mercredi 20 décembre 2006
200 MOTELS

Un film de Frank Zappa
Tony Palmer
Charles Swenson
Etats-Unis ; 1971 ; 1h34
Scénario de Frank Zappa
Musique de Frank Zappa & The Mothers of Invention
Sortie en France NC
Avec : Frank Zappa & The Mothers of Invention
Theodore Bikel
Ringo Starr
Keith Moon
Centerville est une bourgade américaine tranquille jusqu’au jour où un groupe de rock totalement à la masse débarque pour un concert. Et avec les Mothers of Invention, il vaut mieux s’attendre au pire.
Votre ami le shaman s'en va vous sortir des pépites de derrière ses fagots.
Au programme donc de cette première du grenier culte : humour, rock'n'roll, sexe et difformité avec notre ami de toujours Frank Zappa !
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Bien malgré son rôle dans « Candy » en 1968, Ringo Starr, alors ancien batteur des Beatles, s’en donne à cœur joie dans son imitation de Frank Zappa ! « 200 Motels » est un pur film culte au micro budget (675 000 $) produit aux Pinewood Studios en Angleterre, d’une joyeuse foucade avant-gardiste et lubrique, véritable bordel (dans tous les sens du terme) désorganisé comme l’était le groupe de Frankie entre 1966 et 1970, les Mothers of Invention. Film culte s’il en est, « 200 Motels » transpire la folie, le sexe et le rock avec un certain délire psychédélique qui nous rappelle ces années de contre culture que nous n’avons pas connues. Même si les picouzes et les fumettes ont perdues de leur "saveur", impossible de ne pas être nostalgique. Un certain regret aussi pour ma part de ne pas avoir vécu cette époque.
Frank Zappa était le plus grand guitariste du monde, éclectique et virtuose dans son jeu. Parolier et compositeur hors pair, source naissante du jazz rock en 1969, prophète de la fusion du rock et du funk, chef d’orchestre d’une impressionnante maîtrise dans le classique. Un maître tout puissant pour faire bref. Pas moins de cinquante albums jalonnent ces quelques 28 ans de vie artistique. Décédé en 1993, Frank Zappa manque énormément à la culture car il était bien le seul à savoir aussi bien gérer l’excès, le professionnalisme, la folie ainsi que le rock et la musique expérimentale.
« 200 Motels », armé d’une bande originale tout ce qu’il y’a de plus fantastique, d’une affiche mythique et de dialogues au hachoir, est un de ces films assez rares, ne passant que timidement sur le câble et héritant d’une édition DVD minimaliste (que je n’ai pas). Ce pourquoi votre ami le ressort en toute exclusivité ! Film méconnu certes, mais film culte ! 100% cinglé où il est bon d'apprécier la vie entre deux trips... Peut-être le meilleur document pour se rendre compte de la folie qui traînait lors des concerts des Mothers of Invention (mythique Aynsley Dunbar à la batterie). J’aurais voulu être né pour connaître cela ! Lorsque le maître se laisse aller à des soli gigantesques pendant qu’une troupe de dégénérés (Pamela Willer en groupie hystérique, Keith Moon, échappé un temps des Who de Pete Townshend) transforme la fosse d’un concert en véritable orgie surréaliste. « 200 Motels » brille d’une réalisation soignée (35mm, procédé Technicolor), sans virer dans le film documentaire qu’on a l’habitude de voir. Au contraire, « 200 Motels » est un film musical le temps d’un concert qui apporte nombre de problèmes au petit village organisateur. Film adulé par les uns, blasphémé par les autres (fans de Frankie compris). Mais « 200 Motels » ne peut laisser le public de marbre (Ringo, Ringo). Ce film est peut-être le chef d’œuvre du film musical avec « Phantom of the Paradise » de Brian de Palma et « One + One » de Jean-Luc Godard. Le joyeux foutoir qui règne durant l’heure et demie est bien le parfait exemple de délire que Frankie pouvait nous apporter avec sa bande de joyeux lurons. La période Flo&Edie étant la moins bonne de la formation (ce pourquoi les fans ont un peu de mal avec l'oeuvre), « 200 Motels » en est cependant le document rare et déjanté qui nous fait aimer les albums inégaux : « Chunga’s Revange », « Fillmore East » et « Another Band From L.A » des Mothers. Un bien beau film ovni, véritable catastrophe de mauvais goût qu’il est bon de revoir aujourd’hui, sans pour autant exprimer les mêmes joies que les hippies ex soixante-huitard pouvaient ressentir en 1971. PENIS DIMENTION !!
« The way you squeeze me, baby, red balloons just pop behind my eyes ».
La cinémathèque du Shaman :
« Sympathy for the Devil » de Jean-Luc Godard ; « Phantom of the Paradise » de Brian de Palma ; « Tommy » de Ken Russel ; « The Wall » de Alan Parker
-LE SHAMAN-










