mercredi 15 novembre 2006
DJANGO, UN DOLLARO A TESTA

CLIQUEZ SUR LECTURE .... DJANGOOOOOOOOO....
Un film de Sergio Corbucci
Italie, France, Espagne – 1966 – 1h30
Scénario de Sergio et Bruno Corbucci ; Franco Rosseti ; Piero Vivarelli
Sortie en France : NC
Avec : Franco Nero
José Bòdalo
Loredana Nusciak
Film interdit aux moins de 16 ans
Un cavalier solitaire s'interpose dans la guerre que se livrent un général américain et un aventurier mexicain.
Film culte, « Django » se redécouvre aujourd’hui avec une certaine passion car l’Italie savait à une époque (et c’est pourquoi j’aime ce pays et son cinéma) nous offrir de vraies œuvres qui influencèrent nombre d’américains. Ce western spaghetti, celui qui révolutionna les codes du genre en les exploitant tous, mâtiné de surréalisme et d’une ambiance fantastique "merdeuse" totalement délirante, reste aujourd’hui l’un des pionniers du cinéma transalpin des années 60. Sergio Corbucci, en maître d’honneur, grand réalisateur qui nous offrit un certain nombre de westerns gravés dans la roche, met en scène ici un cavalier (influence pour Clint Eastwood et Johnny Hallyday dans « Le spécialiste ») qui traîne dans un cercueil non pas sa mort mais celle de ses ennemis. La question se dévoile à mi-chemin, une fois l’ambiance installée et la galerie de "gueules" découverte : "que se cache t’il dans ce cercueil ?" pas un cadavre…
« Django » marque une date aussi par sa violence graphique, sa cruauté et son humour noir. Franco Nero les yeux bleus impose son charisme et son talent dans un rôle de composition : anti-héro, militant, cavalier et mercenaire qui marquera le point d’une époque charnière dans le cinéma d’exploitation italienne (bien avant la crise économique et les années de plomb). Considéré comme une série b assez pauvre par certains détracteurs, « Django », bien qu’inférieur aux mythiques et intouchables films de Sergio Léone, respecte les codes du genre spaghetti en les exploitant pour mieux les disperser dans un brouillon anticonformiste à souhaits ! Anti-cinéma aussi, tourné en plein écran, à l’image dégueulasse et aux scènes sanglantes, le cinéma italien se distingue des autres, se rapprochant de la classe et de la profondeur du cinéma français, que du cinéma sophistiqué hollywoodien. 
Le cinéma italien, c’est musical. La splendide partition de Luis Enriquez Bacalov (mais quelle partition n'est pas splendide chez ce génie ?), thématique, et accompagnant l’action de Django, dégage une maturité qui tranche sérieusement avec les partitions populaires du grand Ennio Morricone. Le découpage musical, survient lors des scènes de fusillades (la fameuse musique d'inspiration mexicaine) ou de pur drame (la trompette majestueuse). Il y a un travail recherché du point de vue sonore et colorimétrique (procédé Eastmancolor). Admirez ne serait-ce que le générique avec la chanson. Suite de travellings acoompagnant Django, trainant son cerceuil. Il y a un travail dans la mise en scène, en rapport musicalement avec la partition et les images. La scène de fusillade à la mitrailleuse est dénuée est de musique. Que des coups de feu, des corps qui tombent, du sang qui gicle. Corbucci orchestre la violence avec maestria. Rien que pour cela, le film mérite d’être apprécié à sa juste valeur. Il possède les codes et les utilise brillamment.
Bien qu’outrancier et amoral, plusieurs scènes furent supprimées du montage initial (la scène de l’oreille coupée ou une partie de la séquence où les mercenaires écrabouillent les mains de Django), Corbucci dû se plier aux règles de distribution à l’étranger. N’empêche que bon, le film fut interdit un peu partout dans le monde et demeure encore aujourd’hui dérangeant à cause de son ambiance putride et de ses nombreuses scènes de fusillades sans concession aucune.
Les codes permettent à un genre d’être assimilé par un réalisateur pour mieux en écrire une trame, un scénario, un découpage millimétré et enfin en esquisser un décor (le travail fait uniquement avec des storyboards pour certain cinéaste), une ambiance, un son, une musique, des scènes… Alex De Iglesia rend un bel hommage à la série b et aux "codes" du western dans l’excellent « 800 Balles » en 2003.
Bien qu’absurde et poussant l’horreur à son paroxysme, Sergio Corbucci réussit un tour de force avec « Django » qui dure et qui ne se démode pas pour autant ! C’est pour cela que le film est devenu culte avec les années et qu'il garde un certain public d'acharnés, de cinéphiles aimant la splendeur de Franco Nero. Par la suite, l'acteur aura beaucoup de propositions outre-atlantique où il entrera en compétition avec un certain Clint Eastwood en jouant dans « Camelot », film musical réalisé en 1967 par Joshua Logan avec Vanessa Regdrave, « Le Temps du Massacre » de Lucio Fulci, « Tristana » de Luis Bunuel, « Le mercenaire » et « Companeros » du même Sergio Corbucci ou encore l'érotique « Querelle » du grand Rainer Werner Fassbinder.
Sergio Corbucci, co-produisant son film avec Manolo Bolognini (« Keoma ») ne trouve guère de difficultés à distribuer son film en Europe. Il se vend très bien en Espagne, en Italie et en France (le casting du « Grand Silence » sera au trois quart français) mais en Amérique, la censure condamne « Django » à être classé « X » par un visa d’exploitation. C’est en 1968 que le succès viendra, parallèlement à la réussite mondiale du « Grand Silence ».

Outre le jeu exceptionnel des couleurs dans ce milieu plutôt noir et malsain, très belle analyse en revanche du noir, du blanc et du rouge, « Django » marque une date pour son héro. A ce film, plusieurs suites et dérivés viendront s’ajouter sans trop grande importance. Franco Nero reste à jamais le premier héro de l’histoire. Engendrant son rôle à sa juste valeur, l’acteur italien est à l’aise aussi bien dans les scènes d’action que dans les scènes d’émotion où la douleur et la peur se ressentent sur son visage marqué par la haine. Lorsqu’il se fait écrabouiller les mains, le grotesque est tellement montré avec cruauté que l’on est obligé de se mettre à la place de Django. Devenant anti-héro, Django triomphe à nouveau dans la mort, en guise de réflexion à la vengeance personnelle et à l’amour. Le mercenaire a sauvé une femme torturée en ouverture pour la voir mourir devant ses yeux à la fin. Une sorte d’exode qui finit mal car le scénario ne marque aucun point "final" à une intrigue déjà pressentie. Django assassine le général et s'en va, invalide de ses mains.
Une ambiance spectrale et onirique plane dans ce village aux baraquements pauvres. Les habitants sont des caricatures et seul Django semble à peu près "normal" face au mal qu’il transporte et qu’il calibre d’outrage. Il transporte la mort en lui et derrière lui. Il transporte le mal dans sa gâchette. Il transporte l’amour dans son cœur car un homme n’est pas insensible au charme d’une femme, même si la plupart sont des putes qui côtoient des truands. Un monde blasé et pessimiste.
Pour finir, la scène finale dans le cimetière est devenue culte. « Django » reste un délice imprévisible à tout novice du genre et certainement une œuvre iconoclaste des années 60.
Le meilleur Corbucci à juste titre.
Et pour toujours en savoir plus :
Produit par Sergio Corbucci & Manolo Bolognini
Musiques de Luis Enriquez Bacalov
Directeur de la photographie Enzo Barboni
Décors Carlo Simi
Tourné en 35mm 1.66.1 format de projection
Tourné en couleurs par Eastmancolor
Italie production : B.R.C
Espagne production : Tecisa
Interdit aux moins de 18 ans aux USA (classé « X-Rated »)
La cinémathèque du Shaman :
« Il Grande silenzio » de Sergio Corbucci, « Navajo Joe » de Sergio Corbucci, « Et pour quelques dollars de plus » de Sergio Léone, « Le Dernier Jour de la colère » de Tonino Valerii, « Quien Sabe ? » de Damiano Damiani.
-LE SHAMAN-
samedi 5 août 2006
PAT GARRETT & BILLY THE KID
Un film de Sam Peckinpah
Etats-Unis – 1973 – 2h02
Scénario de Rudy Wurlitzer
Sortie en France le 20 septembre 1973
Avec : James Coburn (Patrick J. Garrett) ; Kris Kristofferson (Billy the Kid/ William Bonney) ; Bob Dylan (Alias) ; Richard Jaeckel (Shérif Kip McKinney) ; Jason Robards (Lew Wallace) ; Harry Dean Stanton (Luke)
Le Nouveau-Mexique, en 1881. Pat Garrett rend visite à son ami et ancien compagnon de route, Billy, qu'il n'a pas vu depuis plusieurs mois, dans son repaire de Fort Sumner. Il lui annonce qu'il a accepté le poste de shérif et lui suggère de quitter le comté, sinon il sera obligé de le tuer. Le jeune hors-la-loi ignore son conseil – comme il refuse de suivre celui de ses complices, qui lui recommandent de se débarrasser de Garrett. Peu après, deux de ses amis – O'Folliard et Charlie Bowdre – et lui se retrouvent assiégés dans une cabane par Garrett et une armée d'hommes de main. Seul survivant de la fusillade, Billy finit par se rendre. Alors qu'il attend dans la prison de Lincoln le jour de son exécution par pendaison, une âme charitable lui fait parvenir une arme : il abat Bell et Ollinger, les deux adjoints qui le gardaient, et s'évade sous le regard bienveillant de la population.
Critique :
Sam Peckinpah, le cinéaste de la violence comme on le surnomme à présent, vingt années après sa tragique disparition. Il fut l’un des plus doués metteurs en scène de western américain « à l’américaine ». Il fut aussi, à une période charnière de sa vie, l’un des réalisateurs culte du polar survolté où se comptent nombre de chefs d’œuvre : « Le Guet Apen » et « Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » pour ne citer que les plus célèbres. Sam Peckinpah fut aussi un maître de la violence graphique, où un film comme « Les Chiens de Paille » avec Dustin Hoffman (alors en plein boom de sa carrière) s’étudiait par sa violence et par les conséquences que celle-ci pouvait endurer sur un homme. D’autres films suivront cet exemple au cours des années 70 : « Un justicier dans la ville » de Michael Winner et « Taxi Driver » de Martin Scorsese entre autres. Parce que le cinéma de Sam Peckinpah ne se distingue pas que par sa violence ou sa caricature bien trempé de personnages insolites ou bien cyniques. Le cinéma de Peckinpah se distingue de par sa virtuosité rarement égalé dans ce style dit « du pauvre » : le polar. Parce que ses polars ressemblaient curieusement à ses westerns qu’on a associé Sam Peckinpah à un John Ford et malheureusement trop vite rangé au rang des cinéastes de série B qui ne comptent pas plus que cela. A cette époque, un homme coiffe tout le monde au poteau, il s’appelle Clint Eastwood et il nous offre d’incontournables maîtrises de lui-même en tant que réalisateur. Sam Peckinpah n’avait qu’à s’écraser, en continuant son petit bonhomme de chemin.
« Pat Garrett & Billy the Kid » n’est pas le meilleur film de son auteur, il n’égale pas « La horde sauvage » ni même « Major Dundee » mais il offre un plaisir encore inédit dans l’œuvre du grand Sam : l’humour. Bien sûr, me direz-vous, y’a pas d’humour, ne serait-ce que durant les orgies entre James Coburn et les putes de saloon dans une chambre ou alors quand Bob Dylan fait l’inventaire des aliments d’un bar pendant que Pat charrie ses anciens amis… Mais cela suffit ! Il y a une ambiance chère au réalisateur coupée par une espèce d’atmosphère lubrique qui nous fait sourire et finalement apprécier ce western bancal. Néanmoins, beaucoup de longueurs, surtout sur la version originale de 1973 qui dure plus de deux heures. A savoir que la version inédite du réalisateur est sortie l’année dernière dans les salles obscures.
« Pat Garrett & Billy the Kid » est aussi une métaphore sur l’ancien monde et la destruction de ce dernier. A l’aube du XXème siècle, les hommes sont de plus en plus sauvages et tuent sans raison apparente, et pas que les chasseurs de prime ! J’aime ce western parce que j’aime James Coburn, un très grand acteur, parce que j’aime la musique de Bob Dylan qui accompagne magnifiquement chaque scène, chaque séquence clef (la célèbre « Knockin on Heaven’s Door » après chaque fusillade pour l’émotion) mais différente d’une musique de Luis Enriquez Bacalov ou Ennio Morricone car elle reste thématique. La musique de Bob Dylan ne figure pas comme une ritournelle à l’opposé de ses collègues italiens où le son était de mise dans les westerns de Corbucci ou Léone. La musique de Bob est planante et mérite une écoute prolongée sur le disque. A cela, vous y découvrirez plein d’autres choses magnifiques.
Sam Peckinpah orchestre la violence de façon inattendue. Là où la violence graphique de « La horde sauvage » nous balançait en pleine gueule le sang et le plomb, la violence de « Pat Garrett & Billy the Kid » se fait dans les sentiments, comme un brouillon avant de déclencher la folie. La violence ne survient pas si un élan ne lui permet pas de s’introduire dans les situations diverses. La violence pourtant éclabousse, mais elle ne choque pas. La mise en scène incisive renforce d’autant plus l’aspect non puritain de cette violence. Les ralentis vidéo par contre ne justifient pas le montage associé à cette violence. Les morts se font rapides, les coups de feu claquent mais la vidéo ne suit pas. Chez Peckinpah, il y a ce rejet de la mise en scène trop facile, ancien réalisateur de téléfilms, il parachève sa mise en scène nerveuse de ces petits tics de réalisation qui ne s’adaptent pas forcément au format de production du film : 2.35.1. Un western se tourne en scope, j’en conviens mais à l’instar d’un Samuel Fuller, Peckinpah se borne à ses propres limites. Le jeu des acteurs, bien qu’irréprochable, apporte un silence malveillant à la trame de l’histoire qui demande une complexité bien plus recherchée qu’une simple fusillade formidablement orchestré de « La horde sauvage » ; ça traîne en longueurs et la fin nous vient comme une cheveu sur la soupe. Sam Peckinpah malgré cela, arrive à nous offrir un vrai spectacle baroque, impressionnant et charismatique où la violence des situations entre les hommes et parfois les femmes (toujours une séquence de viol et de torture) nous renvoie directement à la nature humaine d’une époque en déclin, comme une fin du monde où le nouveau siècle ne peut apporter que du meilleur. Un bien beau film à redécouvrir.
Et pour toujours en savoir plus :
Distribué par la Metro Goldwyn Mayer
Produit par Gordon Carroll (« Alien »)
Musiques de Bob Dylan ; à noter que la célèbre « Knockin on Heaven’s Door » fait parti de la bande originale.
Directeur de la photographie : John Coquillon
-LE SHAMAN-
jeudi 29 juin 2006
un colt pour trois salopards en dvd

On trouve parfois au détour d'un bac à solde de véritables pépites auquelles la qualité présumée du support Dvd fait malheureusement défaut. On serait donc en droit d'attendre vu le dos de la jaquette flashy ci-dessous un master 4/3 et une seule Vf...
Que nenni, le Dvd propose un master 16/9 au format 2:35 respecté que seules quelques griffes viennent entâcher en fin de bobine. L'image savère donc colorée, détaillée ... en fait très loin de la Vhs présumée. On ne peut alors que se réjouir d'y trouver non seulement la Vf DD 2.0 mono ( assez métallique et sujet à saturation ) mais également la Vo d'origine en DD 2.0 mono ( Bien plsu agréable à l'oreille ) acompagnée de sous-titres français.
Hannie Caulder puisque c'est son véritable nom, nous offre un western atypique réalisé en 1971 par Burt Kennedy ( La Caravane De Feu, Le Retour Des 7 Mercenaires ). Western british de par ses origines, Hannie Caulder puise pourtant ses véritables racines dans le western italien en mélangeant à une histoire de Rape Revenge tous les éléments du style ibérique en terme de symbolique ( Keoma ), de violence ( Mannaja) ou d'humour ( Trinita).

En préambule le spectateur est embarqué par le réalisateur sur la piste de trois frères bandits de grand chemin menés par l’excellent Ernest Borgnine ( New York 1997 ), qui sont aussi doux, gentils et intelligents qu’aptent à réussir leurs coups. Ceux-ci finissant toujours en carnages, sans un dollar trouvant leurs poches. Ils n’ont alors de cesse de courir après leur prochain méfait et une hypothétique réussite.
C’est cette course, qui, la police aux trousses les pousse vers le sud et un relais de chevaux pour diligences éloigné de tout Relais dont ils abattent de sang froid le propriétaire, profitent des provisions et de la jeune, jolie et fraîchement veuve Hannie incarnée à l’écran par la sublime Raquel Welch tout de charme et de fragilité à cet instant.
Molestée puis violée par les assassins de son mari, elle est laissée pour morte dans le relais incendié par les criminels, c’est sans compter sur son courage et sa détermination à la vengeance… car après avoir donné sépulture à son mari, elle par en quête d’une personne qui pourra l’aider à accomplir celle-ci.
C’est un mystérieux pistolero, Thomas Price ( qui n’est pas sans rappeler le personnage de Fonda dans Mon Nom Est Personne ) que le destin met sur son chemin. Il faudra pourtant une détermination sans faille à Hannie et un pacte avec le diable ( La scène où elle est prête à lui donner ce que les violeurs ont pris de force… ) pour que Price accepte finalement de l’emmener, elle, victime et à demi-nue pour un périple la menant sur le même cheval qu’un mort à la prochaine ville.
Le réalisateur va alors creuser plus avant la relation s’installant entre les deux protagonistes. Les aspirations de chacun étant modifiées dans leurs fondements mêmes pour n’être plus que lier que par Eros et Thanatos… l’un devant prendre le pas sur l’autre. Ce qui n’est pas sans rappeler le sublime Dernier Face A Face de Sergio Sollima.
Si Price mène Hannie sur le chemin sans retour de la vengeance, il n’aura de cesse de la mettre en garde, de lui expliquer qu’au final il n’y aura pas de gagnant. Le discours se fait alors crépusculaire, emprunt d’une mélancolie et d’une noirceur de propos que seuls contrebalancent un humour sexy ( Welch et son pantalon ) ou digne des Stooges ( Les sempiternelles disputes entre les 3 frères hors-la-loi ).
Sous couvert de divertissement, la réflexion est donc de mise. Elle est encore plus accentuée par la découverte d’une oasis, d’un Eden pour ex-tueur en lequel Hannie et Price se rendent pour offrir à sa vengeance, un instrument à sa mesure ( Remember le Kill Bill de Tarantino ).
Le fabriquant de cet arme, ce colt destiné à atomisé nos 3 salopards n’est autre que Christopher Lee dans un rôle bien plus humain que ceux qu’il incarnera nombre de fois dans les productions gothiques de la Hammer. Fabriquant d’arme retiré au Mexique après la guerre de sécession, celui-ci n’aspire plus qu’à créer des pièces d’orfèvreries et à voir grandir sa famille plus que nombreuse.
C’est donc dans ce cadre de rêve, en bordure de l’océan que le scénariste décide de plonger Hannie entraînée durement par Price. La belle fait des progrès, devient rapide mais l’atout majeur n’est pas là car, la possible naissance d’une idylle, d’un retour à la normale reste un rêve trompeur soufflé par l’apparition d’un cavalier vêtu de noir, anonciateur de troubles. Troubles apparaissant sous la forme d’une bande mexicaine qui abreuvera de sang cette plage où les espoirs de chacun semblaient permis… Alors que Price sauve Hannie ne pouvant se résigner à tuer de sang froid un agresseur, le destin est scellé.
L’heure de la vengeance approchant, c’est Price qui décide d’être l’outil de la vengeance d’ Hannie. Un outil qui s’avère bien inutile car l’envie, le savoir tuer n’est plus la composante majeur du personnage qui poignardé, meurt dans les bras de sa belle…
Le cœur brisé de celle-ci va alors décupler sa soif de vengeance envers ceux qui lui ôtent ses êtres chers. Le salut ne passera que par l’élimination de ces trois frères, de ces trois salopards de la manière la plus brutale qui soit. Malgré les blessures et les épreuves elle n’aura de cesse d’appliquer sa sanglante vengeance avec style et sans concession à l’instar de l’homme sans nom de la trilogie des dollars de Leone.
Le réalisateur renvoie alors implacablement la violence des mises à mort superbement orchestrées aux scènes crûes du viol de son héroïne, qui n’exprime plus dès lors qu'un sentiment la vengeance.
Le dernier piège qu’elle instaurera ne piège pas seulement Borgnine.Il fixe son destin. Elle est tellemtn liée à la mort que celle-ci envoie son messager lui porter mais forte alors que la voix de Price résonne en elle d’un cri funeste car chaque balle qu’elle tire représente un peu de son humanité, de son salut qui meurt…
Kennedy clôt alors son métrage sur un plan d’une noirceur crasse pourtant nimbé de la lumière du soleil où l’on voit l’homme en noir chevauchant derrière Hannie Caulder. Aucun retour en arrière n’est plus possible pour elle, car la vengeance lui a tout pris. Ni vie, ni amour, seule la mort la suit…
Bien avant le Mort ou Vif de Raimi ou le impitoyable de Eastwood ( pour son ton mélancolique ), Kennedy avec ce Colt Pour 3 Salopards offrait au cinéma non seulement une héroïne de western aussi belle que mortelle mais également un final crépusculaire comme peu de métrages savent encore en offrir aujourd’hui. Passer à côté serait un crime.

-SYPNOS-








