lundi 1 octobre 2007
MEMORIES OF MURDER

Realise Par Bong Joon-ho en 2003
Avec Kang-ho Song, Sang-kyung Kim, Roe-ha Kim, Jae-ho Song, Hie-bong Byeon, Seo-hie Ko, No-shik Park, Hae-il Park, Jong-ryol Choi
Musique: Taro Iwashiro
En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour.
Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...
Ce n'est dans la logique de personne d'imaginer des horreurs sans nom dans le cadre verdoyant et lumineux de la campagne en été.
Et pourtant, au détour du travail des champs, des jeux enfantins et de cette vie simple et lente comme la chaleur, il y aura soudain la découverte du corps sans vie d'une femme, attachée et étranglée avec ses sous-vêtements.
Le rituel est sophistiqué, orchestré avec détails et précision.
Park Doo-man, policier de la petite ville, va rentrer rapidement dans une affaire qui le dépasse... car tout indique que le crime ne restera pas isolé...
Memories of murder, ou le passage dans l'âge adulte de flics qui ignoraient jusque là une violence si tortueuse et cérébrale.
Park Doo-man, le personnage principal, est un flic aux méthodes approximatives, fantaisistes, toutes plus inefficaces les unes que les autres.
Son collègue, Cho, expert en savatage à répétition (il saute à pieds joints dans ta face comme on cligne des yeux), n'apporte aucune caution sérieuse aux méthodes de son chef, et nous nous retrouvons très rapidement face au thème réel du film de Joon-Ho Bong : la fin de l'innocence et la fragilité de l'être humain,
puisque les personnages de son film vont tous, tour à tour, revêtir l'habit de candide, de tortionnaire, d'idiot ou de menteur.
Le fil du rasoir est de mise, il est même l'une des vedettes de ce film sidérant.
Dans cette petite bourgade routinière et laborieuse, personne ne semblait préparé à affronter une situation aussi complexe, tout comme la psychologie du tueur, aux rituels précieux et sadiques. Tout au long de cette enquête, les policiers vont tout faire pour trouver rapidement le coupable, mais ils le feront naïvement, comme procéderaient des enfants idéalistes et capricieux, quitte à forcer le destin : interrogatoires musclés visant à obtenir des aveux de la part d'un idiot du village, tabassages en rêgle, incompréhension totale face aux subtiles agissements du tueur, on sourit et on rit parfois car tout l'art du réalisateur est de nous faire passer pendant les deux heures du film, par toutes les émotions et par tous les registres émotionnels (tout comme les errances mentales de nos héros), avec la même force.
La farce quasi-surjouée du tandem policier (scènes de tabassages quasi-sadiques et humiiations faites à l'idiot du village, ou par delà le rire et le côté laurel et hardy les deux policiers se révèlent bien plus idiots encore que leur souffre-douleur) laisse la place à des scènes graphiquement implacables (découverte du premier corps avec les insectes / autopsie avec les fruits dans le vagin), puis on bascule encore vers des scènes inquiétantes et moites (scènes nocturnes sous la pluie, avec les déambulations des femmes dans des chemins isolés).
Et puis on arrive bienôt vers les scènes clés de la fin du film, inoubliables et sublimes et qui filent un sacré frisson émotionnel, la scène de la voie ferrée et la dernière scène avec la petite fille, qui ne peut que nous marquer est s'inscrire durablement dans nos mémoires de cinéphile, grâce en particulier à la densité de l'acteur principal Song Kang-ho, au regard d'une intensité hors du commun (également terrible et multi-façettes dans "The Host" du même auteur).
Park Doo-man va perdre son innocence au fil des mortes égrenées par le tueur,
il va être sur le fil lui aussi, lui l'enfant idéaliste qui pensait qu'un aveu forcé pouvait changer le cours du destin, il va être confronté à ses propres pulsions, et découvrir la part sombre que nous possèdons tous.
Sujet évident du film, la fragilité de l'être humain est matérialisé par le va-et-vient incessant des styles, comédie, drame, horreur, émotion, on est rien d'autre que ça, et tout ça à la fois. Les scènes de comédie sont un peu forcées, pour rendre encore plus tranchant le retournement que nous subissons à chaque scène macabre.
Le flic venu de Séoul va être l'empêcheur de tourner en rond, celui qui va enlever les jouets à nos deux flics-enfants, les faire se confonter à la réalité en refusant de rentrer dans le jeu capricieux des interrogatoires expéditifs et des coupables de pacotille, quitte à lui-même se perdre au bout du compte, face à la fin de non-recevoir d'un assassin insaisissable, ultime emblème du monstre que nous pouvons tous devenir.
À cet égard, la dernière scène du film est littéralement scotchante, tout comme le regard de Song Kang-Ho qui comprend ce que le film veut d'ailleurs nous dire : la bête c'est tout le monde et c'est personne, et nous pouvons lire dans ses yeux toute l'impuissance et tout le désespoir muet d'un enfant qui est devenu un homme, dans un monde de rire et de sang, tout comme lui.
Un film génial, un chef-d'œuvre à tiroirs, à revoir, encore et encore.
-P_ko-
vendredi 30 mars 2007
LE TEMOIN a.k.a IL TESTIMONE

Un film de Jean-Pierre Mocky
France/ Italie ; 1978 ; 1h27
Scénario de Rodolfo Sonego ; Augusto Caminiti ; Sergio Amidéi ; Alberto Sordi ; Jean-Pierre Mocky ; Jacques Dreux
Sortie le 20 septembre 1978
Avec : Philippe Noiret (Robert Morrison)
Alberto Sordi (Antonio Berti)
Roland Dubillard (Commissaire Guérin)
Paul Crauchet (le père de Cathy)
Sandra Dobrigna (Cathy)
Gérard Hoffmann (l’adjoint du commissaire Guérin)
Gisèle Préville (Mme Morrison)
Film interdit aux moins de 12 ans
Robert Maurisson, un riche industriel rémois, a proposé à son vieil ami italien, Antonio Berti, artiste expert en art religieux, de venir restaurer les toiles liturgiques de la cathédrale de Reims. En dehors de ses industries et de sa banque, Robert dirige une chorale de fillettes et un club de football. Les deux amis reprennent leurs fredaines d'antan : soirées un peu lestes, chasse, pêche et bons repas... Un jour, on repêche le cadavre de Cathy Massys, la plus jolie voix de la chorale, une adolescente qui servait de modèle à Antonio. Le soir du crime, ce dernier a cru reconnaître Robert près du canal, mais celui-ci nie sa présence en ce lieu. Le commissaire Guérin et son adjoint enquêtent. Pour innocenter son ami, Antonio fait un faux témoignage à la suite duquel Moignard, un jardinier, est arrêté. Pressé cependant par Antonio, Robert lui confie l'aveu de son crime: il a agi sur un coup de folie... Mais, innocenté par un solide alibi, Moignard a été relâché. Robert n'avoue plus rien. Interrogé par Guérin, Robert fait état d'un alibi indiscutable tandis qu'Antonio est, lui, incapable de fournir son emploi du temps le soir du crime. À la suite d'une méprise, le père de Cathy abat Robert. Guérin arrête alors Antonio. Dans l'impossibilité de se disculper, il sera condamné à mort et guillotiné...
Ce film pervers traite du sujet délicat de la pédophilie avec une hargne encore inédite à l’époque. Mais avant toute, « le témoin » est un pamphlet, véritable réquisitoire contre la peine de mort, abolie par François Mitterrand en 1982, et une dénonciation contre les erreurs judiciaires. Un ambitieux film policier maitrisé de bout en bout par un réalisateur en état de grâce. Mettant en scène les grands Alberto Sordi (« I tre Volti », « Fumo di Londra ») et Philippe Noiret (« La Grande Bouffe », « Le vieux fusil »), Jean-Pierre Mocky co-produit son projet avec les italiens, ce qui le rapproche du célèbre comédien transalpin, véritable girouette sur le tournage. Une sacrée expérience et l’apport supplémentaire au budget, de fonds financés par l’Italie, transgressent l’impact que le film eu dans toute l’Europe. « Le témoin » est un film glauque et assez complexe, polar psychologique déguisé en farce macabre non dénuée d’humour noir, le thème principal est l’absurde, marié au mensonge et à la duplication de chaque personnage, en particulier le troublant Robert Morrison, interprété par l’imposant Philippe Noiret. Pas décidé à choquer cette fois-ci, Jean-Pierre Mocky aborde son sujet avec une délicatesse inouïe, il ne dénonce pas la pédophilie comme on l’aborde aujourd’hui, il veut simplement passer le message d'un amour impossible entre un homme mature et une fillette. Ce qui dérange surtout, bien malgré ce sujet pour le moins subversif, et traité d'une manière directe comme à l'habitude de Mocky, c’est la farce « à l’italienne » comme du bon Marco Ferreri bien dégueulasse. Les âmes sensibles risquent d'être choqués devant certaines images crues et violentes (la découverte du cadavre de la petite Cathy, violée et étranglée).
Nous sommes en plein suspense, avec une ambiance pesante et sombre qui nous laisse un peu pantois. Jean-Pierre Mocky a toujours aimé balancer, savoir ce qui est bon ou mauvais, le dire aux autres, dénoncer les institutions telles que la médecine ou encore la religion. Une fois de plus, c’est la bourgeoisie qui en prend pour son grade, et ceci à travers l'image d'un Philippe Noiret plus mauvais et diabolique que jamais. « Le témoin » se présente alors comme un des meilleurs films de son auteur, l’un des plus réussis esthétiquement (cette scène de la chasse à cour reste à jamais gravée dans toutes les mémoires). « Le témoin » marque aussi la rupture avec un style que Jean-Pierre Mocky réadaptera au cours des années 80 : le thriller. Proche du fantastique, le style est acéré, manipulateur et les personnages nous renvoient presque à du Camus. On est loin du travail effectué avec Raymond Queneau au début des années 60. Jean-Pierre Mocky change, son cinéma aussi. La fin des années 70 marque une période de transition toujours plus riche pour le cinéaste, en marge avec son temps et traitant de sujets toujours aussi brulants.

« Le témoin » possède l’ambiance italienne, bien souvent amère et drôle, savamment mêlé à la bestialité française du cinéma de genre. La farce côtoie le macabre et Jean-Pierre Mocky filme les jeunes filles avec beaucoup de pudeur : la répétition du chant à la cathédrale est un exemple qui en dit long. Les dialogues sont vifs et souvent crus, incestueux : Antonio décrivant le sein de la petite Cathy à Robert qui voit en lui, un pervers malgré l’humanité et l’amour apportés à ses mots presque bégayés.
Voilà pourquoi tous les soupçons seront portés sur cet étranger de rital quand le cadavre de la petite Cathy sera retrouvé atrocement mutilé puis noyé dans le canal qui borde, la maison de Philippe Noiret. Véritable suspense puisque le scénario offre de puissants retournements de situations dûs aussi bien à la structure narrative qu'à l'usage des apparences. Antonio soupçonne très vite Robert d'avoir assassiné la petite Cathy. Ce dernier niera tout en bloc et se forgera un alibi en béton, allant même faire porter, involontairement, le chapeau à son ami italien. Robert Maurisson est une ordure, mais un homme sensible que Mocky fait apprécier au public avec un certain culot.
La face "polar" du film : pointilleuse et sans tabou (l’excellent Roland Dubillard dans le rôle du flic pédé expliquant à Robert comment il aurait fait l’amour à la petite Cathy, s’il était le coupable, sur le lit de mort de sa mère) égaille parfois le soupçon porté sur Antonio Berti, qui mène lui aussi sa propre enquête. Ce parallèle porte à l’innocence de Robert. Comme il n’y a plus d’espoir en chacun, malgré l’agissement psychologique sur le mental des deux personnages finalement alliés et complices d’un meurtre (lors de l’anthologique scène de chasse à cours où Robert avoue tout à son ami). La police finit par porter tous les soupçons sur le plus démuni des deux. Tout cela à cause d'un témoin que nous public, nous n'avions pas forcément retenu. Le mensonge est de mise, le surréalisme absurde de plusieurs scènes (la reconnaissance du soi-disant assassin surpris par Antonio, la description de celui-ci) nous rappelle que Jean-Pierre Mocky est un utopiste acharné qui aime tromper autrui.
Le tournage fut catastrophique. Alberto Sordi exigeait plus de gros plans sur lui que sur Philippe Noiret. Un fou impossible à cadrer que le cinéaste réussit quand même à maitriser. L'abondance d’effets surréalistes, le second degret malsain et la surenchère comique, prouvent une fois de plus que Jean-Pierre Mocky sait jouer des marionettes et qu'il peut encore nous surprendre.
Pour prendre exemple : à la fin, Robert ordonne à Antonio de quitter le pays car la police ne va pas mettre longtemps à l’inculper du meurtre de la petite fille avec des preuves évidentes. Pour cela, Robert prend la voiture de son ami et décide de partir, pour ainsi effacer les traces. Parallèlement à cela, le père de la petite Cathy, désireux de vengeance et sachant lui aussi que l’italien est le coupable, se dirige vers la cathédrale. Par la grille, il tend son fusil et voyant la voiture d'Antonio sortir de la petite cours, il tire un coup de feu. Robert meurt d’une balle dans la tête. Sans le savoir, le père de la petite Cathy a tué le véritable assassin, celui que personne ne soupçonnait et pour cause, son aristocratie au sein de la ville de Reims le protégeait de toute accusation ! Antonio lui, sous les ordres de son ami, part vers la gare. Le commissaire le retrouve et comme Robert n’est plus là pour avouer son crime, Antonio est définitivement perdu. Il sera guillotiné.
Point final à l’histoire d’un pessimisme outrancier. La tête de l’innocent tombe dans le panier. Le générique chanté par des petites filles vient nous hante. Celles et ceux qui ont vus « le témoin » vous diront la même chose. C’est un film imposant, onirique, sublime et qui traumatise à jamais...

PETIT PLUS :
Les italiens, pas tellement prêts d'accepter de perdre leur comique n°1 sur un instrument de mort qui n’existe plus (depuis 1946) dans leur beau pays et dans une marre de sang, contraignent Jean-Pierre Mocky à tourner une autre fin, irréaliste et qui coûta beaucoup. Après qu'Antonio se fit couper la tête, un trucage fut réalisé à Rome. L’exécuté se relèva sans sa tête (!) et rejoignit sa voiture avant d’ajuster son chapeau sur son cou tranché et de partir. Bien entendu, le ton comique ne sera gardé que du côté italien, gros succès donc ! En France, Mocky restant maître de son œuvre, garda le montage original et montra cette fin magnifique en plus d’être macabre et horrible à beaucoup de français qui furent encore étonnés par le défaitisme du réalisateur culte.
( galerie photos )
Et pour toujours en savoir plus :
D’après le roman de Harrisson Judd : « Shadow of the doubt »
Visa n°
Directeur de la photographie Sergio D’Offizi
Musique de Piero Piccioni
Produit par Jacques Dorfmann
CIC ; Belstar Productions ; M.Films (Paris)
PAC Produzioni Atlas Consorziate (Rome)
Directeurs de production Henri Baum & Teodoro Agrimi
C’est Jean Gabin qui aurait dû interpréter le peintre mais la disparition de l’acteur laissa échoit le futur rôle à l’acteur-comique italien Alberto Sordi.
-LE SHAMAN-
jeudi 14 décembre 2006
SPL: Sha Po Lang

SPL A.K.A SHA PO LANG A.K.A KILL ZONE
Une Bombe du polar hong kongais réalisé par Wilson Yip en 2005
Ecrit par Wai Lun Ng , Kam-Yuen Szeto et Wilson Yip
Avec Donnie Yen , Simon yam , Sammo hung , Jacky Wu , Kai Chi Liu , Danny Summer , Ken Chang , Austin Wai
Directeur de la photographie: Wah Chuen Lam
Musique de Ken chan et Kwong Wing Chan
Sha Po lang , mort élimination cupiditée , trois étoiles de l'astrologie chinoise dont la conjonction peut changer le destin d'une personne.
Trois étoiles, trois personnages tragiques interpretèe avec talent par Simon Yam , Donnie Yen et Sammo hung.

(cliquez sur les images pour les aggrandir)
Apres Infernal affairs 1 et 2 , polars qui annonçait avec panache le renouveau du polar hong kongais, voici que débarque SPL réalisé par Wilson Yip qui jusque la ne s'était illustré qu'en réalisant de petits films certes pas révolutionnaire mais plutot honnêtement torchés , la surprise en fut donc encore plus grande lorsque débarqua ce SPL véritable bombe qui s'impose sans peine comme LE vrai retour du polar hong kongais et envoie infernal affairs dans la stratosphere les doigts dans le nez..
EXPLICATIONS.
Porté par les interpertations superbes de trois acteurs excllents (Donnie Yen , Sammo Hung et Simon yam) SPL ne s'illustre pourtant pas particulierement a l'aune de son scénarion certes extremement bien écrit et efficace mais d'un classisisme évident.
Classissisme qui quoiqu'on en dise est loin de déservir le film, au contraire, Wilson Yip et sa bande connaissent leur classiques sur le bout des doigts et les citent a tour de bras , des incorruptibles de De Palma aux films de la grande époque John Woo (the killer, a toute épreuve , une balle dans la tête) SPL est un condensé de tout ce qui a fait les grandes heures du polar.
Du coup loin de se reposer sur ses lauriers Wilson Yip joue brillament avec les codes et les figures imposés du genre, anihilant les gunfights pour les remplacer par des bastons Dantesques choregraphiéees par Donnie Yen (que ce soit dit ce type est le plus grand artiste martiale actuel) dépeignant le destin de personnages plus complexes qu'ils n'y paraissent a premiere vue (tout en en faisant des archetypes immédiatement iconiques un tour de force donc) et emmène le spectateur dans un pur ride au pays des flics et des voyous qui se concluera finalement sur un drame humain bouleversant qui risque de vous broyer le coeur..
Estehtiquement sublime , le film de Wilson Yip brille notemment pour la beautée extreme de sa photographie , a ce titre SPL est sans doute l'un des plus beaux films jamais vu sur un écran , teintes de rouge et de vert argentesques , lumiere ultra colorée laissent litteralement sur le cul , plongeant par instant le film dans le baroque le plus pur (le combat final sous les projecteurs) se faisant plus subtile pour souligner les états d'âmes des personnages torturés et complexes.
Yip de son coté si il n'est pas exactement un génie , délivre une réalisation inspirée, ample, pleine de mouvements de grues incroyables et d'effets de style toujours approprié, il donne vie a des personnages tous touchants et filme ses acteurs avec style, classe et passion
Le résultat est un face a face passionant entre un flic au seuil de la mort et un parrain de la mafia cupide cruel mais au seuil de la vie, entre eux se dresse celui qui jusqu'au bout tentera de baigner son destin de justice.
Charismatiques et marquants , ces trois personnages forts ont pour point commun la paternitée, ou du moins une relation forte avec la notion de paternitée , Wong Po tout d'abord, parrain de la mafia qui jouit de la naissance de son premier enfant apres des années de tentative infructeuses , L'inspecteur Chan ensuite qui adopte la fille du témoin qu'il n'a pas su protèger, et l'inspecteur Kwan qui entre dans la police a cause du tromatisme causé par la mort de son père, la raison de ce choix scenaristique est simple, dans la vision de Yip et de ses scènaristes c'est l'innocence qui paie le prix de la cupiditée, de la mort et la destruction, que ce soit par la mort du père de Kwan ou par la fatalitée qui frappe l'inspetceur Chan atteint d'une tumeur au cerveau et qui condamne sa fille adotpive a perdre son père pour la deuxieme fois, mort marquée par un plan final bouleversant de beautée simple qui rappelle la poesie de Takeshi Kitano.
Au sein de cette tornade de sentiments (le film est profondément sentimentale si il existe un sens noble au terme) s'entrechoquent des scènes de kung fu qui appuyent encore plus la dimension humaine de l'histoire, ce sont de veritables combats interieurs que livrent les personnages dans cette lutte qui corrompra le coeur ou l'esprit de chacun.
Cette volonté de plonger les combats dans une atmopshere quasi métaphysique s'illsutre par des détails qui si ils peuvent sembler anodin ne sont pas sans importance dans la symbloique anti manichéene du film, ainsi est ce un hasard si le personnage qui symoblisent le mal absolu dans le film est habillé entierement de blanc lorsque le juste est habillé de noir ? propulsant ainsi le film dans les représentations taoistes du yin et du yang et par la même le projettant litteralement dans la plus pure tradition du Wu xia Pian (Jacky wu qui incarne l'un des bad guy de l'histoire a d'ailleurs participé a l'un de ses plus grands fleurons le génialissime il était une fois en chine 2) et du film de kung fu.
Loin d'alourdir le film cette symbolique donne tout son sens a des bastons incroyables choregraphiées avec génie par Donnie yen, brutales mais aussi incroyablement rapides et précises , elle sont un mix parfait entre la grande tradition de la baston hong kongaise et la violence barbare des productions thailandaises récentes (ong bak , born to fight) sauf que bien loin des divagations auto promotioennellles de tony jaa filmées avec les pieds, elle sont remarquablement mise en scène, et pour que ce soit finalement dit et que cette critique contiennent son lot de vulgaritée (bah oui hé ho y a un cota hein) DONNIE YEN ENCULE TONY JAA 20 FOIS!!!
Le combat final est a ce titre un fantasme de cinéphile absolu , donnie Yen et Sammo hung deux des brutes les plus plus incroyables jamais vu sur un écran (Sammo défie littéralement les lois de la physique du haut des ses 120 kilos) se battent a mort en détruisant tous le décor dans un déluge d'acrobaties hallucinantes, pas de péripéties cablées , mais de la pur brutalitée martiale d'une violence tétanisante, qui emmène vers une conclusion qui risque de vous tromatiser un bon coup.
En effet si l'on va éviter le spoiler dans ces pages , force est de constater que SPL acheve le spectateur a l'aune de sa conclusion (dont on ne révelera rien) sachez simplement que SPL s'acheve sur un brise coeur incroyable qui va vous foutre mal et jouer avec vos sentiments de maniere visceral.
D'une noirceur hallucinante il enfonce encore une fois le clou et fintit d'emmener le film vers la tragedie mystique promise par une phrase d'introduction intriguante et fait preuve d'un jusqu'au boutisme émminemment respectable, en ces termes vous l'aurez compris SPL est une bonne grosse gifle assenée avec talent par une troupe de fous furieux qui ne néglige jamais leur art.
Un chef d'oeuvre a voir absolument.
-jonathan A.K.A kitano jackson-
lundi 11 décembre 2006
A BITTERSWEET LIFE

CLIQUEZ SUR LECTURE POUR ENTENDRE LE THEME DU FILM A BITTERSWEET LIFE
Une claque dans la gueule ecrite et réalisée Par Kim Jee-Woon en 2005
Avec Byung-Hun Lee , Jeong-min hwang , Yu-mi Jeong , Ku Jin , Yeong-cheol Kim, Roe-ha Kim
" Un beau matin un jeune apprenti demanda a son maitre, maitre est ce les feuilles de l'arbre ou est ce le vent qui bouge?
Le maitre répondit, ce qui bouge ce n'est ni les feuilles ni le vent, c'est ton coeur "
CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR
Déja auteur de l'épatant Foul King , et du polemique Deux soeurs (Polemique en ce sens que certains y voient un chef d'oeuvre absolu d'autres une bouse intergalactique) Kim jee-woon , l'un des portes drapeux du nouveau cinéma coréen (aux cotés de Park Chan wook et de Bong joon Ho notemment), signe en 2005 A bittersweet life , a la fois Polar ultra violent et drame humain poignant, tragedie boulevesante sur l'amour et le fantasme qu'il engendre, le film de Kim Jee woon emprunte autant a Melville qu'à Park Chan wook et dresse le brillant et sublime portrait d'un homme blessé, retour sur l'un des plus beaux films de cette année.
Dés les premiers images on le sent, a bittrersweet life risque d'être un tres grand film, baignant dans une atmosphère a l'esthetique ultra lechée, le film s'ouvre sur une scène que n'aurait pas renié melville, d'ailleurs impossible de ne pas penser a Alain Delon (Lace si tu nous lis merci du coup de main) dans le samourai lors de la premiere apparition de Sun woo, en trois plans une nouvelle icone du polar vient de naitre, costard noir, attitude calme et classieuse, un personnage de gangster old school raffiné.
Cette représentation a l'ancienne surprend d'autant plus que lorsque la violence éclate ce même personnage semble animée d'une bestialitée hors norme.
Au centre du film, le personnage de sun Woo est la clé de voute d'une intrigue qui si elle emprunte énormément au polar est avant tout la tragique histoire d'un rêve impossible, ou d'une vie fantasmée, sun Woo est un homme meurtri et trahie par celui qu'il a servi pendant 7 ans, piegé dans une situation qu'il ne controle plus et qui finit par se resigner au moment même ou il trouve enfin l'amour (" tu n'as jamais été amoureux sun-woo, c'est pour ça que je t'aime bien "), un personnage ésseulé et en décalage avec l'univers pourri qu'il fréquente.

Ainsi si il n'évite pas tous les pieges d'une vision auteurisante parfois horripilante (notemment lorsque le film bascule dans une espece d'humour décalé pas toujours approprié) A bittersweet life a vite fait de vous emporter dans cette tragique histoire d'amour et de mort (et également de rêve) et risque de vous foutre la larme a l'oeil a l'aune de sa conclusion, troublante et laissant libre place a moult interpretations.
Au centre de ce drame poignant aux scènes d'actions dantesques (on y revient promis) des performances d'acteurs fabuleuses finissent d'imposer le film comme une réference du polar moderne, Byung Hun lee d'abord , que l'on avait déja vu dans l'émouvant JSA de Parck Chan wook, interprete avec classe , finesse, puissance et intensitée le personnage de Sun Woo et s'impose comme l'un des acteurs coréens les plus talentueux, capable de vous faire passer une gamme d'émotions incroyables en un regard, incroyable.
A ses cotés , une pleiade de stars et de seconds couteaux confirmés délivrent des interpretations habités, interpetant avec fougue des personnages complexes et souvent touchants, interpretations sublimés par la mise en scène géniale de Kim Jee woon.
En effet, A bittersweet life surprend par son sens de l'esthetique lechée, pas un plan qui ne beneficie pas d'un soin particulier, mouvements de caméras complexes et lumiere somptueuses composent une mise en scène a la maestria soufflante, mise en scène que certains ne manqueront pas de qualifier de manieriste, mais force est de constater que Kim Jee Woon maitrise chaque parcelle de son film et en sublime chaque instant, bien sur encore une fois le bonhomme ne peut s'empecher de se laisser aller a quelques facilitées du a son statut d'auteur mais rien n'y fait kim Jee woon s'impose comme l'un des plus grands metteurs en scène actuellement en activitée corée (au passage je vous conseille foul king veritable comedie drole et émouvante) mais s'impose surtout comme un brillant réalisateur de scènes d'action.
Les scènes d'actions de A bittersweet life risque en effet de vous laisser litteralement sur le cul, faisant l'effet de veritables claques dans ta face , elles empruntent a Park chan wook le sens de la choregraphie réaliste que l'on avait entrevu dans Old boy, et assoment de par lmeur efficacitée renversante.
De la scène de baston dans l'entrepot (qui fait suite a une scène de torture vraiment éprouvante moralement comme visuellement) a la fusillade finale, Kim Jee Woon teinte ses scènes d'une ultra violence soudaine et choquante.
D'ailleurs étonnement on se surprend a penser que Kim Jee woon est surement le premier cinéaste a avoir trouvé l'équilibre parfait entre choregraphie de la violence façon john woo et réalisme cru , le résultat sur l'écran est incroyable, ses scènes d'une beautée visuelles rare sont également d'une brutalitée hallucinante et finissent d'imposer le film comme un indispensable qu'il faut au moins avoir vu une fois.
Une heure cinquante d'une intensitée émotionelle et visuelle rare donc, qui s'acheve sur un plan final troublant qui laisse libre cours a différentes interpretations, toutes émouvantes , bouleversantes et pleines de sens , A bittersweet life est un film noir sans concession, profond, aussi exigeant dans son fond que dans sa forme, qui mise sur l'intelligence du public, et si parfois les détours faciles que prend Kim Jee woon peuvent empecher au film de prétendre au rang de chef d'oeuvre, il n'en reste pas moins un tres grand film qui gagne en force a chaque vision, une perle a voir absolument.
-KITANO JACKSON-

lundi 6 novembre 2006
SOLO
Un film de Jean-Pierre Mocky
1969 ; France - Belgique ; 1h29
Scénario de Jean-Pierre Mocky & Alain Moury
Sortie le 27 février 1970
Avec Jean-Pierre Mocky (Vincent Cabral)
Anne Deleuze (Annabelle)
Henri Poirier (Verdier)
Denis Le Guillou (Virgile Cabral)
Alain Fourès (Eric)
Christian Duvaleix (Larrighi)
Film interdit aux moins de 16 ans
Violoniste et trafiquant de bijoux à l'occasion de ses voyages, Vincent Cabral débarque au Havre, tandis qu'au Vésinet, près de Paris, une vingtaine de participants d'une soirée orgiaque est soudain abattue à coups de mitraillette. Le jeune frère de Vincent, Virgile, appartient précisément au groupuscule responsable de ce massacre. Pour permettre à Virgile – recherché par le commissaire Verdier et l'inspecteur Larrighi sur dénonciation anonyme – de s'échapper, Vincent entre en contact avec les jeunes "justiciers" qui ont décidé d'exterminer les "têtes" les plus abjectes de la société. Pris dans l'engrenage, il est mêlé, à son corps défendant, à l'action des révolutionnaires. Témoin de l'exécution du dénonciateur, Vincent est contraint de se battre; il prend en charge Annabel, l'égérie du groupe. Voulant empêcher un nouvel attentat – le plasticage d'un grand restaurant où se réunissent quelques puissants industriels fêtant, en compagnie de jolies filles, la fusion européenne de leurs entreprises – Vincent finit par aider à l'accomplir. Considéré par erreur comme le chef des révolutionnaires, Vincent fuit et, malgré les barrages, se réfugie dans un wagon de marchandises. Assiégé, il trouve la mort sous les balles de la police, en gare de Reims, tandis que le train emporte Virgile et Annabel vers l'étranger.
« Solo » est un film culte, polar spaghetti mené comme un western vif et cinglant.
Au lieu de tremper un saut de violence passablement choquante (débordements sanglants, fusillades indignes ; ça canarde de partout), Jean-Pierre Mocky donne la parole aux émotions de ses personnages, pour la plupart caricaturés dans un monde gangrené à la suite de la révolution des étudiants de mai 68 : une date dans l’histoire de France à ne pas nier ! Si Mocky manque d’audace dans certains propos, il se déchaîne dans des dialogues corrosifs à faire pâlir Michel Audiard ! A la fois rapide dans une mise en scène millimétrée et réfléchi dans le choix de l’action, le réalisateur se met en scène avec fougue et minutie. C’est pour cela qu’il incarne un justicier au passé trouble, de son nom : Vincent Cabral, ancien révolutionnaire que la vie n'a pas épargné, devenu par la suite, un trafiquant juste puis un artisan (violoniste) à la merci des bourgeois et de la société moderne, qu'il exploite, comme son frère qu’il tente de protéger à la suite d’un raid meurtrier lors d’une soirée mondaine. Il ne le verra jamais lors de son aventure dans la nuit urbaine et sera abattu sans précédent. Revenons au début de ce film magistral qui révolutionna les codes du film noir à la française :
La première scène, en plus d’être extrêmement violente pour l’époque donne le ton au reste du récit. A bas la bourgeoisie ! Pas de limites, nous autres étudiants, nous sommes des révolutionnaires et nous en avons marre d’être vu comme des polichinelles ! Même si l’interprétation n’est pas très subtile (jeunes acteurs novices à l’exception de la jolie Anne Deleuze), on a longtemps reproché à Mocky sa mauvaise qualité de prestations, l’ambiance est pesante, là pour nous faire réagir. Le message est clair et trente cinq ans plus tard, le film n’a pas trop mal vieilli et se visionne sans problème. La violence mérite elle-aussi de classer le film parmi les polars les plus sulfureux et insolites du cinéma français.
« Solo » réside aussi dans la machination de ses adversaires. Vincent est un homme tendre et idéaliste, un héro romantique (l'impact du romantisme au milieu de la violence, nouveau sujet qu'amorce Mocky au début des années 70), voleur de bijoux, pas au bon endroit ni au bon moment. Cela va très vite, l’essentiel est gardé sur pellicule et le film se déroule la nuit durant. La police met très vite la main sur le gang de révolutionnaires, emmené par le frère de Vincent, Virgile Cabral, qui a trucidé tous les bourgeois partouzeurs de la soirée précédente à coup de mitraillettes. Tout part de là... Durant une heure trente, « Solo » se distingue des autres films français de l'époque. Il se rapproche plus du « Z » de Costa-Gavras, du « Conformiste » de Bernardo Bertolucci, et du cinéma d'exploitation italienne (« Zabriskie Point » de Micheangelo Antonioni) que de la vague vaudeville française qui sévit sur le pays : Georges Lautner & co… Jean-Pierre Mocky, habile dans son personnage, court après la mort durant tout le film, se fondant dans un univers qu’il connaît mais qu’il n’ose pas approcher. Un univers machiste, alambiqué et plein d'embuches. Les étudiants sont devenus fous, ils se croient tout permis et leur audace n’a d’égal que leur amour-propre. La quête de l'idéal. Même si le succès fut immédiat (agrémenté d'une lourde promo journaliste : "la revue du cinéma : image et son" n°235, entretien par Alain Cornand, découpage In Extenso du script original dans "l'avant scène cinéma" de juin 1970 avec complément de "la horde sauvage" + préface par Michel Mardore...), « Solo » traîna longtemps dans les archives pour ses passages à la télévision (environ 17 ans). La censure fut encore virulente face au cinéaste et le film fut totalement interdit par la commission de censure des films (l'avant première du 16/09/1969). On comprend pourquoi, inutile de revenir sur le sujet, mais pourtant la violence pénalise ses actes, du côté des médias, le film est un brûlot qui nuit au calme de la population. N'empêche que « Solo » fut le 1er film parlant de l'après mai-68 en période de calme ; ce qui dérangea ce système. On repense bien entendu au Bourvil de « La Grande Lessive (!) » où ce dernier "détruit" toutes les antennes de Paris et menace celle de la Tour Eiffel à la fin. Petite anecdote : la scène finale de « La Grande Lessive (!) » fut tournée en mai 1968 durant les évènements, par fraude. Dans « Solo », on pense aussi à la mythomanie qui transgresse les situations diverses des films de Jean-Pierre Mocky ; le noir absolu éclairé par une lampe torche : fierté et puissance de l'homme et le jour, en ouverture et fermeture du film : la vie et la mort de l'homme (matin et lendemain matin, la nuit comme parenthèse). Mythomanie qui concerne la police, dans leur inconscience (caricature donc pour démontrer le pessimisme le plus réaliste et déboucher sur une dérision acerbe des forces de l'ordre). On pense aussi au grotesque et au mensonge, à la misogynie de ces personnages masculins forts et soi-disant redresseurs de tords. Annabelle peut alors être perçue tel un homme au milieu des cris, du mensonge et de la violence, d'où le seul véritable "élément" féminin typique du film noir. Par conséquent, nous ne sommes pas loin de la réalité (utopique d’accord et toujours surréaliste) chez Mocky et durant toute la décennie 70, il sera méprisé par un pouvoir de l’image qui n’a pas l’habitude de voir les choses primaires de notre société sous un angle étudié et purement avant-gardiste. Du cinéma musclé mais pas carré, non plus coincé dans un genre ultracodifié quelque part entre Georges Lautner (« Fleur d'oseille ») et Claude Chabrol (« Que la Bête Meure »). Non, « Solo » est un drame unique, un suspense inédit, un western urbain qui se classe parmi le cinéma-critique et la tragédie genre « Réglement de comptes » de Fritz Lang.
Jean-Pierre Mocky exploite les non-dits, il ose cracher où les autres essuient, il tire à boulets rouges un message clair et inventif, révolutionnaire et anarchiste. Et rien que cela mérite l’attention des jeunes cinéastes (esthétiquement parlant, Mocky reste l'un des metteurs en scène les plus originaux du cinéma français). « Solo » est un exemple de bravoure qui se distingue par sa mise en scène enlevée, vive et véloce. C'est aussi une thèse du système politique et de l'anti-chambre de la mort que peu de cinéastes attaquent. « Solo » est un film coup de poing, théoriquement engagé et qu'il faut redécouvrir à tout prix ! Il s'apprécie aussi par son scénario extrêmement pointilleux qui consiste à décrire tout un paysage anachronique, de nuit, dans un port du Havre puis dans une gare, à Reims. C'est aussi une ambiance putride qui pousse l'horreur à son paroxysme. Quand les éléments débouchant sur le suspens sont faciles (découpage de scènes prochainement) et la violence qui suit, est gratuite. Des personnages à l’humour noir trempé de violence verbale, un Vincent Cabral minutieux en roue libre et un flic (splendide Henri Poirier) à l’intelligence formelle. Tout un monde qui embrase l’univers américain du film noir ; genre que votre serviteur Le Shaman aime et affectionne sous toutes les formes ! Le cinéma français avait ce don de savoir nous faire réagir, et même si Jean-Pierre Mocky rend un certain hommage à Henri Decoin, Carol Reed ou encore Jules Dassin (la scène à la gare de marchandise rappelle « Les bas fonds de Frisco »), il nous transporte dans son propre univers machiste et insolent. Quand il se la joue violent, il dépeint aussi bien un tableau brossé à l’huile de mensonges qu’une France "d’en bas" à l’équilibre réactionnaire manichéen. Dans le cas présent, Mocky a tout compris et se place du côté du mal pour redresser le bien (d'où l'impact du romantisme dans ses films noirs). Chose faite dans le magnifique L’Albatros où son personnage d'anti-héro solitaire et individualiste côtoie et dénonce un certain circuit politique corrompu mais audacieux.
Pour finir avec « Solo », j’ai le bonheur de vous annoncer que la petite chansonette de Georges Moustaki figure comme l’une des plus belles partitions musicales de tous les temps. Ecoutez et laissez-vous bercer par ce chant et cette rythmique qui vous trottera dans la tête aussi longtemps que les chansons de Jean Yanne. Et admirez cette fin, sur le quai de la gare de Reims… Vos yeux comprendront ce que la violence veut dire dans le cinéma français. Cut.
( galerie photos )
Et pour toujours en savoir plus :
Musiques de Georges Moustaki
Premier film de l’après mai-68.
"Solo" fut encensé par la critique et la presse. Tourné avant "L’étalon" mais sorti après, pour cause de droits à la censure.
Premier film policier de Jean-Pierre Mocky. Le cinéaste se met en scène aussi pour la première fois dans l'un de ses films. Un retour à l'interprétation qu'il avait abandonné en 1959 pour se consacrer à bien au métier de metteur en scène. Durant les années 70, il n'interprétera des rôles que dans ses propres films, se privilégiant protagoniste. Ses prochaines prestations seront dans « L’Albatros » où il incarne un gangster en fuite, le mythique Un Linceul n’a pas de poche en 1974 ; L’ombre d’une chance et « Le piège à cons » où ce dernier rend une sorte d’hommage à ses deux personnages créés, Stef Tassel et Vincent Cabral.
Visa n°35-534
Tourné en 35mm 1.66
Budget : 650 000 F
Couleurs : Eastmancolor
Affiche : René Ferracci
Début du tournage vers avril 1969 (en extérieur à Paris, Reims, Bruxelles et Anvers)
Sortie dans les cinémas : Marotte-Vivienne ; Le Jean Renoir ; Studio Medicis ; Delambre-Montparnasse
Materiel promo : lire "jeune cinéma" n°45, mars 1970
-LE SHAMAN-
samedi 19 août 2006
IL GELE EN ENFER

Un film de Jean-Pierre Mocky
France – 1990 – 1h30
Scénario de Jean-Pierre Mocky ; André Ruellan
Sortie le 25 avril 1990
Avec : Jean-Pierre Mocky (Tim)
Laura Grandt (Georgia)
Film interdit aux moins de 12 ans
En prison depuis longtemps, Tim, Peter et Gibi cherchent à s'évader. Profitant de leur travail à l'atelier, ils coupent le système de surveillance, tuent le gardien et s'évadent. Gibi, blessé à mort, donne à Tim les documents nécessaires à un hold-up. Deux ans plus tard. Tim et Peter travaillent dans une carrière, mais se séparent parce que Tim veut retarder le hold-up. Plus tard, Tim fait venir une call-girl à l'hôtel. Celle-ci, Georgia, le séduit. Ils restent ensemble trois jours sans sortir de leur chambre. Finalement ils partent pour la ville où aura lieu le casse : ils louent d'abord un bungalow avant de trouver un appartement juste en face de la banque. Pendant que Tim observe tout ce qui se passe, Georgia part avec un homme qu'elle a dragué. Tim la rattrape et accepte sa collaboration pour le casse. Grâce à la brocanteuse Maman-Titi, il achète une caravane pour préparer son coup, mais se fait remarquer en ville par Georgia, qui séduit des hommes. Tim choisit un jour pour le hold-up, mais le plan échoue à cause d'un convoyeur. Entre-temps, il apprend que Georgia est recherchée : elle est l'ancienne maîtresse d'un truand retrouvé mort.

Ce film extrême et vulgaire où le sang gicle, le cul et même la bite de Jean-Pierre Mocky nous sont montrés avec un certain amour, est devenu culte en plus d’être inclassable et carrément barré ! Pas vraiment atteint, plutôt mal fichu niveau réalisation mais avec de l’action, des dialogues qui fusent un peu dans tous les coins, des scènes de cul complètement barges et des tueries irréalistes en tout genre, « Il gèle en enfer » de son adaptation au cinéma (unique roman de l'auteur Eliot Chaze), ne plait guère à la population (il fallait voir la propagande autour de l'affiche). Néammoins, quelques signatures, dont François Cavanna et Professeur Choron de "Hara-Kiri" défendent le film à sa juste valeur esthétique et cinématographique. Jean-Pierre Mocky cherche pourtant encore la provocation et met à nue sa nouvelle égérie Lauren Grandt, sous les traits de Georgia la pute. Il faut admirer ses formes, son sexe mouillé et son interprétation, franchement chiante, à l’opposé de ses fesses bien rondes et de sa peau d'oranger. Au risque d’être une actrice plus théâtrale que son Jules prolifique et iconoclaste, la jeune femme joue de son image de salope de pute sournoise mais belle à bander comme un âne ! Comme ce bon vieux Jean-Pierre qui nous montre en gros plan son intimité dans son plus bel élément. Doublure ? Réalité non simulée ? Je ne sais pas trop, n’empêche que le sexe (comme j’en parle souvent dans les films de Mocky réalisés dans les années 80) prend une dimension intense et perverse avec un dégoût comique du plus bel effet (la scène nudiste sur la plage). Il n’y a pas une scène sans qu’on ne voie le cul, les énormes seins ou le minou de la belle Georgia la pute. Le nom sirupeux et salope à souhaits (excusez-moi…) a au moins le mérite de nous faire languir en attendant des parties de jambes en l’air incommensurables (Mocky aime le cunilingus, indéniablement) ! De son physique, cette actrice est impressionnante et parfaite.

« Il gèle en enfer » est un film policier tout ce qu’il y’a de plus banal. Après une ouverture dans un pénitencier, tentative réussie du côté du film carcéral, où Tim s’évade avec ses copains de cellule (à cette évasion, il faut compter un gardien trucidé par un tournevis), « Il gèle en enfer » convainc moins par la suite, quand Georgia la pute arrive et vient forniquer avec notre Don Juan national ! Du cul et du cul après la sueur et le sang. Consciente qu’il baise comme un étalon, donc comme un dieu pour les moins frigides, le couple se forme et cherche un appartement. Mais Tim a les plans d’un casse dans le Jura et contraint Georgia de le suivre et de se partager le butin une fois le coup réussi. Bien qu’il se fasse entuber au départ de leur relation un peu ambiguë : la pute est attiré par le fric et les choses qui brillent, Tim n’égaille aucun soupçon. Si cette connasse le fait chier, il la descend, ce n’est pas plus dur que cela ! Mais bon, il est amoureux et son entrechat lui plait (tu m'étonne…) Quand il la bastonne à grand coup de poing dans la gueule, elle en redemande. Couverte de sang, à moitié sadomasochiste la petite ! Elle est adorable et quand elle s’accroche sur le coffre de la voiture de sport de son étalon de concubin et que ce dernier ne cherche pas autre chose que de la virer parce qu’il est très colère en la menaçant de l’écrabouiller comme une crêpe, Laura Grandt n’est que plus magnifique dans sa robe rouge ! Elle sait pleurer car elle est amoureuse mais en même temps, elle veut l’argent pour elle toute seule et savoir ce que ça fait que de partouzer avec deux pédés. Quel programme vous allez me dire, car ce film est assez inédit malgré qu’il soit repassé à la télévision l’an dernier. Il reste une découverte.

Non, « Il gèle en enfer » possède tous les codes du film noir américain. Tourné à la tronçonneuse (mise en scène rappelant brièvement la machine à découdre) en décors naturels et en très peu de jours, le film mérite une vision amusé car il offre un vrai plaisir cinéphile à tous les amateurs de genre et d’action mené comme une série b grotesque et succulente. A cela, on peut reconnaître la rapidité folle d’un Mocky en osmose durant un tournage de film d’action : « MOTEUR ! MOTEUR ! BANDE DE CONS ! » Je l’adore ce mec !
Le polar sert comme toile de fond, encore une fois, dans l’œuvre de Jean-Pierre Mocky. Même si la comédie côtoie le romantisme (contradiction aux films noirs des années 70), c’est bien la verve revendicatrice d’un cinéaste en pleine forme qui séduit dans « Il gèle en enfer ». On a beau lyncher le jeune homme de 60 ans parce qu’il montre son cul et qu’il saute des nanas de 20 berges mais son originalité est toujours en valeur, ainsi que sa mise en scène, acharnée et efficace. L’interprétation n’a que peu d’intérêt. En revanche, Mocky aime les débutants et rêve de leur offrir de vraies carrières. Je crois que je vais zapper par contre le pauvre Dick Rivers dans la candide madame Duff franchement pas adapté au cinéma ainsi que Karl Zéro dans « le furet », immonde de médiocrité. A part ces petits défauts de production sur erreur de casting ou par manque d’intérêt aux vrais comédiens qui veulent faire du cinéma, Mocky a toujours chéri ses acteurs ; qu’ils soient des monstres sacrés (Michel Serrault, Michel Galabru, Michaël Lonsdale, Bourvil, Jean-Louis Barrault, Victor Lanoux), des seconds rôles (Francis Blanche, René-Jean Chauffard) ou son « Mocky-Circus », sa galerie de monstres, ses seconds couteaux : Henri Attal, Dominique Zardi, Jean Abeillé, Gérard Hoffmann, Jean-Claude Rémoleux, Jean-Pierre Mocky exploite parfaitement les trois classes d’acteurs visibles dans le cinéma. La dernière mais pas pour autant la plus délaissée et ignorée, gagne en ampleur en endossant des rôles tragiques (Gérard Hoffmann dans Le Piège à cons, redoutable) ou utopiques (Jean Abeillé en commissaire débile dans « Bonsoir »).
Dans « Il gèle en enfer » il manque cependant ces trois classes d’interprétation. Mocky se réserve le premier rôle, adéquat à son sex-appeal auprès des femmes. Laura Grandt, sa nouvelle compagne endosse parfaitement le rôle de la pute (son physique est fait pour d’ailleurs, bien que les putes n’aient pas forcément un physique qui se reconnaisse des autres). C’est aussi son second film sous la direction du cinéaste. Le premier étant cette petite farce poétique pour enfants contre l’hypocrisie des institutions disciplinaires : « Divine Enfant » sorti en 1989. Laura Grandt jouera aux côtés et sous la direction de Jean-Pierre Mocky jusqu’en 1993 dans « le mari de Léon » où elle se suicidera au gaz d’échappement, par manque d’amour de son compagnon marginal et hautain, aussi interprété par Mocky. J’y reviendrais…
Donc, dans « Il gèle en enfer » il n’y a pas vraiment ce découpage de prestations qui rendaient les films de Jean-Pierre Mocky reconnaissables entre tous, uniques. On y voit Jean Abeillé, Alain Fourès et des petits nouveaux qui accompagneront notre ami jusqu’aux frontières des années 2000. En totale évolution, le Mocky-Circus perd peu à peu sa force. Le festival de gueules monumentales (il manque Antoine Mayor) ne fait pas mouche dans ce film et choc par sa prestation affreuse. Pour n’en citer qu’un : le garçon de café qui joue comme un cochon ! On le recroisera d’ailleurs dans Ville à vendre l’année suivante. Cela fait mal aux oreilles tellement sa diction, son accent et son attitude presque mongolienne nous laissent un arrière-goût qui sent les chiottes. Enfin je ne sais pas vous, mais moi… No Comment.
Pour un film mineur, « Il gèle en enfer » possède néanmoins tous les codes du cinéma de Jean-Pierre Mocky, avec un petit plus et une fin très belle malgré qu’elle soit comme toujours bâclée et d’un pessimiste abusif : Georgia tombe dans une crevasse alors qu’elle est enceinte et qu’elle roule sur l’or ! Tim, lui, se fait arrêter. A noter la scène de gun-fight final où Mocky, armé de son fusil à canon scié "explose" littéralement un pauvre flic contre son 4X4 ! Excellent…

Et pour toujours en savoir plus
D’après le roman de Eliot Chaze : « Black Wings has my Angel »
Le film n’est sorti que dans 2 salles. L’affiche de Bernard Bernhard fit scandale à cause des deux anges ; l’un portant jartelles et l’autre, le pénis à l’air, circoncis. Cette dernière fut quand même placardée dans les stations de métro, mais vite retiré à cause de la même censure liée au film.
Le film fut un échec cuisant au box-office (17039 entrées durant 6 semaines) et demeure encore inédit, malgré ses nombreux passages sur le câble. Budget de 8 MF.
Début du tournage : 23 mai 1989 dans la région du Jura
Koala Films
Directeur de la photographie : Raoul Coutard
Musiques de Vladimir Cosma
-LE SHAMAN-
jeudi 29 juin 2006
36 quai des orfevres

Le polar à la française semblait mort et entérré depuis maintenant plus de dix ans et force est d'avouer qu'a priori , le film d'Olivier Marchal ne semblait pas parti pour le réssusciter , en effet Marchal n'étant pas encore un réal confirmé , Depardieu ne semblant plus capable de jouer la comédie on se demande bien en insérant le DVD ( Si l'on a pas vu le film en salle ) ce qui pourra bien faire de ce film un bon polar .
La réponse ne se fait pas attendre , Marchal est un réalisateur consciencieux , qui connait ses classiques sur le bout des doigts , à commencer par Heat dont on ressent l'influence à chaque instant . Ainsi dés l'introduction Marchal se permet de prendre le spectateur au dépourvu et de le laisser sur les rotules au bout de dix minutes de films , et ce grace à une ouverture génialement pensé en terme de spectaculaire et de réalisme confondu , à l'aide d'un montage superbement maitrisé et d'une musique collant parfaitement à l'action , Marchal réussit le tour de force d'aller faire du pied aux américains sans pour autant perdre sa patte , Admirable !!!
Pourtant ce n'est pas la seule qualitée de ce film qui surprend de bout en bout , tout d'abord parce qu'il se pose au sein du systéme français comme l'une des rares tentaives récentes de délivrer un film de genre TOTALEMENT assumé comme tel , RARE !! Ensuite parce qu'il ressuscite Gérard Depardieu qui n'avait pas livré une telle prestaion depuis des lustres , sobre et tout en non dit le gros Gégé nous montre qu'il n'est pas mort et qu'il connait bel et bien son métier , excellente surprise !! Quant à Daniel Auteuil il est égal à lui même , habité par le rôle il est literalement boulversant , et surtout trés crédible en flic qui en a trop vu et trop vécu. Des surprises le film vous en réserve plus d'une , car le savant mélange d'anecdotes vécues ( Marchal était flic ) et de pure imagerie cinématographique ( il est surtout cinéphile ) créent un perpetuel déséquilibre fascinant , car surprenant à chaque instant. Ainsi lorsque le film prend des allures de pur polar c'est pour pouvoir plus tard virer brutalement vers le drame humain le plus boulversant , Olivier marchal est un grand en devenir , son film représente au coté du convoyeur de Boukrief le renouveau du polar français et ça ça fait plaisir !!!
Alors bien sur , Marchal n'est pas encore Michael Mann et son film aurait gagné par momen à se libérere et à se décomplexer de l'influence des grands du genre , mais 36 Quai des orfévres est un film fait avec les tripes , avec le coeur et avec sincéritée , c'est un fait assez rare pour que nous puissions lui pardonner ses menus défauts ....Moi en tout cas j'adére totalement et je cours me le remater de suite !!!
Coté DVD on adroit à une image de tout Beautée et à un son 5,1 de bonne facture si l'on choisit la piste dolby digital , mais pour peu que vous ayez un décodeur DTS alors messieurs dames accrochez vous , car la piste DTS de 36 risque de vous décoller les timpans , de péter toutes les vitres de votre salon et de provoquer une crise cardiaque à mami.
Si vous avez opté pour l'édition collector , alors bravo , car les bonus sont tout bonnement excellent , du making of de 73 minutes au promos réelles il n'y a rien à jeter. un collector digne de ce nom donc , mais en édition limitée , alors grouillez vous les gars , y en aura pas pour tout le monde !!!
- kitano jackson-
































































