui donnent aux personnages une dimension tragique, humaine et terriblement douloureuse.

Ainsi, loin de tout manichéisme malvenu, Jackson emmenène son film vers l'émotion pure et livre un plaidoyer bouleversant sur la difference et la monstruositée.
Mais la plus grande force de Créatures celestes se situe sans doute dans sa mise en scène, outranciere, n'hésitant pas a risquer le cartoonesque a chaque instant, La camera de Jackson se fait tour a tour virevoltante, scrutatrice, et devient carrément magique lorsqu'elle s'attaque a l'être humain.
En effet Jackson nous fait litteralement voir a travers Juliette et Pauline, les rend cristalines, belles, et ne décrit ni plus ni moins que la douce folie amoureuse de deux jeunes filles qui ne finiront par faire qu'une,ainsi il impose de pure moments de magie cinématographique , la scène de fête a borovnia est a ce titre un monument, on entre litteralement dans l'esprit des deux jeunes filles, dans leur univers, et par la même occasion dans la tête de Peter Jackson, qui donne a voir par sa camera le monde dans lewuel il s'est certainement lui aussi réfugié a maintes reprises.
D'ailleurs a ce titre Créatures celestes est sans doute aux cotés de King Kong le film le plus personnel du cinéaste, il s'y livre dans toute sa sensibilitée et y parle de l'exclusion du rêveur, et puis les scènes de rêve de créatures celestes se posent tout de même comme une bonne grosse note d'intention vis a vis de la suite de la carriere de jackson, impossible en voyant borvnia de ne pas penser a l'univers du seigneur des anneaux.
D'ailleurs au dela du message profond que délivre jackson, il rend moults hommage a tout un pan du cinéma qui l'a bouleversé, ainsi Orson Wells trouve un sosie malefique qui hantera les jeunes filles, et leur adieu se fera depuis la balustrade d'un bateau dans une couleur sepia qui rappelle fortement le ton des films romantques des années 50.(la musique confirme d'ailleurs semble volontarment d'un autre temps, Mario Lanza y est allegreent cité)

Ainsi, "Créatures Célestes" marque la premiére incursion de Peter Jackson dans un cinéma dit sérieux (ouais c'est ça, comme si le film de genre ça ne se faisait pas de maniére sérieuse) et laisse a Peter Jackson l'occasion de se livrer entierement et de maniere totale a son public, a bien des égards Creatures celestes est sans doute l'un des plus beaux films du maitre et imposait déja Peter Jackson comme un réal touche a tout, capable de vous faire rire avec des bouts de ficelle, de vous faire rêver avec des drames bouleversants et de vous emmener au plus profond de son esprit avec un sens esthetique renversant ainsi si vous pensiez que le réalisateur remarquable de "Braindead", "les feebles" , "Bad taste" , "forgotten silver"... ne pouvait vous filer la larme à l'oeil qu'avec des histoires d'elfes et de hobbits c'est que vous n'avez pas encore vu "Créatures Céléstes".

-kitano jackson-




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LE BOUCHER

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Un film de Claude Chabrol

France – Italie ; 1969 ; 1h30

Scénario de Claude Chabrol

Musique de Pierre Jansen & Dominique Zardi

Sortie le 27 février 1970

Avec : Jean Yanne (Popaul)

Stéphane Audran (Mademoiselle Hélène)

Roger Rudel (Commissaire Grumbach)

Paul ne s'entendait pas avec son père et il s'est engagé. Après l'Indochine il a fait l'Algérie. Apprenant la mort de son père, il retourne au bourg et reprend le commerce de boucherie paternel. Au mariage de Marie-Jeanne, il rencontre la directrice d'école, Mademoiselle Hélène. Ils deviennent de bons amis mais ont peur de s'aimer. Dans un bois, on trouve le corps d'une jeune fille qui a été sauvagement assassinée.

Claude Chabrol a le chic pour créer une ambiance oppressante, dans un décor tout ce qu’il y’a de plus rustique et paysan. Cinéaste des rapports humains, Claude Chabrol réussit à nous conter une histoire d’amour naissante entre deux personnages sur fond d’enquête policière. Le drame est très peint, ainsi que les crimes, volontairement mis en second plan pour se concentrer avant tout sur les sentiments et nous faire aimer le personnage de Popaul, le boucher en question, remarquablement incarné par Jean Yanne.

Dans « Le Boucher », qui est un chef d’œuvre, tristement cité dans les grands classiques français, il y règne bien entendu cette ambiance de mort, avec cette musique empruntée au cinéma italien de la même époque. Les acteurs, tous très bons (Stéphane Audran est d’une beauté ahurissante) ne surjouent pas, ce qui n’est pas souvent le cas chez Chabrol, où les rapports se justifient habituellement sur la caricature (« Les Biches », « Une partie de plaisir »). « Le Boucher » est donc un grand film, indéniablement. Un film qu’il faut voir au moins une fois pour se rendre compte d’une certaine mise en scène d’un cinéaste que je ne hisse pas au rang des meilleurs et des plus originaux. Mais pour me prouver le contraire, il suffit de me citer cet extraordinaire plan-séquence suivant la scène du mariage, qui consiste à accompagner Popaul et Mademoiselle Hélène en train de discuter, d’une sobriété exemplaire. Claude Chabrol a le sens du plan, des cadrages recherchés, bien plus innovants que dans les années 80 où l’originalité fut en déclin. Le réalisateur sait mettre en scène de timides scènes de violence, lui préférant la brutalité psychologique que les images poisseuses, ce qui n’est pas le cas chez certains autres cinéastes.

Le plus souvent, dans « Le Boucher », que je ne trouve pas si exceptionnel que cela, c’est cette lenteur accablante qui nous fait remuer plus d’une fois dans notre fauteuil. Cette lenteur qui fatigue. Même si tout est beau et si le défaitiste Jean Yanne se permet une composition magistrale, le classant comme l’un des meilleurs comédiens dramatiques depuis Fernandel (malgré leur habituel répertoire comique ; Jean Yanne fut animateur radio, chanteur, comique et porte parole des jeunes de mai 68), Claude Chabrol ne trouve pas le filon adéquat capable de nous faire mousser, l’accroche qui fait qu’on aime revenir à un film, si justement ou injustement porté aux éloges. Ce qui est le cas du « Boucher ». Pas aussi transcendant, d’une veine qui n’a rien d’anarchiste (contrairement à un grand film de Luis Bunuel)  et dans un style presque impersonnel du point de vue d’une réalisation qui s’essouffle, le film brille de son importante étude sur les rapports humains. L’histoire d’amour, si belle et en même temps cruelle ; Mademoiselle Hélène aime être seule, institutrice douée (à noter la sobriété exemplaire dans le rôle incarné par Stéphane Audran). Popaul lui dit que ne pas faire l’amour peut rendre fou. Elle lui répond que de le faire peut le rendre tout autant. Malgré un chagrin d’amour antérieur, Mademoiselle Hélène se prend d’émotion pour ce garçon timide, mais qui n’est d’autre que le psychopathe tant redouté. La bête, comme dans le premier film « Que la bête meure » avec ce même Jean Yanne irrésistible, n’est jamais d’autre qu’un garçon effarouché, qui a peut-être peur d’un engagement avec une femme, mais qui le désire (ce qui n’est pas le cas de Mademoiselle Hélène). En tuant des femmes, est-ce que Popaul arrive à vivre et à jouir d’un certain amour ? Certainement…

En contrepartie d’un scénario solide, d’une interprétation parfaite, d’une ambiance à découper au couteau qui prend son temps, d’une sublime musique, « Le Boucher » ne peut nous empêcher de ressentir l’ennui très rapidement.

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La cinémathèque du Shaman :

« Que la bête meure » de Claude Chabrol ; « Polar » de François Truffaut ; « Solo » de Jean-Pierre Mocky ; « Teorema » de Pier Paolo Pasolini ; « La Route de Salina » de Georges Lautner ; « Le Conformiste » de Bernardo Bertolucci


-LE SHAMAN-
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samedi 16 décembre 2006

LE VIEUX FUSIL

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Robert Enrico

France – Allemagne ; 1975 ; 1h42

Scénario de Robert Enrico, Pascal Jardin, Claude Veillot

Musique de François De Roubaix

Sortie le 22 août 1975

Avec : Philippe Noiret (Julien Dandieu)

Romy Schneider (Clara Dandieu)

Jean Bouise (François)

Joachim Hansen (L’officier SS)

Robert Hoffmann (Lieutenant)

Film interdit aux moins de 12 ans

En 1944, durant l’occupation allemande, Julien Dandieu, chirurgien à Paris, se venge en tuant un à un, les SS qui ont massacrés sa femme et sa fille.

D’une violence rare (la scène de la chapelle traumatise à jamais), « Le Vieux Fusil » offre en premier temps, le plus grand rôle complexe pour l’immense et regretté Philippe Noiret (césar du meilleur acteur). Ensuite, « Le Vieux Fusil » est une vision terrifiante de l’occupation, doublée d’une philosophie intense sur l’autodéfense tant décriée ! Philippe Noiret, imposant de charisme et au physique grave, marque d’une pierre blanche les anti-héros du cinéma français. Certaines scènes restent à jamais gravées dans les mémoires : Romy Schneider se faisant brûler vive, le passage à tabac d’un SS dans le lavabo, Joachim Hansen éclatant le crâne de l’un des siens. Toutes ces images choquent par une violence excessive, représentant à la fois la barbarie des SS durant l’occupation de 1944 à la fin de la guerre, ainsi que la vengeance d’un homme démuni, qui se retrouve en phase avec la violence des autres, ce qui lui permet de devenir à son tour une machine à tuer et de répondre par la violence. Robert Enrico réalise-là son plus grand film. D’une cruauté sans merci, fusionnelle à une émotion bien sentie, « Le Vieux Fusil » est en tous points un chef d’œuvre du cinéma français. La comparaison peut bien évidemment remonter à des œuvres telles que « Les Chiens de Paille » de Sam Peckinpah ou « Death Wish » de Michael Winner, mais « Le Vieux Fusil » est bien un film original et français, présentant une page de la seconde guerre mondiale méconnue, pourtant étudiée si couramment dans les écoles. Peut-être fictive et conventionnelle, cette histoire de vengeance, d’un sujet de western comme le dit Philippe Noiret, reste dans l’histoire pour le message qu’elle porte. Impossible de ne pas rester de marbre devant tant d’ignominies. Comment un peuple de fascistes peut-il anéantir des innocents si leur survie est en jeu et que la violence donne recours à une gratuité extrême ? Telle est et telles sont les questions qui restent encore tristement d’actualité quant aux agissements qui sévissent encore aujourd’hui. Déchéance d’un peuple au bord de la rupture (Fritz Lang avait montré du doigt la montée du fascisme dans des œuvres comme « M le maudit » ou « le docteur Mabuse »), la guerre fut une révolte totale. Cette histoire de fiction montrant un homme en crise, privé des siens (sa femme et sa fille) devient en outre une représentation de la violence mais en plus, une réflexion intelligente sur la condition humaine, fraternité qui n’existe plus et privation de toute vie. C’est en suivant la quête vengeresse de son héro (dans un seul et même endroit, entre huis clos surréaliste et espaces campagnards, la reconstitution du Paris de 1944 est aussi très réussie) que Robert Enrico donne toutes ses lettres de noblesse à un certain cinéma français engagé qui a aujourd’hui été oublié. Ne tournant pas dans le mélo facile (ici tout est que remords, il n’y a pas de place pour les sentiments), le réalisateur marque aussi le départ d’une nouvelle carrière, couronnée de chefs d’œuvre comme « L’empreinte des géants » ou « Au Nom de tous les miens ».


Et pour toujours en savoir plus :

César du meilleur acteur pour Philippe Noiret (1976)

César du meilleur film

César de la meilleure musique pour François de Roubaix


La cinémathèque du Shaman :
« Les Chiens de Paille » de Sam Peckinpah ; « L’armée des Ombres » de Jean-Pierre Melville ; « Les Portes de la Nuit » de Marcel Carné ; « Marie-Octobre » de Julien Duvivier


-LE SHAMAN-

Un film de

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samedi 9 décembre 2006

MEAN STREETS

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Un film de Martin Scorsese

Etats-Unis – 1973 – 1h50

Scénario de Mardick Martin & Martin Scorsese

Sortie en France le 12 mai 1976

Avec : Robert De Niro (Johnny Boy)
Harvey Keitel (Charlie Cappa)
Rick Romanus (Michael)
David Proval (Tony)
Richard Romanus (Michael)
Amy Robinson (Teresa)
David Carradine (l’alcoolique)

Film interdit aux moins de 12 ans

Little Italy, un quartier de New York. Quatre garçons d'une vingtaine d'années tentent de survivre d'expédients et s'opposent constamment. Michael veut devenir un chef d'entreprise, Tony cherche à gérer un bar, Johnny Boy accumule les dettes et Charlie est sur le point de prendre la direction d'un restaurant pour le compte d'un de ses oncles, membre de la mafia.
Hanté par l'obsession religieuse du mal, ce dernier cherche à remettre Johnny Boy dans le droit chemin tout en cachant sa liaison avec sa cousine Teresa. Mais bientôt, la petite bande en vient à s'entre-tuer lorsque Johnny Boy met la main sur une arme à feu et débloque.

Mean Streets : les rues misérables ou les rues chaudes, c’est suivant la traduction française que l’on veut attribuer au film. Mean Streets, c’est le troisième long-métrage de Martin Scorsese. C’est aussi un scénario de Mardik Martin qui fut passé entre les mains des plus grands de l’époque dont Francis Ford Coppola. Mean Streets, c’est aussi un casting fulgurant avec en tête de liste le tout jeune Robert De Niro, présenté à Scorsese par son ami Brian De Palma, auteur du controversé « Greeting » réalisé en 1969, avec ce même acteur en herbe, tout frais sorti des écoles. En 1972, Robert De Niro a 29 ans, Harvey Keitel est de 4 ans son aîné. Ce dernier, découvert par Scorsese assure comme un diable dans des rôles de petites frappes, mais reste en revanche dans l’ombre de son nouveau camarade. Agile de son impressionnant charisme, le jeune acteur De Niro prouve l’étendu de son talent dans une scène du film, une des plus célèbres, la baston dans la salle de billards, totalement improvisée avec en fond musical la cultissime "Please Mr. Postman" des Marvellettes. Il faut le voir grimper sur le tapis de jeu et brandir la queue de billard sur ses opposants. Cette agilité vient du plus profond de son talent immense. Talent qui se confectionnera avec les années. Mean Streets, pour finir la petite histoire est aussi le point de départ d’un des duos les plus obligés du 7eme art : Scorsese/ De Niro. Tout est parti de ce film charnière, jalon important de la carrière du cinéaste. Celui qui a débloqué les pistes de ses prochains succès, comme « Taxi Driver » en 1976 (Palme d’Or au Festival de Cannes) ou encore « Raging Bull » (Oscar du meilleur acteur pour Robert De Niro) en 1980. Le rôle de Johnny Boy fut à l’origine proposé à Al Pacino (« L'épouvantail »), jeune acteur aussi, ex-taulard de banlieue venu au cinéma comme un cheveu sur la soupe. Des rôles importants pour toute une génération…

« Mean Streets » est bel et bien le chef d’œuvre encore à l’état embryonnaire de son auteur. Un authentique film choc sur les rues crasseuses d’un quartier, Little Italy en manque de prospérité et de couleurs. Un lieu unique où Scorsese passa son enfance de jeune passionné en gangsters et films noirs de Billy Wilder, Samuel Fuller, Abraham Polonsky. Ce même quartier qui servit pour un film réalisé en 1948 par Robert Siodmak : « Cry of the City (La Proie) » et qui en 1973 n’est plus. Little Italy a bien changé et ne plait guère au réalisateur. Il en fit même une déprime. C’est pour cela que la plupart des scènes d’extérieur n’ont pas été tournées à New York, dans le Little Italy respectif mais bien à Los Angeles, pour plus de dynamisme. Martin Scorsese filme comme jamais la rue avec cette virtuosité rare quasi-documentaire qu’on lui connaît encore que très peu. Les angles de caméra sont pointus, les travellings portés à l'épaule transcendent l’espace et la nuit est aussi diabolique qu’agréable à vivre. Ce n’est pas compliqué, on partage avec la même passion l’amusement de Charlie et Johnny Boy lorsqu’ils se battent dans les poubelles.

Mais ce qui fait la beauté de « Mean Streets », ce n’est pas l’ambiance chère au jeune cinéaste, mais bien la brutalité qui s'oppose aux personnages, leurs rapports ambigu avec l'extérieur et leur destin, marqué du saut de la violence. Johnny Boy est un sale gosse qui doit rembourser des dettes à tout le monde, Charlie doit rester sage pour pouvoir reprendre le restaurant de son oncle, Tony tient un bar et évite toute confrontation de peur de perdre sa seule raison de vivre (voir la scène d'ouverture avec le drogué dans les toilettes)… Tout un petit clan d’amis qui viendra à s’entretuer quand Johnny Boy aura pété les plombs.

L’ascension/ destruction n’est pas encore aussi impressionnante que dans « Goodfellas » ou « Casino », mais elle est bien présente, jouant sur la tension de chacun, leurs utopies de gosse, et le final reste un grand moment violent sous la musique de Eric Clapton ("Steppin' Out") !

Malgré le petit budget accordé au film, le scénario fut refusé à tout réalisateur de l’époque, le talent de Martin Scorsese met en valeur une mise en scène sèche et à un montage jump cut en hommage au « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard : la scène de Charlie avec Teresa (les gros plans, le montage juxtaposé de différents plans sur Harvey Keitel, la chambre rappelant brièvement la scène où Jean-Paul Belmondo est avec Jean Seberg dans le chef d'oeuvre de Godard). Il n’y a qu’à voir les petits trafics, les virées en voiture, les longues scènes baignées dans le rouge du bar avec en fond le "Jumpin’ Jack Flash" des Rolling Stones pour se rendre compte que cet immense film à faible budget, typique seventies en l'occurence, mérite beaucoup plus que l’accueil mitigé qu’on lui a donné (en France, il aura fallu attendre la sortie du « Parrain II » pour le voir sur les écrans). Il mérite un respect de ses pairs ! Avec les années, « Mean Streets » a atteint le rang des films cultes, allant influencer directement Abel Ferrara pour son « Bad Lieutenant » 20 ans plus tard. Dans ce film, il y règne cette non pudeur que l’on ne retrouvera plus jamais dans la carrière de Martin Scorsese. Cet amateurisme sensationnel et ce style à filmer les rues. « Mean Streets » a laissé sa trace indélébile, plongeant l’univers du réalisateur dans le grand bain des auteurs du XXème siècle. « Taxi Driver », « La Valse des Pantins », « After Hours » ou encore « A Tombeau Ouvert » seront les plus dignes héritiers de ce morceau de bravoure accompli tel un coup de maître.

Il faut du temps pour se plonger dans « Mean Streets », de même qu’il faut plusieurs visions pour apprécier cet univers si glauque à l’humour noir et à l’ambiance si réaliste. Pas un simple film de rues, ni un simple drame sur une bande de copains qui virent en enfer à cause d’un homme bancal et égocentrique, « Mean Streets » est peut-être le portrait unique d’une jeunesse décalée en plein cœur du rêve américain à la suite d'une contre-culture hippie qui n’a fait qu’aggraver une société déjà bien atteinte. Le commencement de l’histoire moderne, Martin Scorsese en a brossé un tableau de couleurs sur le drame humain, la dégradation et la violence face à la religion, le gangstérisme et la passion pour le monde urbain. Il n’y a pas à dire, la vie c’est bien plus qu’une journée sans relief, une routine quotidienne, c’est toute une succession d’imprévus. Dans un sens, Martin Scorsese a réussi à nous en montrer l’impossible, et la plus dure des vérités.




Et pour toujours en savoir plus :

Budget de 150 000 $

David Carradine apparaît sous les traits de l’alcoolique qui se fait tuer dans les toilettes par son demi-frère Robert.

C’est John Voight qui refusa le rôle de Charlie Cappa.

Martin Scorsese évoque le film « L’Enfer de la Corruption (1948) » de Abraham Polonsky lors des scènes de tensions entre Richard Romanus et Robert De Niro. A noter que le physique de Richard Romanus nous fait penser au visage enfantin de John Garfield. « Mean Streets » est imprégné de cette influence du film noir des années 40.

Martin Scorsese tient le rôle du tueur de Robert De Niro.


-LE SHAMAN-
MeanStreetsKeitel

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vendredi 24 novembre 2006

LA GRANDE BOUFFE

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Un film de
Marco Ferreri

France – Italie ; 1973 ; 2h05

Scénario de Marco Ferreri ; Rafael Aecona ; Francis Blanche

Sortie le NC

Avec : Marcello Mastroianni (Marcello)
Michel Piccoli (Michel) ;
Philippe Noiret (Philippe)
Ugo Tognazzi (Ugo)
Andréa Ferréol (Andréa)


Film interdit aux moins de 16 ans

Quatre amis de longue date, de profession différente et de classe sociale commune, se réunissent un week end dans une immense demeure. Là, ils s’adonneront à un festival de débauche au milieu de la bouffe puis de la mort.

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Violemment divisé entre le pour et le contre, « La Grande Bouffe » reste à ce jour le plus gros scandale du festival de Cannes. "Comment un iconoclaste italien comme Marco Ferreri peut-il vulgairement salir la gastronomie française ?" s’exclament des voix outrageusement hystériques parmi les spectateurs les plus choqués de la salle de projection. Marco Ferreri, entouré de ses compagnons, se contente de sourire à la caméra, comme un bras d’honneur au front populo qu’il égratigne à l’image de la scatologie la plus subversive qui soit. "Une telle débauche est l’œuvre d’un tyran" titrent certaines grandes signatures.
Philippe Noiret dit : "Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie".
30 ans après, « La Grande Bouffe » est devenu mythique, un chef d’œuvre du 7ème art à la perfection exemplaire, d’une narration assassine et d’une cruauté sans pitié. Marco Ferreri réalisait là, un film qui allait faire du bruit.

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Même si « La Grande Bouffe » choque encore aujourd’hui, s’imposant comme un des rares films les plus vomitifs de l’histoire (avec le « Pink Flamingos » de John Waters), le sujet est d’autant plus d’actualité que la malbouffe est un phénomène de société résolument nouveau, du moins sur papier et dans la presse. Marco Ferreri peignait à l’époque une fresque baroque, socialement débridée où l’orgie de sexe et de bouffe pouvait atteindre la limite du supportable dans un délire paroxystique proche de la critique acerbe de la gastronomie. Pourtant, il n’y a aucune entrave à la gastronomie française. Les dialogues de Francis Blanche, ponctués de vers poétiques et de tout un tas d’anecdotes sur les grands poètes surréalistes du 19ème siècle, rendent l’atmosphère tellement plus détendue que l’air est lugubre et au final irrespirable.

En outre très moderne, « La Grande Bouffe » présente ces quatre personnages, ces quatre suicidaires, ces quatre obsédés avec un amour particulier pour le sexe et l’amour de leur travail. Ugo est cuisinier. Michel est animateur radio. Marcello est pilote. Philippe est juge. Philippe est bon, harcelé par sa grande tante. Michel en a marre de son boulot. Marcello aime les hôtesses de l’air et les vieilles automobiles. Ugo aime ses couteaux (et nous fait la plus belle imitation de Marlon Brando). Ces quatre amis, de classe sociale différente s’enferment tout un week end dans une maison bourgeoise immense et dès lors, s’attaquent à un festin de Dieu que nulle femme ne peut entraver le bien commun de ces quatre dégénérés. Il est à noter que les quatre personnages portent leur vrai nom. Marco Ferreri décide alors de mettre fin au régime et de suicider son casting par la faim, l’unique faim qui mène à la mort, soit par le plaisir, soit par le mal.

De ces hommes, s’attache une jeune femme corpulente, Andréa, interprétée comme il se doit par la débutante Andréa Ferréol. Magnifique de son corps aux formes généreuses, la jeune femme, institutrice, classe sociale attachée aux services de l’éducation, se mêle à l’excès de zèle que Michel, Philippe, Marcello et Ugo trouvent auprès d’elle. La nourriture devient alors fusionnelle aux corps de tous, mais le sexe gagne à tous les étages.

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Marco Ferreri nous invite au final d’une existence fondue dans l’extrême, dans la solitude, dans les méandres psychologiques de l’âme. Même s’il offre un plaisir charnel honteux vis-à-vis des femmes ; à l’époque, le message est mal perçu et l’érotisme provocant ne plait guère, le cinéaste italien poursuit son chemin de la rédemption après des œuvres anarchistes comme « Break Up » ou « Dillinger est mort ». Il en sort une œuvre pessimiste au possible où le final montrant des bouts de viandes étalés de part et d’autre du jardin, nous disent quels monstres nous sommes ; à savoir des mangeurs de barbaque, près à se faire vomir toute la chaîne alimentaire. Regardez Cannibal Holocaust de Ruggiero Deodato. Même si l’extrême nous est montré par le gore, « La Grande Bouffe » en est bien le raccourci le plus morbide qui soit. A cela, la mort de nos quatre personnages est d’une beauté macabre et poétique. Marcello meurt givré au volant de sa Dugatti. Michel meurt dans sa merde qu’il dégueule par tous les trous. Ugo meurt à l’orgasme, tout en finissant de manger sa « pièce maîtresse » : un gâteau au chocolat et aux œufs. Philippe meurt dans les bras de Andréa, après avoir mangé de la gelée en forme de seins. Ces morts sont poétiques certes, comme les photos érotiques que les quatre regardent un soir en diapositifs, en s’empiffrant de poulet, de tête de vaux et de pâtes. Ces morts sont le reflet de la passion et de l’amour et elles sont magnifiques. Tout au long de « La Grande Bouffe », Michel pète, dégueule, fait l’amour en badigeonnant une pute de chocolat. Il meurt dans une vulgarité scatologique à faire vomir. Marcello est venu pour retaper sa vieille automobile. Il meurt de sa passion en l’essayant pour la première fois. Faire l’amour est aussi mécanique. Lors d’une scène, il enfonce un pot d’échappement dans le sexe d’une des putes. L’amour mécanique. Le sexe n’est plus une passion mais un engrenage qui procure le plaisir. Ugo qui ne vit que pour la cuisine, meurt à la jouissance que lui procure Andréa en le masturbant. D’autant plus salace, cette mort est bien la plus noire de nos quatre compères. Philippe est amoureux de Andréa. Il veut l’épouser. Ce charmant garçon, à l’image de Philippe Noiret à la ville, meurt dans la souffrance. La souffrance de ne pas avoir pu faire l’amour avec Andréa, alors qu’elle se laisse prendre en levrette par Marcello tout au long du métrage.

Toutes ces petites saynètes qui résument à peu près bien la bouffe, la baise et la mort, comme une routine, le chemin de croix de Michel, Ugo, Marcello et Philippe, démontrent un certain système et le manque de communication des hommes. Entre farce pleine d’amertumes et tragédie utopique, « La Grande Bouffe » est une œuvre inclassable, aussi belle et poétique qu’elle soit. Aujourd’hui encore, ce chef d’œuvre choque, mais comme l’est aussi insupportable la vie, les quatre personnages sont le reflet d’une existence choquante. Marco Ferreri réussit une belle démonstration de son talent de créateur, au risque de ne pas plaire à tout le monde. Il est le réalisateur pilier de la crise économique du cinéma italien des années 70.

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Et pour toujours en savoir plus :

Musique de Philippe Sarde

Dialogues de Francis Blanche

Produit par Vincent Malle

Directeur de la photographie Mario Vulpiani

Capitolina Produzioni Cinematografiche

Film 66 (France) ; Mara Film (Italie)

En compétition officielle au Festival de Cannes du 17 mai 1973.


La cinémathèque du Shaman :
« Dillinger est mort » de Marco Ferreri ; « Salo ou les 120 journées de Sodome » de Pier Paolo Pasolini ; L’ombre d’une chance de Jean-Pierre Mocky ; « Dupont Lajoie » de Yves Boisset ; « Affreux, sales et méchants » de Ettore Scola ; « Les Valseuses » de Bertrand Blier


-LE SHAMAN-
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mardi 21 novembre 2006

L'ALBATROS

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Un film de Jean-Pierre Mocky

France ; 1970 ; 1h32
Scénario de Jean-Pierre Mocky et Alain Moury
Sorti le 8 septembre 1971

Avec Jean-Pierre Mocky (Stef Tassel)
Marion Game (Paula Cavalier)
Paul Muller (Président Cavalier)
André Le Gal (Lucien Grim)

Film interdit aux moins de 12 ans

Stef Tassel vient de s'évader de la prison de Markstein. Pour échapper à ses poursuivants, il oblige une jeune femme à l'emmener dans sa voiture. Il ignore qu'il vient d'enlever Paula, la fille du Président Cavalier qui mène sa campagne électorale qui l'oppose au conseiller Grim. Ce dernier qui a vu les deux jeunes gens ensemble comprend le parti qu'il peut tirer de la situation. En effet, capturer Paula et Tassel provoquerait un scandale qui compromettrait Cavalier. Dès lors, le fugitif et son otage sont poursuivis à la fois par la police, par Grim, et par Cavalier qui craint pour la vie de sa fille.

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L'histoire de « L’albatros » est née d'un fait divers personnel de la vie de Jean-Pierre Mocky. Lors de l'écriture de « Solo », Alain Moury, victime d'une manifestation en pleine nuit, subit la violence flicarde sous les coups des forces de l'ordre. Jean-Pierre Mocky se servit de ce choc pour en esquisser un personnage solitaire. Le scénario, parti de cette histoire composite, deviendra bien plus tard, une dénonce du circuit politique et des tares de notre société. Rien de bien transcendant au départ, c'est avec Stef Tassel que Jean-Pierre Mocky commencera une trilogie noire et romantique sur la condition humaine liée à un personnage poétique, jugé à tout va d'anarchiste et de parasite.
C’est un héro romantique que ce Stef Tassel, pourtant réputé gangster dangereux, emprisonné à la suite d’une tuerie dans un commissariat. C’est un individualiste calme, minutieux, grand gaillard, beau et ordonné dans ses gestes. Stef Tassel est aussi un homme blessé qui n’a plus d’amour et qui le cherche impunément. Stef Tassel est tout sauf une crapule sans âme et au cœur de pierre.
Second long métrage policier du cycle romantique, « L’albatros » trouve une place de choix dans la filmographie en dents de scie de Jean-Pierre Mocky. Même s’il figure comme une des influences majeures des polars d’aujourd’hui, il reste une œuvre méconnue et personnelle. « L’albatros » est un vrai film dramatique, un authentique chef d’œuvre qui se lit comme une tragédie grecque avec la profondeur psychologique de ses héros (les dialogues sont sublimes), l'engrenage inhumain de cette violence sèche et les couleurs de l’anarchie (Mocky porte un chapeau noir et une écharpe rouge).
En plus de la déchirante musique de Léo Ferré qui accompagne mieux que jamais la tétanisante chasse à l’homme sur laquelle le film repose, sorte de continuité au chant du métèque Georges Moustaki, poignante et empreint d’une féroce nostalgie qui fait qu’on apprécie chaque note de cette rythmique lancinante, « L’albatros » est en tout point le meilleur film de son auteur. Celui qui donnera la recette au futur « Piège à Cons », toujours plus angoissant et intelligent.

« L’albatros » reste à jamais un classique du film policier à décortiquer dans les écoles de cinéma :

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LE HERO ROMANTIQUE
Dans un film de Jean-Pierre Mocky, on parle de mise en scène structurée, de scénario en béton armé, bourré d'anecdotes et de passages clefs d'une histoire pas en reste avec l'actualité. Même si dans un film de Jean-Pierre Mocky, certains diront que l'effet d'urgence dans la réalisation trahit parfois les grands classiques américains, ici rien de ressemble à de l'empilage gratuit. Ultra sophistiqué, le scénario à la fois litteraire et technique dans son écriture, est suivi à la moindre séquence, qu'elle soit complexe ou d'une ordinaire sobriété (les moments d'émotion, les multiples panoramiques balayant le champ où toute l'action se passe). Un film de Jean-Pierre Mocky est unique, forçant la caricature, le tout dans une ambiance noire et urbaine. « L’Albatros » est un film romantique mais furieux, exploité à son plus haut niveau par une photographie magnifique, une brutalité amère et une violence acerbe et sans prétention.Comme Vincent Cabral, le héro solitaire de Solo, Jean-Pierre Mocky incarne Stef Tassel, ce détenu qui réussit à s’échapper du pénitencier pour passer la frontière allemande avec l’aide d’un de ses amis qui lui fournit des faux papiers. Pour cela, il doit passer inaperçu alors qu’une campagne électorale entre un président pourri, lâche et un conseiller cocasse bas son plein. C’est là toute la trame de l’histoire. C’est par le biais des magouilles politiques et de la corruption que Jean-Pierre Mocky va s’intégrer au système et tirer à boulets rouges toutes les hypocrisies d’une certaine France. On se dit, trente cinq ans plus tard que la politique n’a pas beaucoup changé et que les méthodes restent les mêmes (ce qui range « L’Albatros » au rang des films d'actualité). Les gueules disent toujours la même chose : "pour une France meilleure" ! A l’époque, le film fit beaucoup de bruit et les télévisions attendirent plus de dix-sept ans avant de le diffuser à des heures plus ou moins convenables. Mais qu’importe, le succès fut au rendez-vous et le film devint un classique des ciné-clubs à sa sortie en vidéo. Pourquoi ne pas montrer une bonne fois pour toute l’indulgence d’un cavalier solitaire à la merci de politicards pourris jusqu’à la moelle, de CRS et de citoyens croyant en une « France prospère » ou une « France propre » ? En incarnant son héro, Jean-Pierre Mocky mérite tous les applaudissements qu’il mérite, car il sait dénoncer un système qui tourne en rond et qui se veut impitoyable s’il le faut. La scène d’ouverture, la fameuse évasion de Stef Tassel du pénitencier (d’une précision exemplaire) est fabuleuse. Le suspense tient en haleine entre la tension des policiers qui le traquent sans précédent et la minutie du héro qui essaie tant bien quel mal de s'echapper et ce, dans un silence angoissant où la réalisation fait des éclats. Stef Tassel est un méchant, il doit retourner en cabane. Le problème c’est que les flics ne savent plus trop pourquoi il a été emprisonné. Légitime défense ? Nous autres spectateurs, nous le sauront bien plus tard.

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FESTIVAL DE VIOLENCE
En plus d’être un film exceptionnel de par sa mise en scène fiévreuse et ses redoutables scènes d’action qui ouvrent sur des passages clés de la traque infernale (comme par exemple, le klaxon bloqué de la voiture de Tassel qui permet aux gendarmes de le repérer sur la départementale), « L’albatros » se présente comme un des seuls essais cinématographiques français à parler d’une telle justesse du circuit politique. A l’opposé de « Solo » où les propos des étudiants révolutionnaires pouvaient faire sourire (et pourtant quelle triste vérité !), ici les dialogues sont poétiques et naïfs, doublés d’une violence verbale à faire pâlir les extrêmes du parti (l'âme de Clouzot n'est pas loin).
La présence de la jolie Marion Game dans le rôle de l’otage de Stef Tassel, fille du président Cavalier, donne une nouvelle touche de romantisme et de sensualité à l’intrigue finale :
Alors que les deux fugitifs devenus alliés se font traquer à la fois par les forces de l'ordre et le conseiller Grim, ils se réfugient dans un mirador et se dénudent, croyant faire la chose qu’ils devaient accomplir depuis qu’ils se sont rencontrés au bal, à la suite de l’évasion de Tassel. Quel plus beau message que de faire l’amour dans un mirador en guise de bras d’honneur devant les visages ébahis des CRS, des députés et des citoyens ? Beau scandale en effet, et les voir se mélanger en ombres chinoises renforce d’autant plus l’aspect puritain de la scène, troublante et scandaleuse à l’époque. Tassel et Paula savent tous les deux qu’ils sont cernés, comme ils se sont côtoyés toute la journée et la veille, en se détestant puis en se trouvant liés par une seule vengeance : nuire à l’engouement du système, ils font l’amour car plus rien ne les empêche ! Ils se font abattre froidement par la police, ignorant même ce que Tassel put ressentir durant l’acte sexuel. Cette séquence, devenue anthologique, affola la critique qui vit en l'exécution des deux héros, une image du suicide "médiatique" ainsi que de la critique face à la violence de la police. Ce pessimisme aigri, Jean-Pierre Mocky ne l'avait jamais encore atteint et aujourd'hui, il reste l'un des seuls cinéastes français à traiter de ce sujet avec une délicatesse inouie et une fantaisie lubrique jamais égalée. Quand l'amour mène Ã