ARTCANCRE:Le cinoche des cancres

on va causer un peu langage

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jeudi 1 mai 2008

the dardjeeling limited

affiche

Un film de Wes Anderson

Avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman, Amara Karan,
Camilla Rutherford, Wally Wolodarsky, Waris Ahluwalia, Barbet
Schroeder, Bill Murray, Anjelica Huston, Natalie Portman


Durée : 1h31

Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père
décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde
afin de renouer les liens d'autrefois.
Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite
dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec
onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de
comptes à régler avec la vie...
Dans ce pays magique dont ils ignorent tout.

___________

Wes Anderson aime la vie et ses contrastes.
Et pour aimer The Darjeeling Limited", il faut être un peu comme ça
aussi, aimer la vie, aimer l'humain,
accepter la notion de lâcher-prise, si tel n'est pas le cas vous
risquez de rater le train et rester sur le quai,
à l'instar de Bill Murray, anonyme à costume qui, pourtant, joue le
rôle de passeur,
entre "La Vie Aquatique" et le nouveau Wes Anderson, il nous remet les
clés d'une maison,
qui, si elle est décorée par de nouveaux papiers-peints, de nouveaux
habitants et de nouveaux bibelots,
possède toujours un certain nombre de souvenirs, d'humanités, incrustés
d'émouvante manière dans ses murs.
En effet, les thèmes chers à Wes Anderson reviennent : les relations
interrompues, l'incompréhension et le temps qui passe,
la reconquête de l'autre à travers des phases initiatiques, les
errances pour mieux se retrouver.
Cette petite musique intime un peu cachée derrière un humour tantôt
corrosif et souvent loufoque,
sort du bois petit à petit si on le mérite, si on accepte de se laisser
prendre par la main sans résister.

3_fr_res

Tout d'abord il y a le petit cadeau qui plante l'ambiance et rend un
premier hommage au Cinéma,
Wes Anderson nous gratifie en effet d'un court-métrage "Hôtel
Chevalier", dans lequel on retrouve
tout ce qui va nous ravir par la suite : élégance, sensualité, ironie
et sens de l'absurde,
mais aussi et surtout, tendresse pour les personnages.
C'est une belle idée que de placer un court directement et physiquement
lié par la pellicule
au long-métrage, un moyen fin et terroriste à la fois de redonner au
spectateur la magie qu'il avait
bien des années en arrière et que les distributeurs nous ont volé : la
mise en bouche magique avant le grand film.
Subtilité supplémentaire et jouissive, Wes Anderson choisit de nous
raconter une brève tranche de vie
d'un des trois personnages principaux de "The Darjeeling Limited",
Jack, impérial et absurde dans son peignoir,
tapi immobile dans sa suite d'un palace parisien. On fait sa
connaissance, Il fuit l'amour mais l'amour le retrouve
en la personne de Natalie Portman, irrésistible et franchement sexy,
toute de bleus vêtue dans sa -belle- nudité.

Wes Anderson a sans doute fait connaissance depuis longtemps avec cette
notion fondamentale du lâcher-prise
vers laquelle bien des tournants de la vie nous amènent petit à petit.
Accepter de ne pas tout maîtriser est l'une des conditions, pour ne pas
dire une des qualités requise
pour faire de ce voyage sensuel, mélancolique, un moment inoubliable
que vous aurez envie de revivre
dès la sortie de la salle.

darjeeling_limited_6

Trois frères : Francis (Owen WIlson) visage façon puzzle et
autoritaire), Jack (Jason Schwartzman)
écrivain lunaire et flottant, toujours en peignoir même lorsqu'il ne
l'est pas et Peter
(Adrian Brody, plus charmant et élégant que lui tu meures)
entreprennent un voyage en train
pour renouer leurs liens distendus. Au bout du voyage, une mère devenue
bonne sœur,
enfuie au moment de la mort de leur père, qui sera l'argument, le
prétexte et au final la confirmation philosophique
des protagonistes.
La quête de la mère, but dévoilé en cours de voyage par un Francis à
l'organisation sévère et maladive,
se révélera le déclencheur d'événements petits ou grands mais toujours
humains, d'instants loufoques ou douloureux.
Le mélange improbable des bagages luxueux de Jack, de l'imprimante et
de la machine à plastifier,
vrais relents de la modernité et de la civilisation consumériste, va
petit à petit s'effacer pour laisser la place
à un autre monde, plus ancré dans la terre et l'héritage, plus en prise
avec les échanges humains.
Les trois frères vont se découvrir, s'apprivoiser et peu à peu se faire
confiance, par étapes ponctuées de rencontres
tantôt poignantes, tantôt sensuelles, et pour finir les bagages de luxe
resteront à leur tour à quai :
les frères ont retrouvé leur humanité.

Les films qui restent en vous de manière aussi durable ne sont pas
nombreux, et ce qui fait que The Darjeeling Limited
en fait partie, c'est certainement cela, cette humanité et cette
affection débordante qu'Anderson
a pour ses personnages, tout en nuances, en suggestions, sans aucun
jugement ni parti-pris sur les paroles,
actes ou contradictions des trois frères. Francis, Peter et Jack sont
bourrées jusqu'à la moëlle de ces contradictions
qui font l'essence même de l'espèce humaine, son caractère précieux et
imprévisible. Les trois frères sont humains,
fragiles, et la palette d'émotions que nous allons vivre avec eux sont
juste le reflet de nous-mêmes.
Ne pas accepter leurs évolutions, c'est se mettre soi-même sur la
touche, s'estimer plus cohérent et plus mécanique
qu'eux au niveau humain.

Il y a une vraie tendresse d'Anderson pour ses personnages.
Qu'il les filme de très près ou de plus loin, il les filme toujours
avec justesse, avec une vraie distance
et une absence de pathos. Il se contente d'observer, parfois non sans
sophistication, mais à aucun moment
il ne porte un jugement sur les actes et les décisions de ses
protagonistes. Il les accompagne, tout simplement.
Ce qui frappe tout au long du film, à l'instar de ce train bordélique,
coloré, parfumé, sensuel, pauvre et magnifique,
c'est ce mélange improbable de manières imbriquées d'aborder
techniquement le film, les situations et les Hommes,
mais qui forme au bout du compte une entité parfaitement cohérente,
empreinte d'un vrai raffinement,
d'une petite musique très attachante. Car au premier abord, The
Darjeeling Limited est un drôle d'objet filmé,
terre de tous les contrastes, qui dans la forme ne se refuse rien.
Plans parfaitement géométriques, sublimés par des acteurs au jeu
entièrement statique
et intériorisé, plans de brics et de brocs saccadés ou zooms brusques,
hommages fulgurants aux films indiens de série
ou même aux comédies françaises des 70's, tout cela confère souvent au
film des allures de peinture absurde,
colorée, à la fois immobile et tout en mouvements gracieux.
De mouvement les personnages n'ont pas vraiment besoin, l'absence de
gestuelle par moments presque provocante,
qui accompagne cette géométrie parfaite des constructions de plans, des
travellings, est un bel écrin à leur intimité.
Souvent tout passe par le regard, un miroir de l'âme bigarrée, perdue,
enfouie de nos trois compères.
À ce titre la scène-clé du film, au cours de laquelle la mère,
impérialement jouée par Anjelica Huston,
fait comprendre à ses enfants qu'il est temps de dépasser les mots,
pour se laisser emporter par les émotions,
les regards, le corps et ses expressions est terriblement forte, au
plus près de l'humain.

Pourant le périple de Francis, Jack et Peter est une source permanente
d'éveil pour le spectateur car Wes Anderson
a également le goût du détail, du décor qui fourmille de petits objets
qu'on devine avoir traversé la vie et les décors
en ayant circulé de mains en mains, de propriétaires en propriétaires.
Le film a cet égard regorge d'histoires suggérées
plus que narrées. De nos héros fragiles, on ne saura en définitive pas
grand chose, on ne fait que deviner leur histoire
par recoupements, on passe d'allusions en allusions et ça n'est pas
plus mal, on prend le train en route
et on se laisse emporter comme dans la vie, lorsque l'on rencontre
quelqu'un l'espace d'un voyage,
on ne connaîtra que ce qu'il voudra bien vous apprendre, ni plus ni
moins, et dans la réciproque,
et c'est ce qui pourra faire la richesse de l'échange.
Wes Anderson prend ce postulat avec recul, ironie, un humour racé qui
laisse souvent la place à une vraie émotion.
Toute la partie liée à l'enfant disparu, l'enterrement immaculé et son
parallèle avec l'enterrement du père,
fait remonter beaucoup de mélancolie et le film se révèle et se
confirme comme un beau film humaniste,
traversé de plus par des fulgurances musicales souvent inattendues et
pourtant toujours évidentes à vivre,
des Stones à Joe Dassin, on ne s'étonne de rien et on redécouvre tout,
preuve supplémentaire de la réussite totale du film, abouti en tous
points.

"The Darjeeling Limited" c'est un voyage authentique, inattendu,
contrasté et riche en émotions fortes,
dont on ressort humainement apaisé et chargé de l'envie folle d'aimer,
de vivre, de ne retenir que l'essentiel
de notre court passage sur la Terre. Vous aussi, laissez tomber tous
vos repères habituels,
laissez vos lourdes valises sur le quai de la gare et embarquez sans
plus tarder pour le Darjeeling Limited.
Si à un moment, le train se perd, ce sera très probablement le moment
pour vous retrouver vous-même,
une plume de paon à la main et le regard vers le lointain.

-P_ko-

valises

Posté par cinecancre à 10:00 - INCLASSABLES - Commentaires [2] - Permalien [#]

jeudi 29 mars 2007

PUNK ROCK HOLOCAUST

Une comedie Musicale gore réalisée par Doug Sakmann avec entre autres:

Tsunami bomb, andrew WK , horropops , the used , the phenomenauts , simple plan et pleins d'autres groupes qui vont s'amuser a mourir sous vos yeux!!!

Lors d'un gigantesque festival punk rock alternatif aux etats unis , un mysterieux et cruel tueur seme la mort parmi les spectateurs et decime un par un les memebres des differenst groupes.

Doug Sakmann est issu de l'ecole troma , pas etonnant alors de le retrouver a la tête de ce punk rock holocaust monument de zederie portnawakesque hyper mal branlée mais ultra fun et déviante.
En effet Sakmann a eu une idée de génie en trounant ce trip gore et con au sein du veritable warped tour (grace a l'aimable autorisation de son organisateur) , le resultat si il est loin d'être interessant d'un point de vue cinema (Sakmann la mise en scene il sait pas ce que c'est et en plus il a deux francs pour faire son film) est un grand moment de poilade et de fun.

prh

Preparez vous a vous marrer donc sur un son punk qui démenage , car punk rock holocaust est un plaisir coupable comme on aimerait en avoir plus souvent , tous vos groupes favoris s'eclatent comme des bêtes sur scene lors de concerts hallucinants mais également devant la camera lorsque vient leur tour de mourir de la maniere la plus gore qui soit , en oubliant pas bien sur de se poiler comme des cons lorsqu'ils jouent la comedie (car que les choses soient clairs tous les "acteurs" de ce film sont systematriquement petés de rire lorsque la camera se pose sur eux , et ce y compris lorsqu'ils sont censés être morts, car chez Sakmann une seule prise suffit ).
En gros on a droit a plus de 150 vixtimes en 1 heure 30 de film et a des prestations bien débiles de Lloyd Kauffman ( ha ha ha je vous jure c'est incroyable "I am gonna pee on your soul") entrecoupée de concerts de differents groupes aux qualitées variables, bien sur le concept est limité , bien sur ce defaut saute bien vite aux yeux et on sent bien vite que Sakmann et sa bande tournent en rond au bout d'une demi heure de film, mais qu'importe l'ambiance fiesta déjanté melée a ce bon gros délire de pote l'emporte , la joie et l'amusement des uns et des autres est communicative et on se marre tout en ayant l'impression de faire la fiesta avec une bande de tarés qui s'amuse a se déguiser en tueur (au look bien pourri en plus) et a se barbouiller de ketchup histoire de faire marrer les autres.... MORTEL.
Et si un groupe de l'espace qui tire sur tout ce qui bouge avec un basooka intergalactique, une horde de tueurs sadiques qui foutent de la graisse animale dans des repas vegetaliens , et un organisateur qui refuse de croire a l'hypothese d'un meurtre alors que le public se fait démebrer devant ses yeux ne suffisent pas a vous faire pisser de rire c'est que vous êtes définitivement sans espoir messieurs dames!!

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Bien sur j'entends deja les culs serrés lecteurs de premiere et télémescouilles s'écrier d'une voix faiblarde: " oui mais ce n'est pas du cinema c'est nul et en plus c'est con... " .... bin oui les gars , pas besoin d'avoir inventé l'eau chaude pour s'en rendre compte mais l'interet se situe exactement dans ce que vous prenez pour de l'anti cinema , a savoir du fun de la biere et des conneries , du gore qui tâche , des acteurs bidons qui se marre comme des otaries bourrées a la biere ( ce qu'ils sont bien sur probablement ) une real toute pourrie qui semble avoir été pensé comme un épisode de Benny Hill.... MAIS putain les amis c'est drole et ça fait du bien par ou que ça passe , comme une fête entre pote , a force ça finit par faire mal a la tête mais on en garde un souvenir memorable dans la mémoire des muscles abdominaux..... UN GRAND MOMENT de portnawak donc que je conseille fortement a tous ceux d'entre vous qui n'ont pas honte de se marrer devant un mec qui se baggarre en slip avec un tueur débilos.... c'est a  dire finalement un film que je conseille a tous ceux qui lisent ce blog.

On en profite d'ailleurs pour envoyer admiration et soutien au petit editeur LE CHAT QUI FUME , continuez le bon boulot les gars!!! ( et vous fideles lecteurs achetez leur DVD c'est un acte de resistance c'est donc forcément bien!!! )

DVD dispo ici : LE CHAT QUI FUME

-kitano jackson-

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UN CHOUETTE DIAPORAMA AVEC UNE TITE ZIK DU FILM ICI

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Posté par cinecancre à 12:33 - INCLASSABLES - Commentaires [8] - Permalien [#]

samedi 24 mars 2007

FEAR AND LOATHING IN LAS VEGAS

fearandloathing

Un film de Terry Gilliam
avec Johnny Depp
Benicio Del Toro
Christinna Ricci
Tobey Maguire

Durée : 1H58
Année de production : 1998


" Soyons désinvoltes...."

Roman culte de Hunter.S.Thompson, inventeur du "gonzo-reporting" à savoir une approche du reportage résolument novatrice ,de façon à faire partie prenante de l'évenement ( sinon quoi ?... vous pouvez toujours dire que vous etes aristocrate si vous ne voulez pas
avouer que vous etes naturellement inhibé ), c-a-d relaté presque en temps réel surtout/grâce/mêlé à certaines drogues ( un peu toutes même ) ainsi on voit mieux le rêve américain; roman qui participa initialement sous forme de chronique aux beaux jours de la revue "Rolling Stones ",ET immortalisé par les illustrations de Ralph Steadman ( les carcasses dans le desert sur l'affiche, ou encore le T-shirt de l'auto-stoppeur ) ,catégorisé comme inadaptable et pourtant,allant de soi quand on le perçoit dans la filmographie de quelqu'un comme Terry Gilliam.

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Celui -ci,pilier fondateur des Monty Python ( dont on parle bien peu à Artcancre somme toute ),le monsieur a     commis bien pire et très souvent avec ses acolytes du Flying Circus, et une fois seul, imposa sa marque sur tout le cinéma avec " Brazil ", gigantesque de poésie et de burlesque mélangés , parodiant les "1984"et autres "Meilleur des mondes".
On ne pouvait rêver meilleure alchimie ,( dans la lignée du " Naked lunch " de David Cronenberg, sublime adaptation du roman de William Burroughs, ou encore, ceux qui comme moi attendent toujours le "Sur la route " de Françis Coppola d'après Jack Kerouac.)
"Las Vegas Parano " en français est un film dont on ne se lasse pas, mon seul regret étant de ne l'avoir pas visionné avec toute l'équipe en mangeant des chips; Johnny Depp y est détonnant, surprennant tout le monde à l'époque là ou on ne l'attendait vraiment pas, et Benicio Del Toro pas moins.

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Le film ne joue pas sur la surenchère des effets, à la façon d'Oliver Stone sur "Natural Born Killers " ( ou "B00004VYBK Nixon " encore que, il n'y a rien d'injustifié dans tout ça ),  pourtant une tapisserie prend vie sous nos yeux, une assemblée entière dans un bar de Vegas nous apparait soudain comme étant une tribu de dinosaures,  rivalisant presque d'humour avec les classiques - toujours imités jamais égalés- Eschyle ou Sophocle (- je ne sais plus bien- et la fameuse interrogation d'Oreste: " c'est pour qui les serpents ?!...")  , et puis quoi...ah oui mon avocat s'avère être le diable en personne (aaa...suis-je sur la mauvaise pente ?), car il s'agit bien de faire passer un message : les Etats-Unis pays sans Histoire se créant les mythes qu'il peut,  tous passés au crible très vite: une fête foraine délirante, pays d'Oz grinçant ou un iroquois pas trop réveillé sert de cible aux lancers de couteau pour gagner quoi...le plaisir du geste;ou malgré tout il y a toujours quelqu'un pour vous tendre la perche ( le gardien de parking qui se transforme à volonté en automate); l'Amérique se créant l'art qu'il peut avec le personnage de Christina Ricci , en  petite fille prodige de bonne famille broyée par la machine pour en finir avec le mythe de la Factory de Warhol,de mêmef quand chaque chambre d'hotel sinistrée par les deux compères se rapprochent à chaques fois un peu plus de la modernité... et les conférences préventives à propos de la drogue tournent à chaques fois à la franche rigolade,feraient passer l'affaire Serpico pour un canular ,et,pour finir un flic demande même un bisou pour la route.B00004VYBK

Je ne suis pas sur que le film suffise à faire savoir quel genre de type était Hunter Thompson,  décédé quelques années après la sortie du film, dont la carrière littéraire n'a pas forcément périclitée, ( personnellement je regrette de n'avoir pu terminer le bouquin, ce que j'en ai lu m'a semblé vraiment grandiose ) on peut s'en faire une petite idée peut-etre à voir comment il se sépare de son avocat, il ne crieB00004VYBK pas victoire pour rien, en tout cas pas parce qu'il se casse ailleurs, il ne remercie pas non plus Timothy Leary  ( le pape de la philosophie LSD ) et pense bel et bien à ceux qui sont restés perchés pour de bon alors qu'ils voulaient peut-etre "juste triper un bon coup ", et (encore peut-etre ) en va-t-il de mème pour Terry Gilliam, le probleme de la drogue est bien de ne pas tomber dedans, la prise de quoi que ce soit n'étant jamais sans conséquences.


30824_vign images_2images_5images

images_3J'apprends d'ailleurs que le philosophe Jean Baudrillard nous a quitté à l'âge de 77 ans, il a notamment écrit
un court-texte justement intitulé "L'amérique",petit maillon d'une oeuvre immense, il critiqua toute sa vie les abérrations du système de consommation.

Vous pouvez continuer à payer des impôts.

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- Zaratoustra

Posté par cinecancre à 12:16 - INCLASSABLES - Commentaires [22] - Permalien [#]

samedi 3 février 2007

PI

PI

Ecrit et réalisé en 1998 par Darren Arronofsky

Avec Sean Gullette , Mark Margolis, Ben Shenkman , Pamela Hart , Stephen Pearlman , Samia Shoaib , Ajay Naidu

Aspirants réalisateurs, scénaristes, ecrivains, avouez-le vous avez  tous pleuré de rage et de frustration au visionnage de "Pi " , premier  film de Darren Aronofsky, intronisé direct à cause de ça réalisateur  le plus doué de sa génération, etiquette qui ne cesse de se vérifier,  quand on voit "Requiem for a dream " qualifié lui de film ultime ( par  moi ), et "The fountain " de film ambitieux (pas encore vu, PAR  CONTRE, en tout cas, l'adaptation B.D par Kent Williams est un soleil,  une leçon sauvage en couleur directe , un immense cadeau  de la part  des auteurs envers leur public en terme de respect , de confiance et  de chaleureuse gratitude ).

Qualifié également de réalisateur surdoué, c'est parce que dès son  premier film, le cinéaste ne laisse rien au hasard ;au visionnage du  film on peut se dire ceci, (quand on est un peu sensible comme moi on  se le dit toutes les deux minutes :) tout a été pensé, maitrisé, le  film forme un tout ulta-cohérent ou tout se répond, non pas par une  démonstration de complexité, mais dans son agencement,dans tout son  repertoire visuel et sonore ( ça donne quelque chose -en gros- comme :  aaaaaaaaaaaaah- c'est-à-dire un rale permanent et continu à durée  alléatoire mais recurrent, répétitif, reflet d'une diminution de la  taille de l'ego du spectateur et de sa place dans l'univers, argumenté  - quand c'est possible par des arguments à valeurs relatives, tous  plus ou moins centrées sur le meme axe : il l'a fait.....aaaaaah.....  et pis ça aussi ..... de l'exterieur on peut observer une espèce de  repli sur soi qui evoque...); preuve du souçis de perfectionnisme  flagrant, et de maitrise, du petit gars ( et de son entourage :)
dès l'envoi du générique ou le son s'harmonise à ravir avec le  défilement des images,ou s'enchainent chiffres répétés à l'infini,  utilisés comme motifs avec d'autres motifs : scientifiques, courbes,  schémas,on comprend d'emblée que nous sommes non pas dans la matrice (  encore que... ) mais pas loin, à ses portes, nous sommes dans la  synthèse, nous sommes dans la prise de conscience ,celle de LA  révélation :
deux heures moins le quart avant eureka (pour les matheux ),avant  alleluiah (pour les croyants ), et meme avant "prends ça salope " pour  les gros fils de putes ( merci là c'est moi qui me sens mieux, j'ai  oublié personne.)

Formellement, le parti-pris de l'auteur est de raconter son histoire  en noir-et -blanc, langage qu'il décline au fur et à mesure de son  récit,à l'image des réactions ou de la démarche de son personnage,  :  Max est un personnage qui vit reclus, tout omnubilé par ses recherches  scientifiques, l'archétype du génie inadapté au monde , du moins ce  que l'on pourrait croire au premier abord : le spécialiste qui  n'excelle que dans son domaine de prédilection,( ce qui le justifie,  ce qui fait qu'il vous regarde de cette façon si hautaine dans la cage  d'escalier ).Le noir et blanc traduit le regard manichéen du  personnage sur le monde et l'image devient le champ de bataille des  oppositions entre l'une et l'autre force, quand l'une bave ou empiète  sur l'autre ,selon le principe du yin et du yang , la quantité de bien  dans le mal, de mal dans le bien....
Ainsi pour les contrastes surexposés de l'image, si le personnage  est  dans le vrai alors c'est l'harmonie et l'equilibre, par exemple quand  Max sort dehors au début du film et reformule pour nous sa théorie,il  jette un regard neuf sur l'exterieur,  ( régulièrement dans le film  ,ces sorties sont un moyen pour lui de redecouvrir le monde ) et les  mouvements de caméra traduisent pour nous l'etat de receptivité du  personnage : des balayages  qui evoquent plutot la candeur, le lacher  prise , cad une façon innocente d'etre au monde; et lorsque son point  de vue change, sa volonté de maitrise lui fait justement refuser les  lois de la nature, les données qu'il perçoit de l'exterieur et  la  sacrifier meme au profit de sa démarche, de son point de vue ou de  tout simplement ce qui démontre qu'il n'est pas parfait, qu'il est  dans le faux ( the element of crime ), là ce sont des balayages  dédaigneux comme un revers de main sur une hérésie ( on notera la  reprise d'un theme cher à Aronofsky, celui de la tyrannie trop sure  d'elle -meme,qui fait les injustices et les atrocités au nom de sa ...  raison, dans  " The fountain " avec la métaphore du cancer et de  l'Inquisition ) et ce sont des balayages de vertige et de fuite ,quand  ,cette réalité  qu'il refuse ,ne se laisse pas faire , et lui envoie  des signes qu'il ne peut plus ignorer, le renvoyant à lui-meme en tant  que faible ou en tant que fou dangeureux (: surexpositions, textures  accentuées...quand il est dans l'excès .)

Sur ce point on peut voir une lointaine citation de "L'echelle de  Jacob " d'Adrian Lyne, qui soulève en réalité une thématique à peu  près similaire :
l'incapacité pour les personnages à choisir entre le bien et le mal, à  interpréter les signes - ou disons un sentiment de toute puissance qui  consiste à ne garder que ce qui les arrange, les conforte, et refuser  ce qui dénature l'image qu'ils ont d'eux-memes,toute puissance  illusoire quand le cauchemar fait irruption dans le réel et les remet  à leur juste place , Jacob est lui, en train de mourir et doit choisir  pour le salut de son ame,l'Enfer ou bien le paradis;
Max,lui ,doit apprendre à vivre autrement,en ne négligeant pas les  cadeaux dont la vie le gratifie que ce soit son don pour les  mathématiques,ou encore les alliés ( ses voisins, sa voisine ) ou les  enemmis qu'elle dispose sur sa route.

Il nous apparait tout d'abord comme un personnage imbus de lui-meme,  un tyran en puissance qui cultive sa singularité parce qu'elle le  justifie, ( et l'arrange bien quand il n'arrive pas à faire face )seule  moyen d'arriver à la jouissance, par la domination et le  controle,pouvoir que lui confère sa machine,pour enfin etre le génie,  celui QUI a trouvé la formule, celui qui révèle au monde; c' est aussi  un enfant qui cherche à discerner le bien du mal ,et qui ne sait pas  toujours comment faire pour s'en protéger, ainsi son mentor ne lui  prodigue-t-il pas toujours de bon conseil, et les gens venus l'aider  ne sont pas tous forcément parés de bonnes intentions.
Il se rend aussi compte que sa quete dépasse rapidement ses propres  interets : qu'il est plus un savant en quete d'illumination, de la  sensation que procure la réussite mais que l'enjeu est plus important,  ce à quoi il est confronté est une quete d'une bien plus haute  importance, le code mathématique contenu dans la Torah renoue avec le  vieux mythe de Babel, l'existence d'un autre langage - en réalité fait  de tous les langages, chiffres et lettres- qui réunirait à nouveau  tous les etres sur cette Terre, c'est la quete de l'Unité,et qu'il ne  peut pas prendre ceci à la légère, comme il fait avec le reste, pire  encore, comme dit l'adage " le voyage est la destination ", la fin ne  justifie pas les moyens et le résultat ne sera qu'à la hauteur des  moyens qu'il se donne.
Max fait ici figure d'enfant terrible, de par l'anecdote qu'il nous  livre de lui-meme  :" enfant ma mère m'avait interdit de fixer le  soleil " , seul moyen pour lui, qu'il lui reste dirait-on presque, de  faire la part des choses autour de lui : transgresser, mettre le  soleil et son pouvoir à l'epreuve, de meme pour les détenteurs de  vérité,quand à son don, cette  bosse qui fait sa singularité et qui se  révèle une tumeur, la marque de son orgueil, c'est quelque chose qu'il  doit sacrifier,revenir de son pied d'estale  en vertu de quoi, il ne  sera plus un phénomène de foire qui fait des prodiges sur commande,  mais juste un individu qui commence à vivre sa vie.

-Zaratoustra-

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samedi 23 décembre 2006

ET LES LACHES S'AGENOUILLENT (COWARDS BEND THE KNEE)

affiche_guy_maddin

Un film autobiographique ecrit et réalisé par Guy Maddin en 2003

Avec Darchy Fehr, Melissa Dionisio, Amy stewart, Tara Birthwisthle, Louis Nevin, Mike Bell, David Stuart Evan.

Une autobiographie, légèrement romancée, de Guy Maddin.
Guy Maddin, demi des Maroons, l'equipe de hockey-sur-glace de  Winnipeg, est en   proie à des forces qu'il ne peut controler, des  forces qui n'ont de cesse de l'empecher d'etre un bon fils et un bon  mari.Tout basculera lorsqu'il rencontrera
Meta, jeune fille dont il tombe instantanément amoureux et dont  l'unique obsession est de se venger de sa mère qui a assassiné son  père adoré. C'est avec la complicité du médecin de l'equipe des  Maroons qui doit greffer à Guy les mains précieusement préservées de  son père, qu'elle espère assouvir cette vengeance.

Livré avec deux courts-métrages somptueux par ED Distribution, le  dernier film de Guy Maddin nous en dévoile un peu plus sur l'etre et  le néant, ça a été tourné à la meme époque diront les persifleurs je  les entends déjà.
Quelques mots sur les courts-métrages tout d'abord, "Sissi boys slap  party" commence comme "Notre homme à la Havane", le cinéma de Maddin  étant ainsi fait, c'est une fenetre sur un autre monde, les marges de  l'histoire avec ses airs de films d'archives, et le monsieur en  remontre au post-moderne surestimé,on pense à "Querelle" de Fassbinder- à cause des matelots- ou sous le pretexte vertigineux de  devoir aller chercher des capotes papy maton laisse ses mignons livrés  à eux-mêmes et donc tout bascule en une partie de tete à claque  générale filmée comme un concert de percussions, en pense à "Fight  club " sans la révolte- je sais pas pourquoi je dis ça ,ça va passer-  ;le second "Sombra dolorosa", pour tous les mécréants de mon espèce  qui attendent une adaptation du "Cent ans de solitude" de  Garcia-Marquez et de son réalisme magique à l'écran,ou encore une  adaption de " love and rockets "(comic-book des frères Hernandez ) ben  on peut aller s'enrhumer, une fois encore Maddin élimine son sujet  avec une virtuosité etourdissante dans le registre de l'esthétisme des  muralistes mexicains cette fois-ci avec ses sombreros, ses catcheurs  masqués, ses madones,tous les ingrédients d'un superbe western  surréaliste, seulement voilà , avec Maddin, on s'attarde pas, on  sacralise encore moins, preuve en est- et sur ces mots votre serviteur  en tombe la perruque- Maddin est un plasticien hors-pair, de la trempe  des Frères QUAY et de leur "Institut BENJAMENTA",le court-métrage  consacré aux tableaux et à l'univers d'Odilon Redon, est , je ne le  cache pas, le plus beau film qu'il m'aie été donné de voir, là pour le  confirmer, et si il y a des enurgumènes comme moi qui fantasment à  l'idée d'un "Dracula" ou d'un "Nosferatu" par Maddin, misant et bavant  déjà un petit peu -oui oui- sur un film aux sommets de  l'expressionnisme genre "le cabinet du docteur Caligari", là encore le  monsieur prend tout le monde à contre pied en abordant l'histoire ,  le récit sous l'angle de la chorégraphie filmée - peu de réalisateurs  se risquent à ce parti-pris narratif, d'une part à cause de la  génération traumatisée par "Mary Poppins"de l'autre par ceux qui n'en  ont rien à foutre de la danse contemporaine , à part bien sur dans les  ralentis des scènes d'action des films avec des flingues (me faites pas  dire ce que j'ai pas dit non plus-) MAIS constituant ainsi toujours un  peu plus son propre vocabulaire qui fait sa marque de fabrique, de  plus en plus marqué, raffinné d'oeuvre en oeuvre, sur "Et les laches  s'agenouillent..." encore d'avantage: comme sur la toile d'un peintre  virtuose ou aucune ligne n'est inutile ou de trop, Maddin taille au  couteau par le biais d'un montage littéralement survolté qui pourrait  tout aussi bien vous lacher en route (- si j'étais chroniqueur chez  "Rolling Stones" je dirais un truc du genre " Energising! Un Tod  Browning sous amphètes !"-) [or et pour que cela soit entendu pour se  faire une idée du cinéma de Maddin il vaudrait mieux regarder du coté  de "Eyes wide shut ", dans les scènes ou Cruise spécule sur les ébats  adultères de Nicole - un aspect de flash back permanent] - en  utilisant les codes du fil muet des panneaux avec les textes et, en  bannissant presque tout à fait les dialogues,qui sont alors compensés  donc par cette narration à deux milles à l'heure qui serait comme la  matérialisation des pulsions des personnages, de leur nature  instinctive; ce qui fait d'ailleurs qu'on peut ne jamais tout à fait  rigoler en regardant l'univers d'un des films de Maddin: les  personnages ne s'empechent pas, ils ne changent pas par amour pour  quelqu'un ou pour une idée, ils finissent par faire le bien, à enfin  trouver leur voie ou encore faire ce qu'ils ont à faire FAUTE DE  MIEUX

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Les héros ne cessent d'etre soumis à la tentation, et  s'éloignent sans arret de leur voie, ils n'ont que peu d'obstacles si  ce n'est eux-memes :
Guy quitte sa femme instantanément dès qu'il voit Méta, alors que  celle-ci est en train d'accoucher,une fois détenteur des mains du  défunt père de celle-ci il hésite à tuer la mère et son amant et se  retrouve donc employé au salon de coiffure de celle-ci.
Ce qui peut destabiliser de fait chez Maddin c'est qu'on peut etre  effectivement toujours à se demander ce qu'on est en train de voir,  reprendre les stéréotypes du film muet des années 20 ne veut  absolument pas dire faire de l'humour, ce cachet destabilise un peu car  Maddin traite de situations limites d'un point de vue tout à fait  réaliste, et de bout en bout, dans les conséquences limites qui vont  avec, depuis "Careful" quand les personnages ne meurent pas ils  restent mutilés, leur faute marquée dans leur chair comme on dit, et  sauf quelques exceptions ils meurent juste après car c'est un peu  difficile à supporter, c'est le cas encore pour "Et les laches  s'agenouillent...", Meta ne survivra pas et Guy restera amputé des  deux mains pour de bon, soit que l'adversité était trop forte, soit  qu'ils n'ont pas trouvé la force quand ils ne se trompent pas en  croyant bien faire.

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Nous avons affaire à un cinéaste en maitrise totale de son média, avec  les contraintes qu'il s'est donné et qui constitue son langage et son  univers de films en films, cette fois c'est l'aspect chorégraphique  perçu dans "Dracula " qui se retraduit dans le montage ,les scènes de  hockey sur glace sont une première amorce et nous oblige nous-meme à  ne rien laisser passer, et tout continue ainsi comme si nous étions en  plein milieu d'un essaim à l'intérieur d'une ruche, avec tout ce que  ça implique en autarcie -aussi, on a pas une seule seconde de grands  espaces. Malgré tous les adjectifs ou les références que j'ai pu  employer, Maddin n'en reste pas moins un ascète et exclue toute  surenchère, il raconte une histoire et tout ce qui ne soutient pas son  propos n'a pas lieu d'etre - je parlais de l'esthétisme dans "Sombra  Dolorosa", des éclairages, des décors, on les voit en fait trente  secondes :Dolorès souffre, elle va se jeter dans l'eau, plouf ça y est  c'est ça qui est important - ici on a tous les ingrédients du polar  style années 50 mais on ne verra pas de néons qui se prolongent dans  la nuit.
La question est toujours avec Maddin : " QU'EST-CE QUI VA SUIVRE  ?",déçu -ou non sur "Dracula" on se demande à quoi va-t-il s'attaquer,  on aimerait bien  une adaptation du "Golem " de Gustave Meyrink de  deux heures et demie ,en même temps on sait bien qu'on reve un peu en  disant ça - avec 7 films d'une excellence toujours maintenue, en  a-t-il terminé avec sa période underground comme David Cronenberg et  va-t-il se révéler au grand public, ou bien continuer son parcours  sans se préoccuper de la reconaissance qui viendra d'elle-même?

-Zaratoustra-

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mercredi 6 décembre 2006

THE SADDEST MUSIC IN THE WORLD

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Réalisé par Guy Maddin en 2003

Ecrit par Guy Maddin et Kazuo Ishiguro

Avec:

Marc Mckinney, Isabella Rosselini , Maria De Meideros, David Fox, Ross Mc Millian

"bonjour à tous les cancres,
bravo et merci à toute l'équipe pour avoir mis en place cet espace  pour tous les cancres afin qu'ils le soient toujours un peu plus,en  cela ma démarche ne diffère absolument pas des autres, je compte  parler  de films et de réalisateurs que j'aime bien pourvu que ce ne  soit pas mon métier,c'est pourquoi je demande toute votre indulgence  et attends néanmoins vos réactions ou tout commentaire à rajouter  ,sachant que s'il n'en reste qu'un je serais celui-là..."

-Zaratoustra-

"Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la musique...
                         - "The saddest music of the world"-

C'est au détour d'un court article dans la revue Mad Movies que j'ai  la première fois decouvert le cinéma de Guy Maddin, comme "L'institut  Benjamenta" des frères Quay, je me suis dit que ça allait pas passer à  la télé tout de suite et avec un peu de chance je ne verrais jamais  ces films de ma vie. C'est au festival du film fantastique à  Bruxelles- la version off du Nova- que j'ai vu son troisième film "  Careful " (traduisons par "mollo mollo ") en 19... enfin bref.

J'ai tout d'abord été fasciné par son univers visuel, ses choix  esthétiques, dérouté par ses parti-pris formels (depuis que j'en sais  un peu plus sur le cinéma ça va mieux merci, en effet tout s'explique  : ),cela se traduit par une certaine sobriété de la gamme chromatique-  le noir et blanc dans ses premiers films, ou encore une couleur  dominante et puis une ou deux bichromies suivant l'endroit ou l'on se  trouve, découpant ainsi le film en différents petits tableaux, Maddin  utilise en outre tout le vocabulaire des films des années 20-30,(  allant meme jusqu'à faire semblant d'utiliser du 35mm en parodiant,  exagérant le grain de la pellicule )  lorgnant autant du coté de Fritz  Lang que de Buster Keaton,  on pourrait se risquer à dire qu'il est  l'anti-thèse formel du cinéma direct promulgué par Lars Von Trier et  son Dogme, pour lui le vocabulaire gestuel d'un acteur est composé  d'environ une trentaine d'expressions faciales qui à  elles seules  representent l'eventail des émotions de la nature humaine ( je ne suis  pas sur des chiffres, il a ecrit tout cela dans une charte -lui aussi-  que l'on peut trouver dans les bonus de l'integrale de sa filmo en  coffret 4  DVD chez ED ) et pour lui, ça suffit bien  pour raconter  des histoires, et ce n'est pas tout, Maddin semble règler ses comptes  avec un certain cinéma , en faisant souvent reference à des pointures  telles que Lynch, Von Trier et Greenaway; la sequence d'ouverture de "  the saddest ..." fait de façon flagrante reference au premier film de  Von Trier " The element of crime ", l'emploi de certains trucages  comme les personnages en silhouettes devant un décor qui est en  réalité un autre film projetté lorgne du coté d'"Europa ", quand à  Lynch on a souvent comparé à Maddin à celui-ci on se demande encore  pourquoi, Maddin n'est absolument pas un cinéaste de la durée comme  peut l'etre Lynch- notamment dans ces films les plus récents- ou le  réalisateur n'explique rien ,au contraire il se contente de nous faire  eprouver des segments de subjectivité pure, sur quoi repose  l'essentiel de ses structures narratives ,au contraire Maddin  s'interdit toute complaisance dans le pathos, toute surenchère du  monstrueux ou de l'horreur  bien qu'il aborde cependant des themes  limites : la guerre dans "Archangel" (le napalm- faut pas avaler-),  l'inceste dans "Carreful" (faut pas le faire ), il y a d'ailleurs une  evolution à ce sujet dans le cinéma de Maddin, à travers la petite  mythologie des habitants de Winnepeg qu'il met en scène au fil des  siècles: la violence , la folie , on les subit de moins en moins.

De personnages rongés par leurs passions qui vont finir par se laisser  emporter par elles dans "Carreful" aux deux frères ennemis de "the  saddest..." qui s'entre-dechirent toujours plus  ferocement,simplement  on ne peut pas se vautrer dedans, c'est en partie dû aux contraintes  formelles que s'impose le cinéaste dont je parlais tout à l'heure, la  gestuelle employée fait que l'on se retrouve davantage avec des  comportements apparaissant comme surjoués ("Careful") ou encore la  montée des sentiments se trouve transposée par une accélération du  rythme du montage -action , réaction , comme dirait un pote - ou l'on  croirait être dans les scènes de sexe en accéléré de " Orange  mécanique ".

Maddin s'interdit egalement tout le faste qu'on a pu reprocher à  Greenaway au niveau des décors et des costumes ( "Meurtre dans un  jardin anglais ","The baby of Macon ", "Prospero's book ") allant  jusqu'à le faire passer comme suspect en tant que réalisateur  indépendant et donc par définition fauché,ou alors ayant vraiment de  chouettes amis - ce qui arrive aussi- ( problématique réglée depuis  par Greenaway depuis "The pillow book" en passant par "8 femmes et  demi" et tout recemment la trilogie " A life in suitcases ", il se  peut egalement qu'il s'en tape complètement et que je me trompe tout  autant, Greenaway est un maitre scénographe - ou encore une fois il  est bien entouré- nonobstant c'est aussi un plasticen et le soin  apporté aux décors, éclairages a toujours été considéré comme une de  ses qualités,une marque de fabrique idem pour le role de la musique )  et parodie aussi, dans l'ecriture des dialogues , le cynisme qu'on a  pu reprocher à Greenaway ( raconter des histoires sordides " Meurtre  dans un jardin anglais ", " 8 femmes et demi ", " Le cuisinier, le  voleur, sa femme et son amant..." avec trop de raffinement frisant la  pédanterie - certains ont dit de la m... bien emballée - prenant en  plus le spectateur pour un imbécile à grands renforts de références,  d'erudition et de démonstration visuelle ,bref tout pour rabaisser  )allant jusqu'à intervenir lui-meme dans son film pour bousculer l'un  de ses personnages, qui beuglait qu'à partir du moment ou on allonge  le fric, les musiciens (ou encore les artistes en général -ici des  réfugiés -) s'allongent devant n'importe qui, obeissent à n'importe  quoi, opposant donc un réalisme historique et un point de vue un peu  plus triste que celui du cinéaste anglais ( les croyances de l'epoque  ," Careful ").Tout de suite, le film :

Nous sommes donc dans la ville de Winnepeg en 1933 en plein coeur de  la Grande Depression, ou le maire de la Communauté, Lady Port-Huntley  ( Isabella Rossellini, qui imite parfaitement la voix de la femme et  actrice fétiche -du moins au début- d'Atom Egoyan, ici producteur du  film, auquel on doit les magnifiques " The adjuster ", "Exotica ",  "Felicia's journey" ) decide de lancer un grand concours de musique la  plus triste du monde ,espèrant prendre le gouvernement américain à  contre-pied en devançant la levée de la prohibition en vendant de la  bière à tout va, avec une récompense de 25 000 dollars à la clé, ainsi  que la légendaire couronne de larmesgelées , nous gratifiant donc au  passage de la somptueuse tirade de la bande -annonce :

if you're sad
and you like beer
I'm your lady...

c'est le moment ou Chester Kent rentre au pays au bras d'une rencontre  de fortune la mysterieuse Narcissa ( Maria de Medeiros, qui de film en  film peaufine son interprètation de Betty Boop ), nymphomane  auto-proclamée tandis que Chester s'evertue à se revendiquer enfant du  pays, après une période aux USA en tant que producteur de spectacles à  Broadway (l'ancêtre de Tom Robbins dans "The player")qui lui colle  d'ailleurs un peu trop à l'ame, ce que lui dit une voyante au tout  début du film qui le renvoie au souvenir douloureux de la mort de sa  mère, d'une migraine foudroyante. Des musiciens du monde entier  affluent alors vers Winnepeg, y compris Roderick, le plus jeune frère  de la famille Kent, porteur du deuil de la mort de son fils, de la  disparition de sa femme et detenteur du deuil de la Nation Serbe qu'il  est venu representer, ou le seul mot d'ordre au milieu de ce déluge de  bière et de deuil est bel et bien " pleure ".

          

-Zaratoustra-

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samedi 21 octobre 2006

LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE

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Un film de
Luis Buñuel

France – 1972 – 1h40

Scénario de Luis Buñuel & Jean-Claude Carrière

Sortie le 15 septembre 1972


Avec : Fernando Rey (Don Rafael)
Paul Frankeur (Thévenot)
Delphine Seyrig (Madame Thévenot)
Bulle Ogier (Florence)
Stéphane Audran (Alice Sénéchal)
Jean-Pierre Cassel (Monsieur Sénéchal)
Julien Bertheau (Monseigneur Dufour)
Claude Piéplu (Le colonel)
François Maistre (Delecluze)
Michel Piccoli (Le Ministre)

Film interdit aux moins de 12 ans

L'ambassadeur d'un petit pays d'Amérique du Sud revient en Europe. Il y retrouve deux amis très chers, Sénéchal et Thévenot, avec lesquels il se livre au trafic de drogue. Pour fêter l'heureuse conclusion d'une transaction, ils décident de dîner ensemble chez Sénéchal. Le jour dit, les invités se présentent chez lui, mais il est absent et sa femme n'est pas au courant. Ils décident de dîner au restaurant... mais le patron, mort dans l'après-midi, est exposé dans un coin de la salle. Leur dîner sera toujours reporté au lendemain mais sans y aboutir.

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En 1969, Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière décident ensemble d’écrire un nouveau scénario surréaliste d’un futur projet qui leur tient à cœur. Du « Charme discret de la bourgeoisie », titre composite de plusieurs idées mises en chantier, il n’y aura pas moins de cinq réécritures sur deux longues années. De cette thèse, les deux comparses pourront mettre à bien leur projet et réaliser cette œuvre culte que l’on connaît tous mais qu’il est si difficile de comprendre d’un œil qui n’a rien de cinéphile. En 1972 sort donc « le charme discret de la bourgeoisie » et c’est un succès. Il est avec « Belle de Jour », le film de la période française (et dernière) de Buñuel, le plus triomphant et le plus politiquement incorrect. Toute classe sociale est ainsi mise en valeur au profil d’une bourgeoisie exacerbé, pas critiqué mais juste traité sur le ton de la farce ambivalente teinté de fantastique et de vrais moments de frissons. La trame du scénario est ainsi construite sur la collision des rêves de chacun de nos personnages, dont le premier nous ait conté par un jeune officier lors d’une scène troublante se passant dans un salon de thé où il n’y a ni thé, ni café. Comme si cette séquence onirique et jubilatoire nous était déjà filmée comme un rêve. Les trois femmes (Stéphane Audran, Bulle Ogier, Delphine Seyrig) essaient tant bien que mal de se lier avec la nourriture et le parfait quotidien des gens dit normaux, mais ici, c’est de boisson qu’elles ont envies (comme Paul Frankeur nous récitant avec poésie la recette vraie du Dry Martini). Elles veulent savourer un café, comme des gens normaux le font après une journée de travail, ou alors par simple détente. Mais leur situation fait qu’elles ne sont pas comme des gens normaux. Voici le premier point de rupture entre le conformisme des personnages de Buñuel, vus et étudiés avec un anti-conformisme presque surnaturel. Cette bourgeoisie si accablante mais fluide préfère être filmé avec charme discret dans l’œil borgne du réalisateur. Seul élément perturbateur de cette scène : cet officier, celui qu’on retrouvera lors du débarquement militaire chez le couple bourgeois Sénéchal (Stéphane Audran et Jean-Pierre Cassel) emmené par le grand Claude Piéplu. Ce jeune officier normal qui décide de raconter son rêve, et ces charmantes dames veulent l'écouter. Dans ce rêve, il se souvient que petit, sa mère défunte, vue en fantôme dans un miroir (réflexion de la mort face à la vie, injustement laissé aux pourris), lui demande de tuer son père adoptif, celui qui lui ordonna de suivre une éducation militaire. L’anti-militarisme, j’y reviendrais, comme ces soldats faisant la guerre pour de faux, comme la vie que l’on vit pour de faux, comme ces rêves qui n’ont de réel que leur plastique mise en images dans le film. La beauté du « charme discret de la bourgeoisie » vient certainement de cette réalisation en ellipses et de ces détails invraisemblables qui font que l'on croit à toutes les situations cocasses (la scène du théâtre) ou bien dramatiques (le cadavre du brigadier sanglant). Nous sommes au cœur du sujet et nous vivons avec les personnages, leurs déroutes dans les méandres de leur mémoire.

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LA CONSTRUCTION DES POSSIBLES
Six bourgeois marchent sur une route déserte. Cette séquence longue de deux minutes, découpée à trois reprises au cours du film, nous fait perdre le courant de l’histoire après chaque rêve des personnages masculins qui parsèment l’histoire originale et surréaliste du « charme discret de la bourgeoisie ».

Dans un scénario tel que celui-ci, le cinéma surréalisme, pratiquement inventé par Luis Buñuel à la fin des années 20, se base sur une trame plus ou moins bancale, onirique où l’écriture en osmose des auteurs serait assujettie au destin des personnages créés qui échoit en fin de métrage. Un exercice de style vaillant et qui n’a rien d’équivalent ni de proche dans le cinéma français de l’époque. Le surréalisme, Luis Buñuel en a lancé la vague avec « un chien andalou » réalisé en 1929, court-métrage surprenant et moderne faisant part de scènes dérangeantes, comme celle de l’œil tranché ou de la main couverte de fourmis. En 1930, « l’âge d’or » fait l’effet d’une bombe et la censure interdit totalement le film, jugé trop choquant et atroce. De sa période française, la plus ouvertement engagée, débuté en 1963 avec « le journal d’une femme de chambre » et après le sublime mais malsain « Viridiana » , Luis Buñuel décide de refaire appel à son ancienne obsession avec « le charme discret de la bourgeoisie » : le surréalisme, comme pour boucler une boucle qui ne serait pas totalement encore jointe. Pour preuve, Buñuel arrêtera le cinéma en 1977 avec « cet obscur objet du désir » avant de décéder en 1983, à l’âge respectif de 83 ans.

De cette route déserte qui suit la longue marche de nos six bourgeois, en retrait de la circulation des grandes villes, de la modernité et leur besoin de tout se faire servir sur un plat, les voilà seuls, au milieu de nulle part, un château-d’eau à l’horizon, des champs à perte de vue. Un décor que les ruraux peuvent sans doute voir tous les jours en sortant de chez eux. La chose la plus improbable, et c’est sans doute ce qui fait la force et l’originalité de Luis Buñuel, est que des bourgeois ne se retrouveraient pas sans eau, sans nourriture et sans véhicule sur une route déserte de campagne (la caricature y est alors accentuée). Comme l’antichambre de la mort auquel le film fait abstraction tout au long des rêves violemment fracassés à la réalité : cette route est le chemin qui mène à la perte. Malgré que dans les rêves de chacun de nos bourgeois, leur espace d’entente et leur libre arbitre soient de plus en plus restreints, comme les décors, de plus en plus petits et noirs, cette route est familière à la solitude qui mène directement à la mort. Cette séquence culte du film a soulevée moult études, diverses recherches sur le pourquoi du comment Luis Buñuel a-t-il voulu éclairer et mettre en images la marche vers le purgatoire.

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LES REVES, LA ROUTE & LA MORT
Paradoxalement, les rêves et la réalité se confondent. Il y a la loufoquerie du couple Sénéchal essayant de faire l’amour malgré que leurs invités, Rafael l’ambassadeur de Miranda, Florence et le couple Thénevot soient en bas, attendant leur précieux déjeuner. Déjà repoussé la veille à cause d’un événement tragique : la mort du patron du restaurant où ils avaient décidés de dîner juste après s’être trompés de jour auquel ils devaient se retrouver autour d’une table. La cocasserie se révèle lors de l’inventaire du menu d’une gastronomie française à s’en lécher les babines. La bouffe, comme élément central du film, sera quasiment absente du métrage, juste dite ou alors en plastique (lors du rêve de Jean-Pierre Cassel, la fameuse scène du « coup de théâtre »). La bouffe sera bien en chair et en os au final. Lorsque nos six bourgeois seront enfin réunis à table, après plusieurs tentatives ratées, la bouffe sera présente. Mais un autre élément perturbateur viendra mettre un terme à leur fameux repas. Le plus subversif en soit : ils se font tous abattre par des rafales de mitraillettes. Retournement de situation grotesque, coda alarmante, retour à la réalité. Ce massacre (à la fois de la bouffe et des personnages) n’est en fait que le rêve de Rafael, l’ambassadeur revenu en France pour trafic de drogue, interprété par Fernando Rey (magistral).

A cette suite de saynètes plus ou moins complexes aillant un rapport avec le destin lié de ses personnages, Luis Buñuel revient à la réalité, balançant à nouveau sa séquence de la route. Ne serait-ce pas cela la réalité en fin de compte ? La réalité de nos six bourgeois ne serait-elle pas cette misérable route déserte qui les conduit certainement à la mort ? Le film se conclut sur la troisième partie de cette séquence mythique. Tombé de rideau.

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LE SURREALISME
Nullement complexe ni difficile d’accès, « le charme discret de la bourgeoisie » reste quand même un film avant-gardiste, renfermant quelques-unes des scènes les plus éprouvantes du cinéma français. Le fantôme d’une mère assassinée (perçue en chair et en os à travers un miroir), un père paternel à l’œil dégoulinant de sang, un jardinier vieillard assassiné à coup de fusil par un évêque reconverti lui-même dans le jardinage, en guise d’absolution, le cadavre ambulent d’un brigadier aux méthodes peu orthodoxes venant hanter les murs de la prison, un tas de cadavres empilés dans un salon, un enterrement tétanisant, des décors qui font peur… Ces images reflètent parfaitement l’alchimie lubrique de Luis Buñuel envers son terrain d’initiation. Il choisit la farce pour énumérer toute une série de drames qui ont un jour frappés la petite vie de nos personnages. L’évêque tuant le vieux jardinier, apprend qu’il était l’assassin de ses parents. Un jour ou l’autre, la réalité se détache de la fiction. L’intensité dramatique du film, prise néanmoins à la rigolade, telle une pochade de personnages découpés en dépit d’une histoire folle, n’est vécue que par ces personnages proprement cités. Le leitmotiv du rêve, surplombant le fantastique dans ce qu’il a de plus naturel, est représenté anonymement. On vit la scène au moment présent. On se réveille en même temps que le personnage qui vient de rêver ou de cauchemarder, selon les situations de chacun.

La construction du film de Buñuel est telle qu’il n’y a pas de compréhension subjective à avoir. Ainsi trois rêves se retrouvent alors confrontés et on perd le fil, quoi qu’il arrive. « Le charme discret de la bourgeoisie » est une expérience à vivre en solitaire. C’est une œuvre qui marque par ailleurs un tournant dans la carrière de Luis Buñuel. A mi-chemin entre l’héroic fantasy de « la voix lactée » et le gimmick perturbateur du « journal d’une femme de chambre », cet immense classique, primé et reconnu dans le monde entier, offre un plaisir panoramique sur une situation humaine peu commune. Pas seulement une entorse à la gastronomie française, aux diverses classes sociales aussi éclectiques que sarcastiques, au fétichisme de l’érotisme charnel et des armes à feu (pour en parler, Fernando Rey est un sacré bougre !), « le charme discret de la bourgeoisie » se visionne aujourd’hui comme le miroir réfléchissant et utopique du « journal d’une femme de chambre », comme une œuvre anarchiste et obéissante à toutes pensées rationnelles pour mieux en éliminer les codes et bien entendu la logique (les sons couvrant crescendo des lignes de dialogues importants mais sans aucune logique au reste du récit). L’importance est mise en retrait chez Buñuel, la logique est anéantie, le style est opportuniste et libre, le cahier des charges n’est pas respecté car le cinéma de Buñuel est inclassable, drôle et cynique. Cette galerie de personnages nous renvoie bien des fois au triste sort que nous réserve la vie quotidienne, faite d’embûches où notre horoscope peut être prémonitoire, exactement comme les rêves de chacun de nos six bourgeois, finalement familiers à autrui et qui n’ont rien de surnaturel.

Un chef d’œuvre d’inventions lunaires à redécouvrir au plus vite !

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Et pour toujours en savoir plus :

Oscar du meilleur film étranger (1972)



La cinémathèque du Shaman :
« La Grande Bouffe » de Marco Ferreri ; « Chut ! » de Jean-Pierre Mocky ; « Le Fantôme de la liberté » de Luis Buñuel ; « Tout va bien » de Jean-Luc Godard


-LE SHAMAN-
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mercredi 19 juillet 2006

REEFER MADNESS

Realisé par Andy fickman en 2005

Avec Kristen Bell, Christian Campbell, Neeve Campbell, Alan Cumming, Anna Gasteyser, John Kassir., Robert torti

TRAILER:

Qui n’a jamais rêvé de voir une comédie musicale réunissant des gangsters des zombies des teenagers américains, des psychopathes cannibales et jésus christ, autour d’un détournement couillu de la propagande anti cannabis ricaine ?? Allez avouez !!

Hé bien devinez quoi, le film de vos rêves vient juste d’être livré, ça s’appelle Reefer Madness et ça va vous marquer la rétine pour un long moment.

Adaptation du show homonyme que Fickman avait monté a los angeles (puis par la suite a new tork off Broadway), Reefer Madness est l’incarnation parfaite d’un nouveau cinéma d’auteur libre et outrancier, aussi irrévérencieux que brillamment mis en scène, pourtant, le pari n’était pas gagné, on sait a quel point jongler entre les genres peut s’avérer difficile, et Fickman est un homme de théâtre, sa mise en scène aussi géniale soit elle sur les planches aurait pu s’avérer grotesque et chiante sur un écran de ciné.

Il n’en est rien, Fickman connaît chaque genre sur le bout des doigts ; les aime et les détourne avec un brio rarement atteint, ainsi le film commence comme le film de propagande qu’il détourne, vire a la comédie outrancière, au teen age movie, au film d’horreur, a la comédie musicale avec une cohérence HALLUCINANTE, chaque séquence est un pur bonheur, car ayant compris que le genre est un exercice compliqué Fickman s’y attelle avec le plus grand sérieux, fait paradoxale quand on sait a quel point le film peut être drôle, mais c’est ça reefer madness !! pas une parodie de comédie musicale, mais une vraie comédie musicale, pas une parodie de film d’horreur,mais un vrai film d’horreur, tout dans reefer madness sent la passion et le travail soigné, Fickman connaît ses codes sur le bout des doigts et fait hurler le spectateur de plaisir lors de séquences aussi magistrale que l’apparition fantomatique de zombies dansants et chantants, ou le sublimissime Stand up de jésus qui est certainement la séquence la plus drôle vue sur un écran de cinéma depuis TRES mais alors TRES longtemps, jésus crooner descend de sa croix illuminé comme un arbre de noël au milieu d’un paradis  façon cabaret et se met a pousser la chansonnette en prenant bien soin de prendre des poses de beau gosses couronne et micro en or compris…. Irrévérencieux ??

Absolument !! car la force de Reefer madness c’est de réussir a être immensément populaire (c’est LE film populaire par excellence, drôle rythmé, émouvant, effrayant pleins d’émotions bourré jusqu'à la gueule de chansons GENIALISSIMES qui restent dans la tête longtemps après la projo…) tout en assumant son propos EXTREMEMENT subversif jusqu'à la toute dernière image, en effet, non content de s’adresser a tout le monde le film fait preuve d’une noirceur et d’une férocité époustouflante (certaines scènes rappellent carrément the Wall d’Alan Parker) qui ne retombe jamais, mordant comme un pitbull tout ce qui se trouve sur son passage, Fickman stigmatise a grands coups d’images traumatisantes toute la bien pensance des ligues ricaines (le dernier plan est juste GENIALE) les qualifiant ouvertement de nazis, appuyant fortement sur l’hypocrisie de ces ligues qui usent de manipulations dégueulasse et inventent chaque jour de nouvelles excuses pour bâillonner la liberté d’expression, car qu’on ne s’y trompe pas, Reefer Madness n’use pas de son ton ironique pour faire l’apologie du canabis (ce que certains couillons y ont vu) mais bel et bien pour stigmatiser une attitude fasciste propre a ces fameuses ligues bien pensantes, et si voir tous ces braves gens pousser une chanson autour d’un feu fait avec des bouquins chansons dont les paroles sont littéralement « ensuite on trouvera une solution pour les pédés et les cocos » ne finit pas de vous convaincre, j’ajouterais seulement que Reefer Madness est l’objet filmique non identifié le plus violement politiquement incorrect, le plus irrévérencieux, le plus subversif vu sur un écran de cinéma de puis belle lurette.

Les acteurs quant a eux sont tous BRILLANTS ,  de l’apparition de Neeve Campbell (hé oui Sidney dans scream d’ordinaire nullissime mais alors la, elle est a la fois sexy et tordante !!) a la prestation halluciné du génial Alan cumming, les acteurs vivent le films, y croient et portent un script difficile sur leurs épaules, une véritable troupe que l’on sent unie et soudée et dont la principale qualité est d’avoir su interpréter des personnages encore au delà du cliché de manière outrancière mais incroyablement fine, et puis on ne dira jamais assez a quel point Robert Torti l’acteur qui joue jésus est grandiose, risquant sans soucis de rentrer dans l’histoire des personnages cultes, muscles huilés et sourires a la julio Iglesias, réplique assassines (« si tu continues on va te couper les bijoux de familles » ça a l’air de rien comme ça mais dit par ce type c’est imparable) et poses a deux balles, MYTHIQUE et instantanément culte.

Alors bien sur on notera que le film possède une petite longueur (rien de bien méchant) un petit passage a vide qui sert a mieux le faire décoller par la suite, mais rien n’y fait, Reefer Madness c’est du cinéma libre, sain et populaire, un objet subversif forcément salutaire, une grande œuvre de cinéma, un véritable chef d’œuvre immanquable, un condensé de film culte en puissance, un film qui va vous donner envie de bouger et de chanter en vous faisant réfléchir couché par terre pour cause de spasme du a un rire incontrôlable (si si c’est possible)

Le meilleur film de l’année jusqu’ici, rien que ça.

-kitano jackson-

Posté par cinecancre à 18:50 - INCLASSABLES - Commentaires [13] - Permalien [#]

dimanche 9 juillet 2006

TAKESHIS

« Beat Takeshi vit l’existence rapide, occupée parfois surréaliste d’une célébrité du showbiz. Son sosie blond s’appelle Kitano et s’épuise à décrocher un rôle. Kitano a une personnalité effacée, timide, il travaille pour vivre dans une épicerie. Après avoir croisé Beat et avoir passé une série d’auditions frustrantes, Kitano semble tomber dans une série de cauchemars éveillés où Beat et lui se confondent... »

ARTE (non pas que je sois fan mais c'est le seul résumé concret que j'ai trouvé)

BANDE ANNONCE:

bon je tiens a dire que c'est du grand Kitano. meme si il part un peu en couille tout le long du film dans ses petites conneries bien japonaises, ca a aussi ces raisons. ici je ne vais pas spoiler bien sur, mais juste eclaicir les currieux sur l'histoire du film.

donc dans le film on y voit deux Kitano. l'un avec les cheveux noir qui est realisateur et **** (je le dit pas sinon ca fout en l'air les subtilites). et un autre avec les cheveux decolore qui fait clonw et travail dans un combini pour vivre.

le kitano realisateur recherche pour son prochain film un mec qui a de la voix. le takeshi avec les cheveux decolores veux passer le casting, mais il a vraiment l'air d'un paume. les personnnes du casting voient qu'il est trop gentil, il veulent le pousser a bout pour faire sortir le cancre... mais quan le paume pette les plombs c'est la que ca devient interessant.

parfois dans le film on a droit a des flash, ou le takeshi appercois son avenir. son avenir ou autre chose ??? les gens du casting le harsel ou est-ce ca conscience. film ou realite ?

vers la fin du film on comprend la situation, car il y a une embrouille qui nous fait douter tout le long du film... mais ce n'est pas fini. la scene final nous met, enfin m'a mise completement sur le cul. la scene final n'a rien de violent enfin rien de pire que dans le film. mais sur cette fin on y voit et comprend tout le film. on comprendra aussi pourquoi le titre japonais veut dire "takeshi est takeshi"

encore du grand kitano, toujours violent, mais avec un quelque chose en plus qui renouvel carrement ses films precedents. perso je pense avoir compris le films malgre que je ne comprend pas tres bien les phrases. mais parfois les sous titres anglais peuvent sauver, bien que le bruit d'une balle ne se sous titre pas.

un tres grand film et qui m'a laisse completement sur le cul a la fin, et meme encore a la fin du generique et au moment ou j'ecris fiou....

-MUSOUKA-

« Ce film est une sorte d’enterrement de ma carrière. » Takeshi Kitano

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jeudi 29 juin 2006

SAVE THE GREEN PLANET

Ecrit et réalisé par Jun-hwan Jeong en 2003

Ha-kyun Shin, Yun-shik Baek, Jeong-min Hwang, Jae-yong Lee...

BANDE ANNONCE:

Un jeune homme coiffé d'un casque ridicule, et secondé de sa petite amie équiibriste et complexée, enlève un homme d'affaire et le séquestre dans le but de lui faire avouer qu'il est un extra terrestre venu envahir la terre, un flic déchu assisté par un jeune flic qui l'admire va enquêter sur cet enlèvement...

Narrant la longue descente dans la folie d'un jeune homme paumé (et coiffé d'un casque futuriste a hureler de rire) Save the green planet est une oeuvre ovniesque, au confin de plusieurs genres, qui jongle avec les sentiments aussi habilement qu'avec les genres des quel il se revendique. Car la grande force de cette oeuvre atypique (en plus de relever du carrément jamais vu) c'est de brasser les styles et les genres jusqu'a en devenir une sorte de compilation de toute la pop culture de ces vingts dernière années.

Pourtant, outre son coté fourre tout, Save the green planet brille par sa propension a assumer un discours jusqu'au boutiste qui ne dévoilera son profond humanisme (et la il n'y a pas d'autre mot) que lors de sa toute dernière image. Stigmatisant la souffrance comme excuse a une vie meilleur, agraffant par la même toute forme de religion de manière brillante et métaphorique (au détour notemment d'une scène, hommage hilarant au 2001 l'odissée de l'espace de Kubrick) Le réalisateur emprunte a tout un pan du cinema pour mieux appuyer son propos, allant même jusqu'a partager l'une de ses nombreuses thématiques avec le blade Runner de Ridley scott (l'affrontement avec dieu, thématique par ailleurs récurente du cinema de SF et fantastique et pouissé a son paroxysme dans le cvhef d'oeuvre de Scott) pour mieux appuyer sa démarche profondément humaine mais finalement peu optimiste (la fin est véritablement d'un nihilisme a faire peur). D'hommages en hommages, le réal navigue jongle brillament entre les genres, passant sans aucun problèmes narratifs de la comédie débile au film d'horreur hardcore (et très gore!!) en passant par le drame (des scènes véritablement bouleversante, a en chialer!!) lorsqu'il explore le passé des personnages.

Pourtant, malgré la multitude de genres qu'il brasse, jamais le film ne devient incohérent, au contraire, on est litteralement soufflé par la cohérence incroyable de l'ensemble (qui parvient même a glisser une scène de wu Xia Pian (film de sabre chinois) au millieu... incroyable), en effet, partant du principe que le fil conducteur de l'histoire est son personnage principale, Le realisateur peut se permettre n'importe quel boursoufflure cinématographique sans jamais déranger, un tour de force incroyable pour un film qui mérite amplement au moins une vision (et je dis une mais moi j'ai du le voir une dixaine de fois.). Mais on aura beau s'esclaffer devant un tel tour de force il n'empêche que le véritable mérite du réal est d'avoir su investir les codes des genres qu'il souhaite s'approprier avec un vrai respect et une admration sans limite pour ses modèles, ce qui a pour effet de faire fonctionner véritablement chaque scène de manière indépendante mais également de proposer au spectateur une expèrience qu'il n'a pas vécu deux milles fois!! Le realisateur connait et aime ses classiques (de l'horreur a la SF etc...) et ne les prend jamais de haut, contrairement a une horde de cyniques post Wes craven qui se sentent l'âme de cinéphiles mais n'ont vu massacre a la tronçonneuse qu'en version familliale et encore avec certaines scènes floutées sur un téléviseur 12 centimètres, mais tente au contraire de se les approprier sans craindre le ridicule et sans jamais se cacher derrière un cynisme racoleur, RESPECT.

Au millieu de ce gloubiboulga assez destabilisant il faut bien le reconnaitre flotte la présence d'un acteur carrément hallucinant, je veux bien évidemment parler du génial Ha-Kyun Shin (et la je fais genre je sais comment il s'appele mais en fait non) que l'on avait déja vu dans sympathy for mister vengeance du non mois génial Park-chan Wook, qui délivre une performance grandiose de par sa complexitée. En effet l'acteur réussit ce pari difficile de nous faire ressentir de la tendresse pour un personnage a priori carrément malsain, dérangé mais aussi esseulé et tromatisé par une enfance difficile, passant d'un plan a l'autre de véritable psychopathe a grand enfant mal dans sa peau, l'acteur porte le film sur ses épaules et risuqe même de vous faire chialer au détour de quelque scènes d'une sensibilitée rare.

Pourtant aussi reussi soit il, save the green Planet n'est pas exempt de tous défauts, le realisateur ne resistant pas a quelques effets clipesque certes efficaces mais faciles (quelques accelerés et autres ) qui ne nuisent certes jamais a la cohérence de l'ensemble mais qui par contre nuisent a la visceralitée de certaines scènes. Ensuite, on ressent de véritables baisses de rythmes notemment dans la mise en places de sous intrigues certes indispensables mais laborieuses notemment lors de la descrption des etat d'âmes du personnage du flic. Bien sur tout ceci n'est pas bien grave et ne nuit pas véritablement au film, et puis admettons qu'en cette époque ou le cinema coréen s'americanisent de plus en plus dans le but de toujours mieux s'exporter, un véritable film d'auteur barjo tel que ce Save the green planet mérite amplement toute notre attention.

Pour son discours, pour sa folie, pour sa démarche et pour bien d'autres choses, Save the green risque donc de rapidement devenir un film culte. Un film avec un véritable univers barré, a la fois propre et emprunté, teinté d'une véritable passion du cinema et réalisé avec une véritable sinceritée, explorant le spectre des émotions de manière brillante et jouant sans jamais le prendre de haut avec le spectateur. Une grnade oeuvre mésestimé a découvrir de toute urgence, d'ailleurs si vous êtes encore en train de lire cette critique a l'heure qu'il est c'est que vous n'avez toujours pas compris ce qu'il vous restait a faire.... COUREZ L'ACHETER!!!!!!

-kitano jackson-

Posté par cinecancre à 14:36 - INCLASSABLES - Commentaires [0] - Permalien [#]



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