mardi 29 janvier 2008
SWEENEY TODD the demon barber of fleet street

Realisé par Tim Burton en 2008
Avec Johnny Depp , Helena Bonham Carter , Alan Rickman , Sacha Baron Cohen
Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin.
Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût...
Attendu comme le messie par toute une horde de fan de Tim Burton qui attendent deseperement que le bonhomme signe enfin un film digne de ce nom apres bientot de dix ans de vache maigre, sweeney todd debarque sur les ecrans le 23 janvier et risque fort de s'inscrire comme un tournant definitif dans la carriere de burton.
Reformant le duo a succes Depp/Burton, ce film musical avait sur le papier tout pour seduire, helas il ne faudra pas longtemps pour quiquonque a les yeux un peu propres (comprendre pour quiquonque n'a pas de la merde dans les eux), pour se rendre compte qu'au dela du naufrage total ce sweeny todd releve du foutage de gueule total, d'une indigence sans nom et d'une pretention a pleurer, preparez moi mon peloton d'execution....
Cinq minutes, c'est le temps qu'il faudra au spectateur pour se demander ce qu'il est bien venu foutre dans cette galere, base sur une piece a succes facon broadway, ce sweeney todd etonne par la feneantise intellectuelle et visuelle qui le caracterise, non content de s'autoparodier a outrance , Burton ne se fait meme plus chier et nous refile une adaptation litterale de la piece de broadway, sans se questionner une seule seconde sur la portee d'une telle decision sur le rythme tres particulier de l'art cinematographique.
Le resultat? on s'ennuie a mourir devant cette deferlante de chansons toute pourries concues pour la performance theatrale... long travelling sur des acteurs qui chantent en se tenant bien droit sans bouger, scenes interminables qui perdurent bien au dela de ce que tous realisateurs censes aurait pu concevoir, montage indecent qui prend son temps pour bien expliquer ce que l'on a tous compris depuis les cinq premieres minutes, et coupe lorsque cela devient un tantinet interessant....
Le dernier film de burton est un naufrage totale, nous refilant a grands coups de peintures noir son estethique gothique de supermarche, papy tim s'evertue a s'autociter systematiquement, et ce que d'aucun pourront amalgamer a du style, se transforme tres vite en une espece de parodie pas drole de tout ce qui a fait le succes de burton.... generique facon Charlie et la chocolaterie mais avec des tartes a la viandes (oui oui c'est tres serieux), scenes de reves grotesques facon beetlejuice (avec bien sur un pyjama raye noir et blanc.... soupir), nous refinlant pour la enieme fois son hommage faisande a l'esthetique Hammer avec sang bien rouge a la clé, sweeney todd est d'une autosuffisance qui etouffe le spectateur...
Le pire dans tout cela finalement, c'est l'evidente incapacitee de Burton a raconter une histoire de maniere coherente, incapable d'insuffler une quelquonque emotion dans cette histoire pourtant interessante, papy tim se contente de filmer johnny depp au plus pres pour bien sublimer sa"performance"
En effet, on les entend deja les louanges a propos du pere johnny, qui porte le film sur ses epaules, epaules ma foi bien freles si l'on considere qu'a l'image de tim burton, johnny se contente de nous refiler son enieme cabotinage facon jack sparrow.... Impossible pour quiquonque possede une once d'objectivitee de ne pas reconnaitre le manque d'identitee totale que le Jojo insuffle a son personnage , a ce point qu'il est impossible de ne pas voir sur l'ecran jack sparrow deguise en barbier gothique de londres....
Ce qui frappe avant tout sur l'ecran c'est l'evidente ininspiration de l'ensemble, Timmy se paie Alan rickman pour jouer le role qu'alan Rickman joue depuis qu'il fait du cinema, et filme sa femme Helena "je suis tellement gothique que je chie des chauves souris" Bonham Carter dans un role qu'elle a deja joue (tres mal en plus) dans a peu pres tous ces films...
Alors bien sur les hommages abondent, et l'on pourra toujours se regaler de l'apparition de Sacha Baron cohen (qui cela dit nous refait son borat hein... bah oui l'est inspire Tim burton) ou encore justifier l'ennui totale dans lequel le metrage nous plonge par le pari risqué que burton prend en realisant un film quasi integralement chante... mais rien n'y fait , tout cela sent le film de gros feniant qui n'a plus rien a dire, et crache dans la soupe de maniere litterale en nous delivrant encore une fois une reflexion sur la monstruositee qui va a l'encontre meme des films que burton cite a tour de bras...
Triste et chiant.....
-kitano jackson-
mercredi 6 septembre 2006
BIRD
Etats-Unis ; 1987 ; 2h34
Scénario de Joel Oliansky
Sortie en France le 1er juin 1988
Avec : Forest Whitaker (Charlie « YardBird » Parker) ; Diane Venora (Chan Parker) ; Keith David (Buster Franklin) ; Samuel E. Wright (Dizzie Gillespie) ; Michael Zelniker (Red Rodney)
La vie de Charlie Parker, précurseur du bee bop et plus grand soliste de jazz

Quand on meurt, il parait qu’on voit sa vie passer à vitesse grand V. Dans les yeux de Yardbird, lors de la dernière scène, à travers l’immense prestation du grand Forest Whitaker, on se rend compte de l’importance qu’eut Charlie Parker, génie du jazz, inventeur du bee bop et immense soliste avec Dizzie Gillespie, en ces années de gloire américaine. Si Clint Eastwood n’offre pas une narration linéaire d’une vie si glorieuse en succès autant qu’en excès, il tourne avec passion la biographie d’un précurseur, en forme de bible musicale à l’époque où tout était à peu près permis. Défenseur du jazz et du mouvement blues au cours des années 30 : n’oublions pas que Billie Holiday fut l’une des chanteuses les plus populaires des night club new-yorkais au beau milieu des gangsters, Clint Eastwood réalise en flash-back, donc commençant à la fin de l’existence de Charlie Parker (en 1954, à la suite de sa tentation de suicide) son film. Comme une matrice aux prochains métrages parlant de la vie d’un artiste (Taylord Hackford s’en servira comme exemple pour son « Ray » majestueux), le cinéaste légendaire nous offre des moments musicaux de pure beauté lyrique où le saxophone majestueux de Yardbird, réorchestré par le compositeur Lennie Niehaus fait des merveilles. La répartition musicale (cymbale, batterie, contrebasse, piano et cuivres) est d’autant plus étonnante qu’elle apporte un souffle nouveau à cette musique dite expérimentale et artistique. En tout honneur, Clint Eastwood rend un brillant hommage à un musicien important du 20ème siècle, que les plus fervents admirateurs de jazz vénèrent au plus haut. Inutile de vous dire que j’en fais moi-même parti…

« Bird » est aussi soutenu par une interprétation subtile et naturelle. Diane Venora est au sommet de sa beauté et Forest Whitaker, dans ce corps malade et défoncé à l’héroïne, impérial et imposant de charisme. Bien sur, dans ce genre de film, le tout est concentré non pas sur une trame originale ni un scénario en béton, se limitant à reproduire les lignes d’une simple biographie et ensuite mettre en boite des images, des sons, des interprètes capables de faire revivre la flamme… Non, ce genre de film se concentre avant tout sur les jam sessions, les enregistrements de disques et occasionnellement les excès des artistes, si nombreux soient-ils à l’époque ! Charlie Parker fut un maître détruit par les substances illicites. Certes, son originalité débordait de tous ses sens et de tout son sang, mais son physique ne suivait plus vraiment le chemin qu’il avait emprunté au début des années 40. Ecumant les boites de jazz bourré à blanc, une aiguille pratiquement enfoncée dans le bras, Charlie Parker s’est détruit en plongeant dans sa solitude la plus acerbe qui soit. Forest Whitaker incarne parfaitement cette bête de scène que le saxophoniste fut, de même que cette bête de la vie que la drogue n’a pas épargnée.

A l’instar du magnifique « Autour de minuit » de Bertrand Tavernier (j’y reviendrais), Clint Eastwood transcende sa mise en scène d’ellipses, de longs concerts majestueux, comme celui de country dans le Mississipi où il demande à son ami Rodney d’être chanteur, celui-ci se ridiculisant sur scène devant des cow-boys enjoués. Clint Eastwood manie le flash-back avec autonomie, ponctuant son film sur l’inévitable enterrement de Yardbird et sur le monologue final.
Plus qu’un document exclusif sur la vie d’un des plus grands artistes de jazz, « Bird » est un film unique en son genre, pièce maîtresse d’un style musical dépassant ses plus brillants maîtres des années 40 (je pense à Anthony Mann) et analysant avec une sobriété intense les méandres de l’espèce humaine, en tant que personnage entré dans une légende anti-conformiste et authentique. Rendons grâce à monsieur Eastwood de nous avoir offert ce chef d’œuvre d’intensité dramatique où seule une rose semble apporter un peu d’amour et de beauté.

Et pour toujours en savoir plus :
D’après la vie du saxophoniste Charlie Parker (1920 – 1955)
Second film, après « Honkytonk Man » réalisé en 1982 où Clint Eastwood illustre sa passion pour le jazz et le rhythm’n’blues, en particulier, celui de la New Orleans.
Tous les titres originaux composés par Charlie Parker (souvent monophoniques) ont été savamment numérisés en stéréo puis réorchestrés par un jazz band dirigé par Lennie Niehaus. La profession a reconnue le véritable travail sonore attribué au film, relevant à l’époque du plus grand soin pour un film musical.
Distribué par la Warner Bros
Produit par Clint Eastwood & David Valdes
Tourné en 35mm 1.85.1 (format de projection)
Budget de 9 M$
Photographie de Jack N. Green
Costumes de Glenn Wright (« L’inspecteur Harry »)
*Oscar 1988
Oscar du meilleur son
*Césars 1988
Nomination : meilleur film étranger
*Festival de Cannes 1988
Prix d’interprétation masculine pour Forest Whitaker
Grand prix de la Commission Supérieur Technique
*Golden Globe 1989
Prix du meilleur réalisateur pour Clint Eastwood
La cinémathèque du Shaman :
« Romance inachevée » de Anthony Mann ; « Honky Tonk Man » de Clint Eastwood ; « New York, New York » de Martin Scorsese ; « The Doors » de Oliver Stone ; « Ray » de Taylor Hackford ; « Walk the Line » de James Mangold
-LE SHAMAN-






