vendredi 16 mars 2007
NIGHTWATCH

Un film de Tibur Bekmambetov (2004 )
Fantastique-Action
Avec : Konstantin Khabensky
Vladimir Menshov
Valeri Zolotukhin
Distributeur : Twentieth Century Fox France
" Celui qui dépassera ses propres limites, celui-là peut-être sauvé "
- citation de Goethe, utilisée en exergue dans
" Au dessous du volcan " de Malcom Lowry.
Depuis la nuit des temps le Bien et le Mal n'ont cessés de s'affronter jusqu'à un conflit paroxystique, aucours duquel les deux representants supremes des deux clans finirent par décider d'une trève,certains de l'issue stérile de l'affrontement.
Ainsi il est décidé que les deux camps se surveilleront l'un et l'autre et co-habiteront dans la neutralité , stipulant que " personne n'est prédestiné au bien ou au mal , que chacun a le droit de choisir librement", ainsi les representants de la lumière sont les "
Nightwatchers " et ceux de l'ombre les "Daywatchers", et ils nous entourent à notre insu, acceuilant les nouvelles ames qui vont faire leur choix...
Il y a dix ans, le jeune Anton décide d'avoir recours à la magie noire afin de recouvrer sa femme partie avec un autre homme, enceinte de ce dernier. La sorcière accepte de tuer l'enfant dans le ventre de sa mère ,puis d'envouter celle-ci pour qu'elle revienne vers Anton; il y aura un prix à payer, on ne perturbe pas impunément le cours des choses, cependant Anton accepte malgré tout.L'intervention tourne court car les Nightwatchers empechent la magicienne de venir à bout du sort, Anton finit par percevoir leur presence, et , coup du sort, s'avèrera etre un des leurs.
De nos jours: Anton est devenu un "Nightwatcher" et se met en recherche d'un nouvel élu en proie à "l'appel", le moment de trouver sa place dans l'un ou l'autre camp...
"Nightwatch" est le premier volet d'une trilogie comportant deux autres opus, respectivement "Daywatch" et "Duskwatch", tirés des romans de science-fiction éponymes de Sergei Lukyanenko, d'envergure à peu près similaire en Russie que notre Maurice Dantec
national.Toujours à titre d'information, au moment de sa sortie "Nightwatch" a dépassé en nombre d'entrées les derniers volets du "Seigneur des anneaux" et de "Star Wars ", c'est en toute modestie et dans un anonymat relatif qu'il était sorti sur nos écrans, et dans le meme état de fait il est maintenant disponible en DVD.
"Nightwatch" peut, par certains aspects, faire pensée à la série récente des "Underworld" et "Underworld : Evolution ", on se dit que ça a était fait par des passionnés tellement ce film est d'une sobriété - voire meme d'une humilité- et d'une efficacité confondante;:
on comprend bien qu'il necessiterait plus de temps pour installer adéquatement tous les éléments d'une intrigue complexe,( dont la trame se situe à mi-chemin entre les écrits d'Anna Rice- la série des vampires dont on a sorti "Entretien avec... "- et ceux de Grant Morrison et de son comic-book "The Invisibles" dont on dit que les Frères Wachowsky se sont directement inspirés pour "Matrix "- pour le côté en marge de nos vies des protagonistes, et surtout, surtout on ne manquera pas le parallèle avec " Star wars " dans la similitude des thèmes abordés ) et tout s'articule à merveille, il n'y a aucun evénement qui n'ai été négligé au dépit d'un autre,on privilégie l'information -car il y en a-au tape-à-l'oeil ,(après on est libre d'aimer ou pas mais on ne peut pas dire que c'est baclé ou trop lourd ),à par peut-être pour le salto avant de camion ( vous pouvez vérifier sur le site,
le film y est disponible en intégralité en version accélérée - 2mn50 au total. ) encore un parti pris particulier, en espèrant que ce que vous y verrez vous donnera envie de voir le film .
Donc, à part cette petite extraversion vous ne trouverez pas de surenchère visuelle dans "Nightwatch ",les éclairages sont somptueux de bout en bout et l'emploi de la 3D très succinte et toujours -presque- référentielle:
ainsi un premier clin d'oeil au "Streets of Crocodiles " ( d'après Bruno Schulz, lui même ecrivain polonais, pour ne pas dire un des plus grands génies méconnus de ce siècle ) des Frères Quay ( dont on ne parle pas assez non plus et sur lesquels il y a beaucoup à dire ) quand ce n'est pas le chef du clan de la lumière lui-meme qui dessine sur un coin de page sur ce qui devient sous nos yeux ebahis la guerre entre le bien et le mal dans une veine graphique qui renvoie directement au courant expressionniste brut et aux caricaturistes ( virulents-mais bon obligé, hein ) d'avant la révolution; à "Final Fantasy " ( dans l'emploi des corps modélisés ) et un dernier clin d'oeil à l'itinéraire virtuel dans "Ghost in the shell " ici utilisé pour scruter la mémoire d'un des personnages, dont on aimerait que ça donne des idées pour une adaptation des "Racines du mal " (de Dantec, Maurice, cité plus haut).
Cette sobriété de ton , traduite par une élégante économie de moyens, continue de se traduire dans le réalisme de situations,les démonstrations de pouvoir et les affects de la magie par exemple,comme pour mieux nous faire éprouver le basculement entre les nouvelles réalités qu'on nous propose et celle que l'on vient de quitter, et ainsi nous faire mieux éprouver le point de vue des personnages et ce à quoi ils sont confrontés.
Sans en dire davantage sur la trame de l'histoire, en réalité très intimiste, et son issue ( ou le héros est contraint à faire d'un bien un mal et d'un mal un bien, et je vous raconte pas comment ça finit fort ) on attend la suite et le dénouement de cet interessant univers, curieux des autres facettes qu'il voudra bien nous montrer, que nous risquons de découvrir.
Vous pouvez maintenant continuer à taper vos bonnes femmes.
-Zaratoustra-
mardi 7 novembre 2006
CANDYMAN

CLIQUEZ SUR LECTURE POUR FAIRE RESONNER LA SUBLIMISSIME PARTITION DE PHILLIP GLASS:
Réalisé par Bernard rose en 1990
avec virginia Madsen , tony Todd , Xander Berkeley , Vanessa Williams , Kasi Lemmons , Dejuan Guy , Carolyn Lowery
Ecrit par Clive barker et Bernard Rose d'apres une nouvelle de Clive Barker.
Musique de Phillip Glass
Interdit aux moins de 16 ans
Helen prépare une thèse sur les légendes urbaines, en interrogeant une jeune étudiante elle découvre la légende de Canyman, dites cinq fois son nom devant un miroir et ce tueur impitoyable dont la main a été remplacé par un crochet apparait dèrrière vous, ne croyant pas a la légende Helen décide de mener sa propre enquête quant aux origines du boogeyman
Bernard rose (réalisateur du déja bien flippant Paper house) signe avec Candyman l'un des meilleurs films d'horreur des années 90 (voir pour moi, l'un des meilleurs films d'horreur tout court) en adaptant une nouvelle de L'écrivain clive barker (également réalisateur de Hellraiser, Cabal et le Maitre des illusions), car Candyman est un film glauque et flippant, par instant bien gore mais aussi poétique et lyrique, mais surtout extrêmement profond, un chef d'oeuvre.

car sous ses faux airs de "sous griffes de la nuit" (auquel il est supérieur en tout point!!! et ça c'est indéniable) candyman est une brillante parabole sur la mythologie urbaine et ses origines, pour résumer, rose soutient que chaque légende urbaine nait de la souffrance des masses et d'une déculpabilisation massive et involontaire, Candyman devient alors l'allégorie d'une société que l'on préfére ignorer, dont on préfére ne pas parler , une communauté sous terraine prête a exploser, celle des bas fonds, a l'image de ce tas d'ordure symbole d'une societée prête a être brulée. Sorte d'alice au pays des merveilles ultra trash (ce n'est pas candyman qui vient a Helen mais bel et bien helen qui passe de l'autre coté du miroir, et ce de manière littérale au travers d'une scène purement symbolique) Candyman traite de manière frontale du choc de deux societées, la haute et les bas fonds affrontement dont l'issue restera incertaine jusqu'au bout.
Sur ce point Candyman déroute car Bernard Rose nous balade pendant une heure et demi sans que l'on sache ou il veut en venir, le film prenant tout son sens lors du sublimissime plan final (l'un des plus beau plans qu'il m'ait été donné de voir dans un film fantastique.. voila c'est dit) un long travelling sur la figure allégorique que devient helen, candyman devient en l'espace d'un plan un film carrément mythologique, un film aux forts echos socials (qui va même jusqu'a de la revendication!!) soutenu par l'une des plus belles musiques composées dans un film d'horreur, mélange de choeur puissants et de piano, dévellopant des mélodies simples mais bouleversantes, appuyant la poesie macabre du tout.
et puis il y a le boogeyman en question magistralement interpreté par Tonny todd dont la tronche pas croyable vous hantera longtemps après la vision du film, d'ailleurs il n'est pas le seul acteur a saluer, viorginia Madsen délivrant une performance hallucinante, éclairant le film de sa beautée et de son talent elle donne a helen cette touche d'humanitée qui fait la différence, réussissant même a installer le doute dans l'esprit du spectateur (et d'ailleurs jusquau bout... aprés plusieurs visons on peut même encore se demander si candyman est véraitablement un film fantastique ou pas..), filmé avec amour par un Bernard rose visiblement en admiration devant elle.
Bernard rose d'ailleurs parlons en, car finalement la majeur partie de la réussite du film lui revient(il a également écrit le scenario et storyboardé le film) installant une atmosphère lourde et poisseuse, il ne lésine jamais sur les effets gores et fait preuve de virtuosité dans sa propension a créer un véritable univers tangible mais décalé, a ce titre les scènes "d'hallucination" font partie des moments de trouille les plus intenses qu'il m'ait été donné de vivre, réussissant même a installer un malaise durable et filmant sans faillir des scènes carrément atroces (l'enlèvement du bébé, l'enfant castré dans les toilettes.... la vache ça fait bizzare) qui surgissent sans prévenir, ce qui a pour effet de décupler leur impact, scotchant. Et puis il y a toutes cette poésie, qui fait de Candyman un film a part, aussi émouvant (et la je parle au sens propre, la fin me faisant juste chialer!!) qu'effrayant, aussi sanglant que beau, aussi dérangeant que vrai.
Alors après tout cela si vous n'êtes pas encore allé acheter le DVD, c'est soit que vous ne me faites pas confiance (et ça bon ça peut se comprendre) soit que vous êtes sans espoir; car passer a coté d'un tel chef d'oeuvre c'est un crime envers le cinema.
-kitano jackson- A.K.A Candyman

lundi 6 novembre 2006
LA CITE DE L'INDICIBLE PEUR a.k.a LA GRANDE FROUSSE

l'affiche de 1972
Un film de Jean-Pierre Mocky
France ; 1964 ; 1h30
Scénario de Jean-Pierre Mocky ; Raymond Queneau ; Gerard Klein
Sortie le 28 octobre 1964
Avec Bourvil (Inspecteur Simon Triquet)
Francis Blanche (Franqui)
Jean Poiret (Brigadier Loupioc)
Jacques Dufilho (Gosseran)
Jean-Louis Barrault (Douve)
Véronique Nordey (Livina)
Victor Francen (Docteur Clabert)
Raymond Rouleau (Chabriant)
L’inspecteur Simon Triquet, à la poursuite d’un dangereux faussaire passé à côté de l’échafaud pose ses valises dans une bourgade répondant au nom de Barge, dans le Massif Central. Terrorisés par une bête monstrueuse, la « Bargasque », les habitants croient voir en l’inspecteur le chasseur de la bête. Tout ne sera que quiproquos lorsque Simon aura découvert toute la manigance du village. Le problème c’est que les meurtres s’enchaînent et que le faussaire n’est toujours pas retrouvé. L’inspecteur Triquet se lancera dans une toute autre enquête, oubliant « sans faire exprès » celle qu’il devait accomplir…
Classique parmi les classiques...
Complètement déjantée, cette comédie cynique et burlesque est un pavé dans la marre du film fantastique français. Pourtant, adapté du roman de Jean Ray, « La Cité de l’indicible peur » ne fit pas des ravages lors de sa première sortie au cinéma à la fin de l’année 1964 (le magazine "Fiction" n°132 11/64, l'assassinat gratuitement). Pourquoi ? Parce que les censeurs préfèrèrent tronquer la version chère à Jean-Pierre Mocky et la retitrer sous le nom de « La Grande Frousse », histoire de surfer sur la vague du succès de l'époque.
Côté casting, Bourvil revient en force de naïveté après le cultissime « Un drôle de Paroissien », moumoutte et par-dessus pied de poule. Et tout autour de lui, dans cette bonne ville de Barge (Salers, dans le Cantal), une galerie de monstres. Pas de monstres difformes comme dans les films de Tod Browning, non (quoi que ?), des personnages pitoresques et incurables pour cette satire envers la bourgeoisie au malin sentiment de tout savoir !
Jean-Pierre Mocky, au risque de trahir l’auteur original des lignes du roman est abattu par la critique, qualifiant l’œuvre de vulgaire (toujours d'après Alain Doremieux de "Fiction") et complètement ratée par rapport au récit. A la suite de cet echec cuisant, Bourvil prit ses distances avec le cinéaste et Raymond Queneau (co-scénariste depuis « Un Couple ») l'abandonna de pied ferme.
Jouer avec Mocky révèle toujours un péril où les acteurs osent mettre leur carrière en jeu ! Il était pourtant bien question avec le romancier Jean Ray (mort entre temps, celui-ci ne pouvant défendre le rélisateur, au dépit des critiques assassines) de transformer le roman en comédie policière barrée flirtant avec l’horreur et le fantastique ; genre qui a peu évolué depuis dans notre patrimoine cinématographique. Pour tout dire, Jean-Pierre Mocky est le seul survivant qui ait réalisé pas mal de films sur le thème du fantastique, du paranormal et des différentes peurs. Suivront Litan en 1981, Ville à Vendre (toujours avec cette pointe de surréalisme avec un casting prestigieux), Noir comme le souvenir en 1995 (se penchant surtout sur l'horreur primale et les ambiances gothiques) et Tout est calme en 2000, ce huis-clôs pathétique co-habité par des monstres.
Pour « La cité de l’indicible peur », l’ambiance est un peu à part (empruntant un peu au « Rendez-vous avec la Peur » de Jacques Tourneur), car se passant principalement la nuit, dans cette bourgade aux ruelles désertes où les habitants sont terrorisés par une bête étrange (d'où la comparaison avec le classique de Tourneur et les peurs primales qui sont symbolisés par cette bête). Le film se manifeste comme une satire sociale avant d’être un film policier et une comédie complètement allumée où l’on rit de bon cœur malgré le poids de l’âge : 41 ans déjà !
Niveau casting, le "Mocky Circus" est en mutation. Bourvil incarne un candide inspecteur à la poursuite d’un faux monnayeur ivrogne, frileux et détestant le cassoulet. Cette enquête bizarre au final Scoubidou le mène directement dans ce fameux village de Barge ; là où toute l’action aussi rocambolesque que riche en clins d’œil (la Hammer en preums) va se dérouler. Les habitants, tous plus timbrés les uns que les autres ont l’impression de tous être bourrés, et pas que Victor Francen, vraiment atteint dans le rôle du médecin alcoolique, aux morts naturelles et disant au brigadier Jean Poiret (ce dernier ne pouvant s’empêcher de produire des bruits de baiser ou de dire "oh la la" ou encore "c'est po pôssible", vous imaginez...) d’enlever son képi : "sinon vous d’viendrez chauve !". A noter que Bourvil a failli se faire renverser par la voiture de Francen lors d’une scène de peigne-fin en pleines rues ! Donc, niveau casting on retrouve les fidèles Francis Blanche, en voyeur anodin (miroir inversé du chef d'oeuvre de Michael Powel, où là, le voyeur se fait assassiner) et obsédé par cette belle femme qui tua « La Bargasque » : la statue de Sainte Urodèle. Il y a aussi l’excellent Marcel Pérès (Hep ! Hep !) en inspecteur, Jacques Dufilho en jardinier lamentablement débile, le grand Jean-Louis Barrault (souvenez-vous, « Les Enfants du Paradis »), secrétaire du maire, l'immonde mais non moins excellent Roger Legris dans le rôle du pharmacien qui a trucidé sa femme à coup de marteau, Rudy Lenoir en chauve (avec tout plein d'autres chauves !!), le débile et myope Jean-Claude Remoleux habillé de son poncho, la jolie Véronique Nordey (femme de Jean-Pierre Mocky à l'époque) qui tient le rôle de la secrétaire du maire, Gerard Hoffmann en cavalier noir et enfin, le fin du fin, le must : le maire Chabriant (interprété grassement par Raymond Rouleau) qui, derrière son large sourire dents blanches scotché aux oreilles, ponctue ses phrases par un petit "quoi ?" insolite et vraiment hilarant. A pisser de rire au risque de devenir fou ! Vous l’aurez compris, une bonne brochette de nazes entourant un Bourvil sautillant "Oop ! Oop !" comme une gazelle et innocent, arrêtant à juste cause les pires criminels sans l’avoir fait exprès.
Si le début du film part un peu dans tous les sens sans trop savoir où tout cela va nous mener (une arrestation minable, une exécution sur l’échafaud ratée : c'est le brigadier qui se fait trancher la gorge au lieu du criminel), c’est bien l’arrivée de Bourvil à Barge qui va déclencher cette aventure hors du commun et à part dans le cinéma contemporain français. Autant le dire, aucun autre film français de l'époque ne ressemble à cette caricature au vitriol et magnifiquement bien photographié par Eugène Schüfftan (« La Tête contre les Murs » de Georges Franju, le jour se lève de Marcel Carné), remplacant le grand Léonce-Henry Burel, chef opérateur sur « Un Drôle de Paroissien ».
La photographie noir et blanc magnifie à merveille l’intrigue et le jeu des lumières. Admirez cette arrivée au village où il n’y a pas âme qui vive, seules ces ampoules au dessus des porches telles des phares amarrant les bateaux et ce mannequin pendu le long d’un des bâtiments, les marques de commerce... Surtout, il y a le son et les bruitages (postsynchronisé au montage, déluge sonore exemplaire pour l'époque) : le vent qui ne peut nous empêcher de frissonner à la première ombre sur le mur, la pluie qui tombe sans cesse, le hululement des chouettes, les sons "témoins" servant d'intrigue (la scène du camp des Bohémiens où le son sature avant l'affrontement avec la bête)... L’essentiel, c’est bien entendu cette fameuse bête (ce monstre légendaire de la cité Médiévale tué par Dame de Sainte Urodèle, autre clin d'oeil au classique de Jacques Tourneur), celle que les habitants du village redoutent tant (sauf le secrétaire du maire qui rêve de la rencontrer et Franqui, défenseur de la statue de la Dame). Se couvrant de ridicule (la peur est montré avant tout sur le visage des victimes et sur leur mort), la bête est belle et bien aussi comique qu’horrible. Ce qui fonctionne avant tout dans ce film, c’est cette éternelle ambiance gothique, la bête n’étant qu’un point de l’histoire, reprise au grand dam par Jean-Pierre Mocky du roman de Jean Ray. Un point de l'histoire pour enfoncer encore plus loin le grotesque et la caricature mêlés à des personnages au destin suspect et noyé dans la mythomanie. Mais qu’importe, le film fonctionne à merveilles et se laisse regarder avec plaisir. On rit beaucoup et le charme esthétique des comédies des années 60, pas kitsch ok (on est pas chez Girault ici !) reste agréable. Quoi ?
Et comme le dit l'excellent et regretté Jean Poiret : "Le docteur Clabert roule de travers mais c'est à vous de marcher droit !"
Le docteur Clabert dit : "la tête défoncée à coup de marteau, c'est une mort naturelle !" (splendide Victor Francen)
Et n'oubliez pas, si vous prétendez connaitre Bourvil sans avoir vu "Un drôle de paroissien" ni "La cité de l'indicible peur", c'est que vous ne le connaissez pas vraiment... et ignorez beaucoup de choses !

Et pour toujours en savoir plus :
Film en noir et blanc
D’après le roman de Jean Ray
Première semaine d’exploitation sur Paris le 30/10/1964 : 37 266 entrées (source CBO)
Seconde sortie au cinéma le 28 juin 1972 sous son titre de tournage : « La Cité de l’indicible peur », version exploitée de l’ancien montage de Jean-Pierre Mocky. Le même magazine "Fiction" (n°228) qui avait assassiné le film, écrivit une critique plus favorable, sous la plume du grand Jean-Pierre Andrevon (12/72). Ce fut un succès colossal et le film entra dans la catégorie des "films cultes" des années 60. La projection fut en hommage à André Bourvil. La sortie vidéo reprendra pourtant la première version sortie en 1964 sous le titre « La Grande Frousse » avec les mêmes scènes supprimées lors de sa première sortie en salles. Il n’existe malheureusement pas encore la version fidèle et interdite du réalisateur sur support.
mercredi 25 octobre 2006
DAGON

Réalisé par Stuart Gordon en 2001
Ezra Godden (Paul Mars) , Francisco Rabal (Ezequiel) , Raquel Meroño (Bárbara) , Macarena Gómez (Uxía Cambarro) , Brendan Price (Howard) , Birgit Bofarull (Vicki) , Uxía Blanco (la mere d'ezequiel) , Ferran Lahoz (le pretre) , Joan Minguell (Xavier Cambarro) , Alfredo Villa (Capitaine Orfeo Cambarro)
D'apres une nouvelle d' HP Lovecraft
Produit par la fantastic factory.


(CLIQUEZ SUR LES PHOTOS POUR LES AGGRANDIR)
Paul et sa séduisante amie Barbara céèbrent le succès de leur dot.com compagnie sur le yacht d'un couple d'amis proches , près des cotes de la galice en espagne.
Apres qu'une tempête d'une incroyable violence eut fait s'ecraser leur bateau sur des recifs , Paul et Barbara réussissent a atteindre le rivage d'un petit port de pêcheurs appelé Imboca...
Alors qu'ils cherchent de l'aide , le village semble désert , mais a la nuit tombée ils vont découvrir les habitants , leurs rituels et leurs secrets , ceux ci sont en effet les disciples du monstrueux Dieu de la mer : DAGON.
Produit par la désormais Mythique Fantastic factory (une societé fondée par Brian Yuzna , qui produisit entre autre , l'interessant ROMASANTA- l'enfer des loups - , les nullissimes Faust et ARACHNID et l'excellent DARKNESS) DAGON aurait a priori tout du projet qui fait peur , trainé pendant plus de quinze ans par Stuart Gordon et Brian Yuzna , décrié par tous les fans de lovecraft avant même sa sortie , le film se traine une réputation de nanar ridicule.
Pourtant dés les 5 premieres minutes un constat d'évidence s'impose : Primo , Dagon n'a rien d'un nanar , secondo il pourrait bien s'agir de la meilleure adaptation de lovecraft vue sur un écran.
Génerique sublime et camera experte a la clé , Gordon nous entraine dans un enchainement intense d'horreur et de monstruositée en tout genre , nul besoin de se cacher derriere une intrigue faussement complexe , Gordon a bel et bien compris que ce qui fait la force d'un film c'est avant tout sa mise en scene et par consequent l'implication émotionelle qui en découle.
Dagon découle de cette logique proprement implaccable et precipite donc le spectateur dans plus d'une heure et demi de metrage hyper tendu et ultra nerveux , de l'attaque de la chambre d'hotel par des hommes poissons a des scenes de torture hardcore et gore (comme on les aime) en passant par une baston avec un homme poulpe dans une maison innondé , le réalisateur ne laisse que peu de répit a son spectateur , et lorsque le calme arrive enfin c'est pour mieux laisser place a une poesie lyrique superbe qui prépare avec brio la montée d'adrenaline suivante , sciant.
On comprend donc tres vite la note d'intention de stuart gordon , Revenir enfin a de la bonne série B nerveuse et méchante , du pur film d'horreur bourré jusqu'a la gueule de monstres dégenerés et de meurtres sadiques.
Pari réussi , tant Gordon n'a de cesse d'éblouir par une generositée qui force le respect , fonçant a corps perdu dans le gore le plus crade (ezequiel écorché vif) dans l'erotisme soft le plus jouissif (avec nombres de plans sur des filles topless absolulment gratuits) , n'oubliant pas au passage de livrer maints hommages a Tobe Hooper , Todd Browning et autres maitres du genre , et ne lesinant pas sur les monstres les plus flippants , Stuart Gordon livre une sorte de Série B parfaite , bourré a craquer de tout ce qu'on aime et le fait avec amour et respect.
Bien sur on pourra toujours jouer la fine bouche face a des effets speciaux pas toujours géniaux (les effets de latex sont somptueux mais les images de synthese toutes pourries) mais rien n'y fait DAGON reste une série B comme on en fait plus .
Armé d'un script classique mais béton , de sa camera et SURTOUT d'une paire de CORONES démesurées , Gordon risque de faire chier la generation scream a grand coups de monstres craspec , assumant le serieux de son propos jusqu'au bout , ne laissant que peu de place a l'humour ou au cynisme , il comprend qui plus est parfaitement les mecanismes de la peur et les exploite jusqu'a un final noir au possible , renouvellant sans peine a chaque instant le concept limité mais ultra jouissif de son film (en gros un mec est poursuivi par des mutants dans un petit village isolé) il signe ici son meilleur film depuis re-animator , et offre a la fantastic factory son plus beau film.
ALors bien sur , j'entends deja les fans du grand H.P hurler au scandale , prétexter que l'oeuvre de leur maitre est plus fine que cela , je leur répondrais par un grand OUI suivi d'un énorme NON , car si Lovecraft ne se jette en effet jamais dans le grand guignol , ces oeuvres sont toujours suffisament troubles et complexes pour que l'on puisse en tirer quelque chose de purement personnel , c'est ce que fait Gordon , fonçant dans le tas avec perte et fracas et livrant une petite perle de la serie B qui s'assume , vous je sais pas mais moi je dis RESPECT.
- Kitano jackson A.K.A Stuart Gordon's fan -
dimanche 15 octobre 2006
SHEITAN

Réalisé en 2005 par Kim Chapiron
Avec Vincent cassel , Olivier Barthelemy , Roxane Mesquida , Nico le Phat Tan , Ladj Ly , Leila Bekhti , françois levanthal
Ecrit par Christian et Kim Chapiron
Une bade de lascars un peu turbulants s'offrent un réveillon de noel dans la maison de campagne de l'une de leurs amies , la bas sur place ils rencontrent joseph le gardien de la maison , un paysan aux dents pourris ayant jetté son dévolu sur bart , le jeune homme le plus virulent de la bande , la nuit tombe et joseph devient de plus en plus etrange....
SEIGNEUR NE LEUR PARDONNEZ PAS CAR ILS SAVENT CE QU'ILS FONT
C'est sur cette phrase deja culte que s'ouvre le film , phrase significative a bien des egards de ce film , veritable ovni cinematograhique , qui fait l'effet d'une grosse tache sur la propretée bien pensante du cinoche français , majoritairement englué dans un auteurisme de pacotille.
Car sheitan est un VERITABLE film de sale gosses turbulents, qui ne respectent rien ni personne , en foutent plein la gueule a tout le monde et en profitent pour distribuer quelques bonne grosses tartes dans la gueule, LA CLASSE.

vas y , on s'en bat les couilles de noel ce soir on est la pour foutre la meeeeeeeerde
En effet pour ceux qui ne le savent pas , sheitan est le premier long du kourtrajmé, un collectif de fous furieux vachement sympathiques et depuis le début soutenu par cassel (voir le court je te tiens tu me tiens par ma barbichette) mais qui s'étaient jusqu'ici illustrer surtout en regard de leur insolence , car qu'on ne s'y trompe pas , si les courts du kourtrajmé peuvent apparaitre vraiment sympatoche en regards de leurs intentions , il n'en restent pas moins des oeuvres initeressantes d'un point de vue cinematographique et ne constitue de ce fait q'un leger avant gout de ce qu'est SHEITAN.
Car la principale crainte que l'on pourrait avoir a propos d'un film comme celui ci , c'est de le voir sombrer dans les abimes fatiguan,tes du film de pote , genre rarement renouvellé et qui finit par gaver , rassurez vous il n'en est rien , Sheitan beneficie d'une real soignée et histerique et l'on a d'ailleurs du mal a croire a la vision du film qu'il s'agit la d'un premier film.
De personnages bien croqués et génialement vrais (en tout cas pour la bande de jeunes , les villageois étant tout droit sortis de massacre a la tronçonneuse) en situations coquasses a hurler de rire , Chapiron tisse un VRAI film d'horreur dissimulé sous les traits d'une comedi bien noire et surtout ultra hardcore , pas une phrase sans vulgaritée , pas une réplique qui ne claque le tympan , les dialogues défoncent ici autant que la violence des coups (et question violence je peux vous dire que les mandales qu'ils se prenent dans la gueule sont parmi les plus violentes jamais vues sur un ecran) , chapiron vise sous la ceinture , et y va a fond dans la violence la plus frontale , le sexe le plus cru , les dialogues les plus barbares et les situations les plus immorales , un authentique bad mother fucker movie qui risque de faire bien mal la ou il passe.
C'est simple on avait pas vu ça depuis les demons de jesus ou encore dobermann avec le même vincent cassel (egalement producteur d'ailleurs , pour resumer le film ne se serait jamais fait sans lui , il a fait confiance a cette bande de frapadingues et leur a laissé champ libre, qui a dit la classe??) excellent dans le role de joseph , carricaturant a outrance ce personnage de paysan sympathique (enfin bon tout est relatif hein) a la force surhumaine , il livre une performance qui frole le génie et risque de vous faire hurler de rire.
Pourtant si le film doit beaucoup a Cassel, il ne faut pas pour autant oublier la troupe qui l'entoure , touis excellents et convaincants , recitant leur repliques comme si leur vie en dépendaient (mention speciale a olivier Barthelemy et a nico la Phan tan MORTELS "t'as baltringué mec t'as baltringué") et créent un veritable lien avec le spectateur (primordiale pour la suite du film, qui risque de vous faire rire jaune).
Neanmoins on aurait tort de resumer SHEITAN a une comedie noire (même excellente comme c'est le cas) car le film est egalement un VRAI film d'horreur, hardcore et ultra violent , soutenu par une real plutot maitrisée (du moins e, regard des ambitions du film et de ce qu'il veut être , a savoir un trip histerique) , viscerale dans sa violence et carrément géniale dans sa propension a pousser le film vers l'experience sensorielle pure et dure (la scene du rêve dans la voiture est HALLUCINANTE ).
A grand coup d'accelerations extremes et de cadres improbables (soutenus par une photo et des decors a Tomber) Chapiron installe tres vite une almbiance malsaine suintante et perturbante , ainsi certaines scenes rapellent la bizzarerie du CALVAIRE de fabrice du weilz (même si SHEITNA ne peut prétendre a la releve de ce chef d'oeuvre) , a ce tritre la scene de la grotte chaude rique d'ailleurs de faire fremir les plus sensibles , et de faire hurler de rire les autres.
Cette horreur froide et violente melée a un humour mechant (les blagues sur les handicapés mentaux même subtiles fallait oser quand même, faut voir vincent cassel en coller une au petit gilou...) font de sheitan un film a part dans le paysage cinematographique français , un film qui derape hors des entiers battus et evite la majeur partie des ecueils du premier film de djeuns (même si quoiqu'un en dise Chapiron est un jeune gars inexperimenté et qu'il a encore tout a apprendre , qu'importe SHEITAN est de ces films qui laissent augurer du meilleur pour la suite) , un pur film de genre vu par un type qui connait visiblement ses classiques (nombres d'hommages a tous les niveaux , voir l'apparition de monicca bellucci) mais trouve son identité propre , gratuit ?
Bien sur mais c'est ce qui en fait toute la force , comme un mechant taquet dans le front le but est de faire mal aux uns , de faire marrer les autres , d'outrer au maximum les bien pensants (voir le clip des SHEITAN , le groupe de rap le plus "hardcore" du monde , que certains ont pris a tort au serieux alors que la vision de la chose suffit a comprendre la démarche limitée mais jouissive de provoc gratuite mais extreme) et de cracher sur tout ce qui est établi (dieu s'en prend une au passage , lorsque dans un elan poetique bart s'exclame " ça fait vingt ans que je galere il a jamais rien fait pour moi dieu , alors nique sa mere celui la aussi " ha ha ha ha ha ha ).

hé bart tu veux que je te prette un slip??
SHEITAN c'est donc tout cela , un film qui sera detesté par les uns adulés par les autres , mais le plus marrant dans tout cela c'est que Chapiron et sa bande n'en ont certainement strictement rien a foutre , ils ont laché la bête , les degats qu'elle fait sur son passage ça ne les regarde pas , et puis quand on ne prend personne dans le sens du poil faut s'attendre a se faire taper dessus par un max de gens .
Un film mechant mais alors Vraiment vraiment mechant , et l'un de mes films favoris cette année , un vrai film de sale gosse je vous le disais.
-kitano jackson-

dimanche 20 août 2006
LITAN

Un film de Jean-Pierre Mocky
1981 ; France ; 1h23
Scénario de Jean-Pierre Mocky, Jean-Claude Romer et Frédéric Granier
Sortie le 24 février 1982
Avec : Marie-José Nat (Nora) ; Jean-Pierre Mocky (Jock) ; Nino Ferrer (Docteur Julien) ; Roger Lumont (Bolleck)
Film interdit aux moins de 12 ans
Résumé : Parmi les brumes de la cité montagneuse de Litan, on fête les trépassés. Mais, cette année là, à la suite d'un affaissement de terrain, les morts du cimetière sont tombés dans le torrent et d'étranges formes lumineuses sont apparues dans les eaux de la rivière souterraine... Bientôt, les morts prennent possession des vivants... Le Docteur Julien, un chercheur, tente d'utiliser ce phénomène à son profit en réincarnant l'âme de sa femme défunte dans le corps de son assistante, Mlle Servais. Jock, un géologue et Nora, sa compagne, vont se trouver précipités dans une série d'aventures surprenantes... Où est passé Bohr, l'assistant de Jock ? Qu'est-il arrivé au jeune scout, Éric ? Que fait donc le commissaire Bolek ? Après de folles poursuites entre l'hôpital et la tannerie, du cimetière aux grottes souterraines, Jock et Nora seront finalement réunis, non pas l'un avec l'autre, mais l'un dans l'autre!...
Film rarissime (l’unique cassette vidéo s’élève à plus de trois milliards de centimes), « Litan » est une des œuvres contemporaines les plus crépusculaires du cinéma français. Contemporain, c’est un mot que j’aime bien, moi ; contemporain. Fier que se soit Jean-Pierre Mocky (aussi unique que son film) qui l’ait réalisé. Alors « Litan » c’est quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette chose, tu vas me dire, cher ami cinéphile qui ne connaît peut-être pas ce truc glauque et cousu de fils blancs. Ses passages télé ne se répètent pas tous les ans sur la troisième chaîne des antennes erthziennes pour les fêtes, oh que non ! « Litan » n’est passé que trois fois à la télévision depuis sa sortie dans les salles obscures. Ce n’est pas un acharnement des critiques cette fois-ci, au contraire, ces dernières ont pour la plupart appréciés ce film de Mocky, content d’avoir reçu un prix au festival d’Avoriaz (le même qui récompensa La Mouche, Phantom of the Paradise ou encore Dead Ringer) et sifflé par ses collègues Brian De Palma et John Boorman en gueulant dans la salle « c’est quoi cette merde ? Il m’a piqué mon idée ! » dans un étranglement limite hystérique. L’idée en question est le très gros plan des yeux de Marie-José Nat à la fin (dans l’église des zombies), qui rappelle en outre une des séquences choc du film Sisters de De Palma. Ah la la, tous ces cinéastes qui se piquent leurs idées. Mais il faut reconnaître que seul Jean-Pierre Mocky, en France, nous a gratifié un spectacle aussi malsain et délirant que ce « Litan » majestueux. On est loin des polars des années 70 ou des comédies cyniques de la décennie 60. On est loin aussi de s’imaginer en 1982, la carrière prochaine du réalisateur, constamment en perpétuelle évolution, oscillant entre le drame, la tragédie, le policier made in eighties et le fantastique. « Litan » en est le premier épisode, zappons immédiatement cet essais sordide et désopilant de La cité de l’indicible peur avec Bourvil et Jean-Louis Barrault. « Litan » est un pur film d’horreur où les personnages restent immobiles (Jean-Claude Remoleux) ou sont complètement tarés (Dominique Zardi en chef des fous), ne parlent pratiquement pas, portent des masques bizarroïdes (succès au Japon, allez savoir pourquoi, la Shaw Brothers lance de suite son Human Lantern décisif), une musique en hommage aux Goblin, groupe attitré de Dario Argento (Suspiria, Profondo Rosso) nappée de synthétiseurs rebondissants… Aaaah…
...Qu’il est bon de revoir depuis Fog de John Carpenter, un brouillard aussi monstrueux qui apporte la mort et fait sortir les cadavres de leur cercueil. Pour les fans du genre, « Litan » est une espèce d’ofni méconnu qui mérite l’œil et l’oreille ; un tourbillon de sons magnétiques, de bizarreries en tout genre, de musique symphonique. Seul bémol : le film se passe durant la journée. Mais le macabre et le noir ne sont jamais très loin. Il y a cet hôpital lugubre, où les draps maculés de sang voltigent au vent pour sécher on ne sait où –les meurtrières de ce bâtiment qui donnent sur l’étang pollué (et parfois, ces draps dissimulent des indices cauchemardesques)… Il y a ces personnages caricaturés, ce découpage bande dessiné qui nous rappelle que l’on est dans un délire lunatique visuel proche du n’importe quoi et du grotesque. Il y a les décors (le cimetière est confectionné par Mocky lui-même), le village dédaléen, la course contre la montre durant tout le film (action non-stop donc), les cadrages (beaucoup de contre-plongée) et idées de mise en scène (travellings continus, tout en plan séquence) et enfin, les cris de Marie-Josée Nat devant le visage aspergé de sang de son mari Jock, incarné par « l’homme », Mocky himself, marginal et iconoclaste ; interprétation à l’emporte pièce, dialogues utopiques, Nino Ferrer en médecin fou qui redonne vie aux cadavres (une de ses plus belles partitions musicales aussi) puis enlève celle des vivants pour faire revivre dans ses fantasmes, sa femme…
…Et tout cela avec un modeste budget ! Même le Jean-Pierre n’en revient toujours pas. « Comment avec si peu de fric, on a pu faire un truc pareil ? » Le talent, pas du moins. Parce que le talent de Jean-Pierre Mocky réside dans les décors désolés et menaçants, le burlesque absolu de ses personnages à contre-emploi, son insolente vérité et sa fusion des genres. Mocky n’est pas le petit provocateur (de télé actuellement) qui a réalisé des comédies un peu perverses comme « Les saisons du plaisir » ou « le miraculé » ; pourtant, c’est ce qui reste dans les mémoires, pour ceux qui ne s’attardent pas plus sur le bonhomme. Mocky est l’homme d’un film : « Solo » en 1969. Il a fait plus de cinquante longs métrages, alors son expérience du cinéma, excusez-moi, mais il en connaît un rayon et il n’a plus rien à prouver, même s’il a un peu ramolli du gland et qu’il n’est plus le redresseur de tords « sexy truand » des années soixante-dix. En 1981, Mocky entame sa troisième décennie du pouvoir de l’image ; celle où tout va se jouer pour sombrer plus tard dans le machisme et faire jouer Marianne Basler dans un film pauvre en qualité mais riche en hargne. Les années 80 méritent donc le coup d’œil.

le grand Nino Ferrer en acteur
L’ouverture de « Litan » est le rêve –prémonitoire de Nora (à noter, un rôle non conforme à Marie-Josée Nat) où l’on peut voir très rapidement l’orchestre symphonique aux musiciens masqués, une danse de mort où tout le monde est aussi masqué de têtes de mort sanglantes, un funambule sur son bicycle près à la chute et enfin le visage de Jock, aspergé de sang. Cette ellipse ne nous conduit nulle part, sauf au dénouement de l’histoire. Le film peut alors commencer. A moins qu’il ne soit fini ? Une question perplexe qui laisse des « trous » dans le scénario voulu par Mocky lui-même. Des trous pour laisser libre court à l’imagination du public, des gens qui auront été voir le film en salle. Peut-être trop avancé sur son temps (comme l’était Nino Ferrer d’ailleurs, en musique) « Litan » se révèle bien vite être un casse-tête chinois où le parallèle entre les diverses scènes clefs du film seraient, en outre leur virulente vision de la mort, un indice précurseur au rêve d’ouverture. Pendant ces presque deux minutes, l’intégralité du film
est passé, du moins, les points de repère, les balises plus proprement dit, ainsi et comme le dit le réalisateur : les fameux trous séquentiels du scénario seraient subordonnés à l’imagination. Inversement au cahier des charges du cinéma fantastique, Jean-Pierre Mocky donne un ton lumineux au macabre et place la mort au premier plan où tous les personnages seraient confrontés à elle à divers moments du film ; la fin, dans la prison abandonnée où est enfermé Jock aux côtés des flics immobiles sur leur chaise, le revolver pointait on ne sait où (on le sait que plus tard), est l’un des retournement de situation les plus absurdes du film –nous sommes bien alors dans l’utopie la plus générale bien que l’ambiance n’y fasse pas totalement allusion. « Litan » est un film cerveau. C’est un film qui réfléchit face au genre humain et à la conscience de chacun face à un dénominateur commun qui serait présent en chacun de nous chaque jour : on ne sait jamais quand la mort va frapper. Même si la mort (icône effacé derrière une grande capuche brune et une faux) ne se distingue pas, elle nous apparaît sous les traits des personnages, peu a peu devenus des cadavres ambulants. Quand Roger Lumont se fait empaler dans les scies à la fin de la poursuite, c’est un autre moment du rêve de Nora, mais au sens inverse. Au lieu que se soit elle qui se retrouve transpercée par ces lames tranchantes, c’est son opposant –flic qui ne la croyait pas, elle et son mari (étrangers dans la région) et qui est finalement prit par son propre piège. Tout s’achève sur une messe pas comme les autres avec dans l’œil –et la conscience des survivants (pour la plupart d’entre eux, des zombies) les morts qu’ils n’ont pas pu sauver…
« Litan » est un chef d’œuvre de plus à ne pas nier, particulièrement gore et inventif. Un fait rare dans le cinéma français. Il y avait Clouzot, Georges Franju : « les yeux sans visage » (qui, il ne faut pas oublier, lança définitivement Mocky en 1959 dans « la tête contre les murs »), il y a Jean-Pierre Mocky (bien évidemment), comme il y aura Domink Moll et le tout jeune espoir Fabrice Du Welz.
« On s’était donné rendez-vous dans 10 ans … avec ces jeunes gens, criblés de talent, de talent ! » Bon film !
Pour toujours en savoir plus :
Musique de Nino Ferrer.
A noter que les morceaux choisis par Jean-Pierre Mocky sont disponible sur l’album « ex-libris » du chanteur.
Pour l’écriture du scénario, Jean-Pierre Mocky fait appel à son ami Jean-Claude Romer, un spécialiste du fantastique et du cinéma d’horreur qui publia un document exclusif pour les « Cahiers du cinéma » en février 1982 (lire : « Litan ; un espace infernal » de Michel Chion aux Cahiers du Cinéma – n°332) C’est le producteur Roger Corman qui racheta les droits du film pour le marché américain. Une version anglaise était en projet mais elle a été avortée pour faute de temps et de l’indisponibilité des acteurs au moment de la post-synchronisation. Jean-Pierre Mocky, quand à lui, était déjà en tournage de « Y’a-t-il un français dans la salle ? » avec le mari de Marie-Josée Nat : Victor Lanoux. Le réalisateur et le comédien se sont liés d’amitié car Lanoux suivait sa conjointe sur le tournage de « Litan ». Il allait à la pêche, l’une de ses passions. C’est Michel François qui réalise les effets spéciaux à Londres.
-LE SHAMAN-
mardi 18 juillet 2006
Peter jackson's king kong

réalisé par peter jackson en 2005
avec Jack Black, andy Serkis, Naomi Watts, Adrien Brody, Collin Hanks, thomas Kretschman
(voici un petit extrait de quatres minutes du ce chef d'oeuvre absolu, pour ceux qui ne l'auraient toujours pas vu)
Quant a l'âge de neuf ans Peter Jackson découvre King Kong de Merian Cooper et Ernest Shoedsack, il ne sait pas encore que ce grand film d'aventure aux effets spéciaux révolutionnaires de Willis O'Brien va changer sa vie. En effet, Jackson ne cesse de le clamer partout, King Kong est le film qui lui donna l'envie de faire du cinéma (Nda : on ne remerciera jamais assez Cooper et Shoedsack pour cela)
ainsi quant il annonça en 1996 qu'il s'apprêtait à tourner sa propre version du mythe, le fan de base ne pouvait que saliver. Hélas les événements qui suivirent sont bien connus de tous aujourd'hui et nous rappellent que le monde du cinéma est bien pire que Skull island. Retour sur la genèse d'un projet rêvé. En 1996 Peter Jackson Frappe à la porte du studio Universal, dans ses mains, il détient le script de King Kong, il s'agit d'un film d'aventures se déroulant pendant la guerre de quatorze au ton très humoristique qui convainc sans peine les producteurs. La pré-production est lancée le budget atteint des sommets encore inconnus a l'époque (bien que plus de 10 fois inférieur à celui du King Kong de 2005 !!!!). Jackson est aux anges, il s'apprête enfin a commencer le tournage du film de sa vie, de son rêve de gosse, il sera celui qui vengera les fans du remake foireux de John Guillermin (et de son ignoble suite, dans laquelle Kong subit un greffe de cœur avant de courir dans la prairie façon Laura Ingalls avec sa femme et son fils, il faut le voir pour le croire !!!), Mais c'était sans compter sur les échecs de ce " tâcheron " de Rolland Emmerich et de son gros lézard vert bouffi a l'andouillette et à la fougasse (c'est Godzilla ça ???) et du remake pitoyable de Mighty Joe Young sorties la même année, or de tels gadins au Box office ce n'est pas pour plaire au producteurs, et puis un producteur il faut le savoir c'est très con, un producteur c'est incapable de faire la relation entre la nullité cosmique des deux nanars cités précédemment et leurs échecs respectifs au box office, le producteur dans sa grande intelligence préfère se consacrer à une équation plus simple : LES ANIMAUX GEANT AU CINOCHE C'EST PLUS RENTABLE. En une fraction de seconde les rêves de notre néo zélandais préféré partent en fumée.


N'allez cependant pas croire que la version de ce Kong de 1996 soit totalement invisible, car il vous est possible d'en voir une grande partie dans le film La momie de Stephen Sommers, pour les besoins duquel les producteurs ont allégrement pillé le script de Jackson et Walsh (et oui quitte a être con autant l'être jusqu'au bout !!!). Dépité le gros génie barbu s'en va réaliser Fantômes contre fantômes, produit par Robert Zemeckis, il en profite pour faire sa petite enquête sur la manière de réaliser plusieurs films en même temps (Zemeckis était à l'époque le seul a avoir réussi cet exploit, en tournant en même temps Retour vers le futur 2 et 3) enquête qui le mènera bien entendu à réaliser la mythique trilogie du Seigneur des anneaux.
Nous sommes en 2003, le retour du roi fait une sortie fracassante sur les écrans du monde entier et clôt la trilogie avec brio, c'est alors que Jackson surprend tout le monde (et oui, qui pensait qu'il allait tourner le Hobbit hein ? allez avouez !!!) et fait une annonce qui fait l'effet d'une bombe : il a commencé la réécriture de son bébé : King Kong. Écrasante nouvelle, car après le carton cosmique de sa trilogie on ne doute pas une seule seconde de la liberté totale du maître sur ses futurs projets, de plus, la maturité acquise sur LOTR lui permet de retravailler son script de manière plus sérieuse moins légère, le traitement qu'il lui applique se rapproche de celui du seigneur des anneaux, pas de second degré ici mais du sentiment, pur et exacerbé, il réunit donc sa dream-team composé de sa femme Fran Walsh, de Phillipa Boyens et de lui-même et il s'attelle a ce qui sera le plus gros film d'auteur de tous les temps (car qu'on ne s'y trompe pas Peter Jackson est un auteur à part entière, la preuve? Un film de trois heures (!!!) tourné en Nouvelle-Zélande produit par Jackson, écrit par Jackson réalisé par Jackson dont les effets spéciaux ont été réalisés par la boite de Jackson (!!!) 2 ans plus tard le résultat est là : L'heure du verdict !!!


Mes amis, l'heure est venue de remercier Tonton Emmerich, car sans son plantage sur Godzilla, il est évident que le film que je viens de voir (j'en tremble encore) ne serait pas le même, on remercie donc le petit Roland (mais on lui laisse son bonnet d'âne) et on passe aux choses sérieuses car le film va au-delà de tous les espoirs. On le comprend dés la séquence d'intro qui nous propulse dans un new York plus vrais que nature et surtout bien loin de la vision glamour dont on a l'habitude, ici les comédiens crèvent de faim, les gens vivent avec des animaux et les riches sont des salopards de profiteurs (les producteurs ne sont pas gâtés, un compte a régler Peter ?), On comprend également que bien loin de Lucas et de sa dernière trilogie Star Wars Jackson ne capitalise pas sur les effets spéciaux mais sur les personnages, brillante exposition dans laquelle il se permet de prendre son temps (environ quarante cinq minutes) pour mieux faire monter la pression et tout faire exploser lors de la tétanisante et pharaonique scène de naufrage du venture. Nous sommes sur Skull island, tremblants et apeurés (un exploit étant donné que l'on sait ce qui va se passer !!!) une tribu cannibale capture Ann Darrow, Kong apparaît sous nos yeux !!!
Et c'est là, au sein de cette jungle luxuriante vivante comme jamais que le maître nous dévoile sa créature, dans une scène d'une sauvagerie absolument soufflante soutenu par des effets spéciaux sidérants, King Kong prend vie la sur l'écran, sauvage et brutale, cadré caméra a l'épaule comme seul Jackson sait le faire, le gorille de neuf mètres semble bel et bien vivant, fait de chair et de sang!!! Déjà comblé le spectateur croit pouvoir se reposer mais doit faire face à prés de deux heures d'action non-stop soutenues par la musique magnifique de Howard. Mais la force du film réside dans le fait que Le réalisateur ne perd jamais de vue le principal : l'émotion, et tisse un lien de tendresse d'une candeur absolument bouleversante entre le gorille et Ann Darrow soulignant encore plus la quasi-schizophrénie de la bête (là où l'érotisme des précédentes versions appuyait sur le coté bestiale), Le message est clair Kong est une créature sauvage mais innocente, se comportant avec une douceur infinie avec Ann il n'en reste pas moins un colosse d'une force et d'une sauvagerie redoutable et il n'est ainsi pas rare de passer d'une scène d'une tendresse touchante à une scène de carnage orchestré par le même gorille, la question du film se pose enfin, qu'est ce qui nous définit en tant qu'humain ? Est-ce notre apparence ou est ce nos actes, car Kong est de toute évidence un chevalier indompté, symbole d'une liberté totale enchaînée par une société qui le craint, et apparaît comme étant l'un des personnages les plus humains, et c'est sans détour que Jackson nous balance des émotions pures, dénuées de tout cynisme malvenu, en s'adonnant à une certaine poésie et en prenant le temps de tisser une relation entre Kong et le spectateur.


Alors quant enfin arrive la fameuse scène de l'empire state Building, le bruit des biplans finira de fendre le cœur du spectateur, car l'issue est proche, Kong doit mourir, et c'est avec une émotion non dissimulé et une pudeur admirable que le maître néo-zélandais filme la mort de l'animal, pas d'effets pompiers, pas de mouvements de caméra racoleurs, il le laisse partir et filme tendrement l'émotion de ses personnages, puis il libère le spectateur (moi en l'occurrence) qui en sortant de la salle regardera le ciel rêveur dans le but d'y apercevoir en haut d'un immeuble la silhouette d'un gorille géant tenant dans ses bras une frêle jeune femme transie d'amour&ldots; il repensera à ce film, le plus beau vu cette année et le plus spectaculaire jamais réalisé.
-Kitano Jackson-
dimanche 16 juillet 2006
FRAGILE

Réalisé en 2005 par Jaume Balaguero avec Calista Flockhart et Richard Roxburg.
Film interdit au moins de douze ans
Amy est une infirmière pour enfants au passé douloureux, elle arrive dans un vieil hopital ên attente d'être évacué pour y effectuer des gardes de nuit.Mais dans l'hopital des phénoménes étranges apparaissent....
(Bon il faudra pardonner ce résumé un peu "basique" du film mais il me serait insupportable de trop en révéler, sachez seulement que le film passe en ce moment même sur canal + et que ce serait un crime envers le cinema de le louper!!!)

Déja réalisateur du tromatisant "la secte sans nom" et du sympatoche "Darkness" Jaume Balaguero réalise avec Fragile un véritable chef d'oeuvre aussi bouleversant qu'effrayant, une grande oeuvre belle et sincère dont la splendeur de la mise en scène n'a d'égal que la puretée hallucinante du scenario, un pur film d'amoureux du film de genre comme on aimerait en voir plus souvent, qui prouve encore une fois (Aprés s'être mangé les monstueux films de mecs géniaux comme ALex de La Iglesia, Alejandro Amenabar, Enrique Urbizu, Paco Plaza, ou même guillermo Del toro avec son sublimissime l'échine du diable) que le cinema de genre espagnol est actuellement le plus beau du monde!! rien que ça.(bon allez une mention spéciale aux anglais quand même parce que Creep, shaun of tthe dead et the descent c'était pas de la daube!!)
Fragile en est l'exemple le plus frappant (pur film de fantômes qui va vous filer des cauchemards) Balaguero y installe un climat oppressant et malsain, glauque et sombre, mais aussi traversé d'éclairs de poésie pure, au travers de visions fantomatiques tantôt tetanisantes tantôt mélancolique. Le décor devient un personnage a part entière, reflet de l'état psychologique de son personnage principale qui se désagrège et se fend litteralement, reprenant ainsi l'idée de Nakata et de son dark water (seul film auquel ce fragile est vraiment comparable)) Blaguero se sert de son décor pour installer une tension réellement palpable et orchestrer des apparitions fantomatiques subtiles mais tromatisantes (on en reparlera encore dans vingt ans de la mise a mort de roy!!) ce qui suffirait déja amplement a hisser Fragile au rang des oeuvres les plus flippantes jamais réalisée, mais refusant de se reposer sur ses acquis Balaguero insuffle a son film une véritable émotion qui risque de vous filer la larme a l'oeil.

Reprenant son thème fétiche de l'enfance (et des peurs enfantines) pour mieux le détourner ensuite, et comprenant que chaque adulte a été un enfant (mine de rien comprendre ça c'est pas si simple) Balaguero tisse un véritable drame humain a la portée universelle en détournant subtilement les codes du film de fantome qu'il semble s'approprier sans mal (sur ce point je n'en dirais pas plus au risque de spoiler et ça je m'y refuse). Et puis soyons honnête une mise en scène de cette teneur ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion d'en voir!! chaque plan est d'une beautée a couper le souffle, d'une précision sans faille dans la composition de ce qui semble a chaque fois être de véritables tableaux en mouvements, finement l'artsite nous emmène vers un dénouement si évident qu'il en devient carrément sublime et relève du jamais vu, le realisateur y sacrifie la peur au profit une émotion pure qui écrasera le coeur des plus durs.

Mais si il est question d'enfance dans Fragile il est également question de mort et d'amour, chaque thème y est exploré avec profondeur et humilitée (pas de pensum chiant mais un véritable message transmis émotionellement) Balaguero y donne a voir sa propre vision de la vie qui n'est certes pas nouvelle mais qui a le mérite d'être sincère et dénuée de tous raccourcis facile, fragile comme l'indique le titre la vie est fragile, l'amour la mort aussi, l'enfance a l'image de cette petite fille cassant comme du verre, une vision d'une noirceur assez glaçante mais qui semble néanmoins contenir de grands éclairs lumineux (vous verrez la fin, si vous chialez pas je me fais curé tiens!!). sans pitié le génie espagnol orchestre un lot de scènes chocs jamais vues sur un écran, a ce titre la scène ou les jambes des enfants cassent les unes après les autres dans le couloir de l'hopital va vous faire frissoner comme rarement, retrouvant la grace d'un cinema que l'on croyait disparu (mais qui réapparait petit a petit avec des oeuvres comme May, Le crime farpait, Land of the dead, wolf Creek, the descent etc... bien sur ces films n'ont a priori rien a voir les uns avec les autres mais en fait en y regardant de plus près on se rend compte qu'ils sont tributaires d'un esprit, d'une tradition cinematographique commune donc moi je me contenterai de dire: Yahouuuuuu) avec une maestria digne de carpenter ou Romero, Jaume Balaguero signe ici son chef d'oeuvre, un film qui défie toute analyse critique.

Vous savez donc ce qu'il vous reste a faire, sachez juste que le DVD sort Le 12 juin et que si vous ne l'achetez pas dés le jour de sa sortie et bien vous vous êtes trompé de blog, (bon restez quand même hein c'est pas grave) en tout cas moi une chose sest sure je serais le premier devant le magazin!! Putain faut que je revois ce film au plus vite, le meilleur film de cette année serait il déja sortie??

-kitano jackson-
PS: D'ailleurs puisqu'on en parle faudra m'expliquer quand même pourquoi ce film n'a pas droit a une sortie salle tandis que des films comme CAMPING sortent a l'affiche putain qu'est ce que ça peut m'énerver ça!! messieurs les ditributeurs vous êtes des gros enculés!!! voila...
jeudi 29 juin 2006
VIDEODROME

Un film de David Cronenberg
1982 - Canada - 1h24
Avec James Wood ; Deborah Harry ; Sonja Smits ; Les Carlson
Scénario de David Cronenberg
Max Renn est le directeur d’une petite chaîne câblée en quête de sensations fortes et de programmes capables de faire décoller son audience. Il capte un jour une émission diffusée venant de Pittsburgh répondant au nom de Videodrome. Un programme de télévision qui montre en direct des scènes de viols et tortures. Plusieurs événements doivent se rattacher à ce Videodrome et tout commence à se chambouler dans la vie de Max.
BANDE ANNONCE ORIGINALE:
Monsieur le « Père de la Nouvelle Chair » a encore frappé en 1982 avec ce film constructif et au-dessus de tout soupçon. Alors, ami cinéphile qui t’apprête à plonger tes yeux dans cette critique, tu mérite moult attention à l’égard du plus averti, puisque ce film est une vraie bombe atomique ! Un concentré d’horreur biologique et de thriller visionnaire au centre (non pas de la Terre) mais de la télévision. Alors actuellement en plein délire télévisuel, les chaînes françaises qui aiment à plagier les programmes les plus débilement grotesques américains n’ont pas révisés leur bilan cinématographique. Parce que la télé, ça fait mal. Et trop la regarder présente un blasphème qui pourrait être évité en temps de guerre nucléaire. Y allons-nous ? David Cronenberg a fait une critique sur la télévision aussi visuellement réelle que fantastique. Un film fort sur le pouvoir de l’image.
Parce que le point fort de « Videodrome » c’est quoi ? Et bien tout d’abord, c’est d’avoir imaginé un programme de télévision affreusement sale et manipulateur. Les effets secondaires émis sur Max Renn (James Wood) seront dévastateurs. Le second point fort du film est d’avoir fait frissonner le peu de gens qui l’on vu à sa sortie au cinéma. L’approche de leur magnétoscope fut terrifiante. Oh la la !
« Videodrome » n’est pas seulement un film sur le pouvoir de l’image, c’est aussi un film qui montre que l’image a tous les pouvoirs du droit sur la personne. David Cronenberg, avant d’avoir l’idée d’en faire un film d’horreurs, voulait faire voir la dégradation d’un être humain face à l’obsession qu’endure son esprit puis son corps face au petit écran ; vous savez le petit écran noir… Le petit écran qui vous vise, vous observe intimement sans mot dire. Ce petit écran là est bien plus diabolique qu’une simple cassette vidéo, même si elle a la forme d’un organe bien cradoque ! En plus ça bouge, bark, ce n’est pas beau. Mais les maquillages supervisés par Rick Baker sont en revanche très réussis.
Tous les délices de David Cronenberg sont dans ce chef d’œuvre. Entre les manipulations génétiques des corps, les corps qui se bourrent, les organes qui s’éjectent d’un écran, des sexes qui se rencontrent, « Videdrome » est un panel d’inventions chères à son auteur qui nous avait déjà fait frissonner avec le fameux Scanners en 1981.
« Videodrome » c’est un peu tout cela à la fois : un film d’horreur biologique, un thriller surnaturel, un drame et enfin une œuvre à part dans le cinéma fantastique. Les effets spéciaux sont très réussis et la « mythique » scène de James Wood (grandiose) qui rentrent la tête dans l’écran de télévision fait partit des scènes les plus sexuelles qui soient. Elle fut même reprise dans un film porno débile où des verges sortaient de l’écran. Mais bon, l’inspiration est là !
Bien qu’il y est d’innombrables études faites sur le film, « Videodrome » reste une œuvre purement maîtrisée qui se veut passionnante en gardant le secret en elle. Il faut chercher bien profond pour trouver bien des séquelles encore enfouies dans les ténèbres de ce gigantesque kaléidoscope de styles. Et malgré toutes ces études, aucune ne pourra trouver la fin de ce film. Il en existe une version intégrale, plus propre au réalisateur en offrant un plan visuel de la dégradation psychologique du personnage de James Wood. Dans l’une de ces scènes, on le voit et on imagine mal encore à l’époque comment peut-il procéder à une conversation téléphonique en voyant son interlocutrice (Nicki Brant, Debbie Harry) par l’écran de télévision. D’où le secret de la web-cam ? Autre surprise du genre, le « casque à hallucinations » longtemps expérimenté mais jamais mit en œuvre. Il est tout simplement catapulté par Cronenberg dans une hallucinante scène sado-masochiste où James Wood, armé d’un fouet latte la gueule de la télévision qui fantasme sous les coups.
Et après ? Retour dans le lit de James… Une ellipse bien foudroyante qui laisse encore perplexe ! Mais en retour de cauchemar, on s’aperçoit que la réalité se confond aux rêves. Là aussi il y a des explications qui traînent et nous font languir. Mais est-ce que finalement Cronenberg a fait exprès de nous mener en bateau ? Peut-être que oui. Le scénario, bien qu’il ne soit pas écrit avec des palmes redoute quand même l’efficacité qu’apporte le montage final. Et c’est en regardant les story-boards que l’on sait que Cronenberg s’est bien amusé en esquissant toutes les scènes-choc de son bébé, un exemple ? Oui !!! Nous voulons un exemple, un exemple, un exemple ! (en chœur s’il vous plait !)
Le ventre de James Wood qui s’ouvre tel un vagin humide ; qui se révèle en faites être un rangement pour son revolver est magnifiquement bien vu. Et même si on ne voit aucune partie génitale dans « Videodrome » l’ambiance reste très sexuelle et les effets gores renforcent d’autant plus cette vision du sexe gratuit. Du sexe pour tout le monde ! Mais attention, le film n’est pas à voir si vous voulez vous taper une soirée porno ! Non, là mieux vaut se louer une cassette…

David Cronenberg est un poète visionnaire qui fait de ses cauchemars des films, de ses obsessions des images textuelles. Et même s’il a souvent une paire de seins dans le coin de son gigantesque cerveau, il démontre avec sa vision du cinéma, certes pas réservé à tous le monde, un univers alambiqué, machiavélique et maîtrisé. Une sacrée démonstration de ce qu’est l’art moderne en le fusionnant avec des choses vieilles comme le monde.
Pour tous ceux qui n’auraient pas encore vu « Videodrome » je vous engage à le visionner et ne pas hésiter à laisser un avis sur ARTCANCRE, histoire de faire durer le débat...
LONGUE VIE A LA NOUVELLE CHAIR!
Et pour toujours en savoir plus :
Film interdit aux moins de 12 ans
Budget de 6 M$
Sortie en France le 16 mai 1984
Produit par Claude Heroux
Maquillages et effets spéciaux de Rick Baker ("Star Wars", "An American Werewolf in London")
Musiques de Howard Shore
En France, version tronqué de 7 minutes. Version intégrale inédite.
Se procurer l'édition collector DVD zone 1 éditée chez Anchor Bay.
-LE SHAMAN-
THE CROW
Réalisé par Alex proyas en 1994
Avec Brandon lee, Ernie Hudson, Rochelle Davis, Michael Wincott, Ling Bai
Avant de devenir le film culte qu'il est aujourd'hui pour un grand nombre de fan de fantastique, goth ou affiliés, The Crow est et restera l'oeuvre d'une vie. Celle de James O' Barr, un dessinateur de Comics né à Détroit en 1960 qui mettra dans ses planches toutes les tristesses, colères et frustrations qu'il a vécu suite au décès de sa bien aimée suite à un accident impliquant un chauffard sous l'emprise de l'alcool.
Mis en image dans un superbe noir & blanc, ses dessins font preuve d'une noirceur aussi profonde qu'esthétique qui va chercher ses racines dans une forte influence de la scène Rock, Punk et Gothique de la grande époque : Bowie, Iggy Pop... et les univers gothique ( Eglises, cimetières ) et industriel ( Usines désaffectées et immeubles ) issus du cinéma et de l'architecture environnante de l'auteur.
A la croisée de l'image et du son naît alors un personnage au visage maquillé de blanc, vêtu de noir des pieds à la tête et revenant de la mort elle même pour venger celle qu'il aimait plus que tout.
Si cette histoire peut sembler rabacher, c'est sans compter sur le background de l'auteur qui transpire à chaque image. Des images purement cinématographiques qu' Edward R. Pressman, producteur notamment de Conan le Barbare et Streetfighter s'empresse de vouloir mettre en image.
C'est à Alex Proyas, jeune prodige du clip australien notamment pour de nombreux groupe rock qu'échoue le rôle difficile de donner vie au " The Crow " du grand écran. Contre toute attente, Proyas s'avérera LE réalisateur digne du projet, car sachant parfaitement combiné musique ( Sublime BO de Graeme Revell, Bande son Hard à souhait ) et imagerie fantastique hard boiled...
On retrouve alors Brandon Lee ( spécialiste alors des séries B d' action : Showdown In Little Tokyo, Rapid Fire ) dans le rôle d' Eric Draven. Jeune rock star androgyne et très charismatique, celui-ci doit épouser Shelley à la prochaine nuit d' Halloween. Las, le mariage n'aura pas lieu car les tourtereaux pris à parti par un groupe de malfrats commandités par Top Dollar ( l'excellent et bien trop rare Michael Wincott ( Strange Days, Alien Resurrection )), le seigneur du crime organisé de cette ville en pleine décadence.
Eris défenestré, meurt sur le coup tandis que la sublime Shelley violée puis torturée périt de ses blessures à l'hôpital laissant Sarah, une jeune fille sans véritable famille à elle même et le Sergent ALbrecht, ami du couple, dans l'expectative...
C'est par ces deux personnages, celui d'une enfant livrée à elle même et celui d'un flic honnête mais sans réel pouvoir que Proyas va conduire une partie de son récit car ils ne sont autre que notre regard à nous spectateurs sur cette ville industrielle devenue étouffante et glauque à un point même que le soleil ne semble plus s'y lever... remember Blade Runner ou Le Gotham des Batmans de Burton ou Nolan pour vous en faire une plus juste idée.
Un an a passé, un corbeau sillonne les cieux au dessus de la ville, se pose sur une tombe, celle de Draven. On passe de l'indus au gothique sur fond sonore rock... le décors est planté de nouveau et l'action de se mettre en place.
Le corbeau frappe la pierre tombale et ramène Eric d'entre les morts pour se venger lui et Shelley ( Cette légende est issue du folklore russe ). Transi de froid, déplacé dans ce corps qui ne lui appartient plus Eric fait le dur apprentissage de la résurrection, de la renaissance à l'état de vengeance car l'amour est éternel.
A Proyas de continuer à l'inscrire suite à un prologue d'une superbe violence qui imprime sur pellicule toute l'iconographie des planches d' O' Barr en misant sur des teintes presque monochromes. Le noir et le blanc côtoie alors le rouge tandis que les souvenirs heureux se teintent de couleurs chaudes et saturées. Les ombres et les contrastes emplissent l'écran. Les univers se bousculent mais font preuve d'une cohérence exceptionnelle tandis que ce joue un western moderne et fantastique respectueux des codes...
Le corbeau, comme guide spirituel et vengeur mène Eric à rechercher chacun de ses bourreaux et à leur faire payer le prix fort de leur vilenie dans des scènes d'une violence brute à l'esthétisme pourtant poussé à l'extrême pour cadrer avec les dessins d'origine. Les plans et les meurtres tous plus beau et brutaux les uns que les autres s'enchaînent, sur un fabuleux Score ( le meilleur de Graevell à ce jour )...Celui qui est mort, qui a déjà été tué poursuit sa vengeance implacable aidé par des pouvoirs incroyables...
Pourtant, cette vengeance de l’amour pur, il ne peut l’atteindre seul car hors de ce monde. C’est pourquoi l’interaction avec Albrecht et Sarah prend toute son importance. Elle replace le personnage d’Eric dans l’univers du réel, dans des souvenirs qu’il est dur de porter et amènent ainsi le public à mieux comprendre qui Eric et Shelley étaient : Le grand amour au pur sens gothique et romantique du terme ( Shelley est certainement un clin d’œil à la mère de Frankenstein Mary Shelley ). Un amour qui dans cette ville monstrueuse où se situe l’action n’a tout comme l’amour filiale ( Sarah et sa mère ) plus sa place…
Gangrené, rongé de l’intérieur par ses démons, le monde désespéré de The Crow ne peut alors que nous interpeller et nous renvoyer au cri de énorme de détresse et de frustration d’ O’Barr… amoureux maudit et aux abois lors de la création du personnage qui, allait trouver une sombre résonnance sur le plateau où, un accident allait coûter la vie à Brandon Lee à quelques semaines de la fin du tournage…
Cet incident qu’on ne peut passer sous silence allait endeuiller le film qui comme Le Jeu De La Mort ne serait fini qu’en hommage à son acteur principal, parti bien trop tôt. Proyas tourne alors, dans une atmosphère lourde, l’intégrale des dernières scènes de Brandon avec une doublure, joue des hors champs et des scènes filmées de dos pour limiter la casse en offrant malgré tout de superbe scènes dynamique ( la poursuite sur les toits ) ou mélancoliques ( le solo de guitar )…
On oublie d’autant mieux ces instants à la vision du métrage car tout le film respire une poésie noire qui happe non seulement le regard mais aussi les sens, l’âme. Proyas réussit à garder le cap et transcende un matériel pour le moins riche qu’il mène vers des sommets avec un final renvoyant directement à celui non moins gothique et flamboyant que celui du premier Batman de Burton.
Après le saccage du repère de Top Dollar dans une scène d’action monstrueuse de puissance ou Lee joue un maximum du charisme de son personnage tout comme dans la scène du mont de piété, Draven et Wincott se retrouvent sur le toit d’une église dantesque pour s’y affronter dans un dernier combat d’homme à homme ( Draven ayant perdu son invulnérabilité dans des circonstances que je n’éclaircirais pas pour ceux qui n’ont pas encore vu ce joyau ). On retrouve dans ce climax du plus bel effet ( Décors superbes, orage et Score au diapason ) ce qui reste à mes yeux l’un des plus beau duel de mémoire de cinéphile fantastique car la méthode utilisée par Draven pour venir à bout de son adversaire touche tout bonnement au sublime. On ne terrasse pas l’ennemi par balles comme dans les nombreuses scènes de fight du métrage mais avec la détresse de l’être cher.
Cette scène, ce dénouement, accentue davantage les retrouvailles des amants Eric et Shelley. Tout de blanc Vêtue, celle-ci apparaît dans une lumière aveuglante et apaisante pour venir arracher son âme soeur à cette tombe où il est retourné. Une main touche l’épaule d’ Eric dont le front repose sur le marbre froid de la tombe de Shelley, elle est là, retrouvée… L’ Amour est plus fort que la Mort.
Souvent décrié pour sa violence, The Crow est bel et bien plus que le vaisseau à baston que les critiques d’alors ont bien voulu y voir. Réalisé avec style, le métrage s’impose comme un écrin de velours noir à l’amour romantique et gothique. Un amour qui s’inscrit bien au-delà de la mort elle-même. Que ce soit celui de Lisa et Brandon, de James O’Barr et de sa compagne ou bien encore de celui que vous vivez ou avez vécu, The Crow n’est autre qu’un message d’espoir dans un monde qui tend vers le pessimiste… « L’ Eclaircie vient après la pluie… » et Sarah comme nous repart avec l’espoir au creux de la main… ...
-SYPNOS-

































